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Le juste avant, le juste après, c’est idem

Publié le 05 janvier 2010 par Ruminances

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La bonne foi suffit-elle à produire des bonnes idées ? Si tel était le cas, cela ferait longtemps que nous aurions les deux feuilles dans le même oreiller. Les amis blogueurs qui se sont inspirés du No Day Berlusconi chez nos voisins pour initier le même mouvement chez nous à l'encontre de Sarkozy découvrent que la bonne foi ne se mesure pas de la même façon selon l'endroit et selon les circonstances. Être contre ne suffit pas, pas toujours.

Quand bien même la mayonnaise de ce remake aurait pris, Berlusconi est toujours là, à jouer de la mandoline ou à faire son goujat dans les grandes réunions politiques, attendant patiemment les prochaines échéances électorales, fort de données que les laboratoires de l'usine à gouverner étudient avec attention pour parer aux éventualités. Pour battre des adversaires de ce calibre la bonne foi ne suffit pas. Encore moins l'amateurisme.

Cela étant, j'ai rarement vu autant de volte-faces en si peu de temps. Aussitôt l'appel lancé, quelques-uns n'ont pas hésité une seconde et ont exprimé un non énergique auquel ils se sont tenus sans tapage. Le reste s'est montré beaucoup plus fluctuant. Du oui enthousiaste, ils sont passé à un peut-être « politique » presque aussitôt, avant d'exprimer un non tout aussi « politique » un peu plus loin et de lancer un contre-appel repris par Marianne pour réfuter une idée qui n'en n'est pas une, ou alors une très mauvaise. Oui-non-peut-être étaient dans un bateau, Sarko dans son château, pourrait-on résumer.

A propos de bateau. Prenons le cas de Roselyne Bachelot et de la grippe mexicaine dont elle entendit parler aux informations outre-Atlantique, entre un bulletin météo et un cartoon de Speedy Gonzalez. Arriba ! Voilà une idée qu'elle est bonne ! Faisant ni une ni deux, notre joufflue nationale se dépêcha de remplir les coffres-forts de la France de vaccins afin de sauver la vie à des milliers de citoyens. La Bérézina n'ayant pu être cachée plus longtemps, c'est par voie officielle que « la France a confirmé dimanche avoir commencé à vendre ses excédents de vaccins contre la grippe A. » Du moins essayer. Comme l'Allemagne et les Pays-Bas ont déjà commencé à vendre leurs excédents, nous sommes en droit de nous interroger : « Quel pays est assez gogo pour vider ses coffres-forts afin de s'offrir un cadeau qui ne sert à rien ? ». Comment va-t-elle s'y prendre la Bachelot ? Janvier étant la période des soldes, va-t-elle, un cache glaviot plaqué sur le visage, faire la tournée des pays émergents pour fourguer le rossignol en échange de la régularisation de quelques clandestins ?…

Puisque nous nageons dans l'ineptie, pourquoi ne pas accorder droit d'asile dans ces lignes à monsieur Laurent Joffrin, l'éditorialiste en chef de Libé. Çuilà joue les prolongues. Je n'avais pas eu le temps de voter pour sa pomme chez Dagrouik, j'étais à Paname en train de parcourir l'incipit de « Après l'histoire » de Philippe Muray en me tapant la queue quai Branly. Laurent Joffrin est quitte pour ôter ses quelques poils de barbe qui lui parsèment la bobine pour laisser apparaître au grand jour son fuyant menton. Dans l'édito du jour, intitulé « Absurde », le voici qui s'ébroue sur la vieille machine Ben Laden. Pourquoi ?… Comment ?… A quel propos ?… Sortant sans doute d'un repas bien arrosé (qu'avait-il besoin de charger la mule, il est si bien au naturel !) le voilà qu'il s'en prend à Oussama (petit lion) pour nous convaincre qu'en « dix ans d’activité sanglante (Ben Laden) n’a atteint aucun de ses déments objectifs. Le scoop ! La marche vers un «nouveau califat» conforme à sa conception moyenâgeuse de l’islam n’a pas progressé d’un pas. » Après un passage lyrico-pathétique, Laurent le dit sans ambages : « sa morbide organisation a subi les coups très durs d’une «guerre contre le terrorisme» plus efficace qu’on ne croit. »

Laurent sait des choses, c'est évident. La façon brutale dont il finit son édito le prouve : « Ainsi Ben Laden, qui ne sait rien faire d’autre, continuera à tuer, tel un volatile barbare qui continue de courir même quand il n’a plus de tête. »

Quel style ! Et barbare avec ça !


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