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Extraordinary People.

Par Mélina Loupia
Insomniaque volontaire, je rends les armes autour de tout à l'heure sur Téva, la chaîne au départ pour les femmes qui prend aujourd'hui des allures d'antichambre de la trash-tv, en plus soft. L'émission diffusée, Extraordinary People, passe en revue tout ce qui se fait de pas normal dans le genre humain. En l'occurrence, il s'agissait de suivre une dizaine d'enfants qualifiés par la science de surdoués. De 3 à 11 ans, champion d'échec, virtuose du piano, écrivain en culottes courtes ou encore petit génie dépressif, chacun d'entre ses gamins, tous anglais, ouvrait les portes de sa vie et surtout de son esprit. Et je me suis demandée, la bouche pleine de figues sèches, comment serait ma vie de mère si toute ou partie de ma couvée était dotée d'un quotient intellectuel supérieur à la moyenne. Bien que controversée, cette notion de sur don est visiblement compliquée à vivre en tant que parent. Et souvent, la plupart d'entre eux avoue avoir préféré mettre au monde un enfant dit "normal" ou même cancre notoire, plutôt que d'élever un génie sans pouvoir le contrôler. Dans le reportage, les familles avaient été bien entendu choisies pour leurs différences d'appréhension. Si certains parents poussaient et stimulaient sans relâche les cerveaux de leur progéniture, persuadés de faire leur bien en les couvrant de cadeaux à chaque examen réussi sans surprise, d'autres au contraire refreinaient leur petit crack en tout, l'incitant à garder son insouciance d'enfant avec des joujoux de son âge et une tendance à l'infantilisation permanente. Les derniers, complètement dépassés, laissaient leur petit bout agir à sa guise et régner sur la famille en despote absolu, exploiter ses géniteurs en toute logique et sans affection d'aucune forme. Je me suis attardée sur les techniques visant à détecter le don génial. Un célèbre professeur soumettait des tests poussés à ses petits cobayes, selon leurs aptitudes naturelles. Un peu Question pour un champion, en légèrement plus subtil. Sur les 10 candidats, 6 ont obtenu le résultat le plus élevé mesuré jusqu'alors, les autres, quant à eux, révélaient un score remarquable, mais étaient tout de même inférieurs. Et c'est ce qui m'a frappé. Ses enfants, alors super doués dans leur contexte familial, se sont retrouvés pour la première fois face à un échec, le premier de leur vie, selon l'émission. Il se trouve que ces petits perdants étaient issus des familles qui justement, prenaient leurs enfants pour des bêtes à concours. Et tandis que les enfants pleuraient à chaudes larmes, celles que sans doute ils avaient été dressés à cacher par leurs parents, ces derniers avaient peine à cacher leur déception à l'annonce des résultats. "Il n'y aura donc pas de cadeaux en rentrant à la maison», telle a été la réponse de l'un des malheureux vaincus. Et j'ai souri. Je sais de fait que je suis ravie, finalement, qu'aucun de mes trois tiers ne soit une des futures élites de la Nation. Et c'est certainement en cela que je trouve qu'ils sont des extraordinary people.

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