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Et pendant ce temps, wikisource...

Publié le 02 janvier 2010 par Lheretique

moine_copiste-3-244d9.jpgAu Moyen-âge, alors que très peu d'individus savaient lire et écrire, a fortiori les langues grecques et latines, il existait une catégorie de religieux qui accomplissaient un nécessaire travail de fourmi, pour le plus grand bonheur de la postérité.

On ne s'improvisait pas moine-copiste : on apprenait à écrire sous la dictée, sans fautes, et à veiller à ce que titres et chapitres soient cohérents. Devenus expérimentés, les moines pouvaient se relayer pour des travaux de longue haleine.

On appelait Armarius le moine qui supervisait le travail: il répartissait les tâches, en contrôlait la réalisation, et procédait à la correction des fautes pour s'assurer de la fidélité des copies . Véritable bibliothécaire avant la lettre, il assurait la garde des livres et vérifiait leur utilisation.

J'ai eu l'occasion, à l'heure où l'on parle beaucoup de la numérisation des livres par Google, d'assister au travail interne des petites mains qui s'agitent et déploient des trésors de patience et d'inventivité derrière la plate-forme Wikisource. Le travail accompli par ces copistes électroniques est phénoménal. Il ne s'agit pas seulement de numériser, mais de saisir des textes nombreux et variés, après, parfois d'âpres débats, loin d'être inutiles : convient-il de proposer une ou plusieurs éditions ? Faut-il faire de chaque note un hyperlien ou le laisser en bas de page, sachant que l'hyperlien tend à ralentir la lecture et à la rendre décousue ? Est-ce pertinent de renvoyer les oeuvres citées explicitement dans les textes aux liens ad hoc qui existent dans wikisource (idée très intéressante qui permettrait une lecture intertextuelle à l'heure actuelle très difficile) ? voire même directement aux extraits cités quand c'est le cas ? Toute cette petite communauté de bénévoles est organisée selon un modus operandi très rigoureux dont il ne convient pas de s'écarter, mais qui donne parfois lieu à des discussions animées, afin d'en améliorer la pertinence. Ce sont des administrateurs, sortes d'Amarii électroniques, qui chapeautent les principales catégories, avec des droits d'autant plus étendus que leur travail est reconnu par leurs pairs et les autres administrateurs.

Je viens de faire ma petite donation à Wikipedia, je crois qu'ils le valent bien, avec tous leurs projets. Wikisource est l'un des plus utiles d'entre eux, et j'avoue que j'y pioche de plus en plus fréquemment.


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