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Scrogneugneu

Publié le 22 décembre 2009 par Malesherbes

Nicolas Sarkozy a convoqué lundi 21 décembre Guillaume Pépy, Président de la SNCF, pour lui intimer l’ordre de rétablir dès le lendemain la circulation des trains Eurostar. On reconnaît bien là les exquises manières de celui que nous avons si imprudemment porté à la tête de l’Etat.

Pour regrettables qu’elles soient, les pannes subies par les motrices Eurostar sont dues à des circonstances climatiques exceptionnelles. La détermination de l’origine de ces dysfonctionnements et la remise en état des matériels ne s’obtiennent pas par des réprimandes. Notre Président s’imaginerait-il que les personnels des compagnies en cause n’ont pas assez de conscience professionnelle qu’il faille la stimuler par des algarades ? Lui est-il apparu que, si M. Pépy dirige la SNCF, il ne préside ni Eurostar, ni Eurotunnel ? On s’en prend bien volontiers aux fonctionnaires, chargés de tous les maux. Il ne faut pas oublier que notre gouvernement, ministres, directeurs et membres de cabinets, font eux aussi pour la plupart partie de cette confrérie et méritent bien davantage les anathèmes qui frappent d’ordinaire ses membres moins gradés.

Certes, le manque d’information et l’absence d’assistance (boisson, nourriture, couverture) aux naufragés des tunnels doivent entraîner la mise en place de structures permettant d’éviter le renouvellement de ces épreuves. Mais des injonctions ne sont pas l’outil le plus efficace pour améliorer un service défaillant. Il est surprenant de voir l’aisance avec laquelle notre Président se complaît à donner des ordres.

Vers qui pourrions-nous nous tourner pour le morigéner à son tour ? Lui rappeler quelques uns de ses engagements non tenus : sauvegarder les emplois de Gandrange, travailler plus pour gagner plus, ne plus avoir de sans-abris obligés de coucher dehors fin 2008, mettre au pas le capitalisme financier, réduire la dissipation de gaz carbonique, et tant d’autres.

Je ne vois qu’une solution pour notre chanoine de Latran, lui qui préfère le prêche du prêtre au cours de l’instituteur, qui met en avant la tradition chrétienne de notre vieux pays : le faire convoquer à Rome par sa Sainteté le Pape pour que celui-ci le tance d’importance et lui fixe des objectifs à ne pas manquer, sous peine d’être, et excommunié, et destitué.


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