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Le Brésil prend volontairement des engagements ambitieux de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre

Publié le 05 janvier 2010 par Sequovia

lula

Aller au-delà de l’échec du sommet de Copenhague, c’est ce que désire le Brésil, poussé par son président Lula. Alors que son pays émet de plus en plus de gaz à effet de serre (à cause principalement de la déforestation), Lula s’engage légalement à inverser fortement cette tendance, tout en soutenant la croissance de son pays.

Le Brésil, un des principaux responsables du changement climatique actuel

D’après le ministère des Sciences et Technologies, les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté de 62% de 1990 à 2005 au Brésil, principalement en raison de changements dans les conditions d’utilisation de la terre comme la déforestation. Et c’est cette incroyable déforestation, couplée à une industrialisation croissante, qui a fait du Brésil le quatrième pays émetteur de gaz à effet de serre du monde. Une responsabilité importante, qui imposait des mesures radicales, ce que semble avoir pris le gouvernement brésilien.

« Peu importe si la conférence de Copenhague n’a pas eu le résultat que nous voulions. Nous, nous allons respecter nos objectifs »

C’est sur cette sentence que Carlos Minc, ministre de l’environnement brésilien, a annoncé le 29 décembre que le Brésil allait réduire de 36,1% à 38,9% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020.
En janvier, Lula consultera des spécialistes, des scientifiques et des industriels ainsi que des ONG afin de promulguer avant la fin du mois des décrets qui détermineront les responsabilités et les actions prévues pour chaque secteur de l’économie: agriculture, industrie, énergie et environnement. Ce sont ces décrets surtout qui conditionneront la possibilité d’arriver à ces objectifs optimistes.

L’avis Sequovia : une décision pour montrer la voie aux plus grands

Le défi que s’est donné ce pays en développement est quand même immense : le Brésil vise à diminuer les émissions de gaz à effet de serre tout en soutenant une augmentation de 45% de la population et de près de 450% du PIB d’ici 2020 ! Aucun pays en développement n’a jamais pris de tels engagements, et le Brésil veut ainsi montrer la voie d’un développement soutenable. Il veut ainsi montrer la voie à l’Inde et de la Chine dans la lutte contre le changement climatique, mais aussi influer sur la décision des États-Unis et de l’Europe pour s’engager légalement sur des chiffres concrets et ambitieux de réduction de leurs émissions.

Il faut cependant être prudent, car comme le rappelle Greenpeace, « le Brésil adopte habituellement un bon discours sur la scène internationale, comme il l’a fait à Copenhague, mais malheureusement, la pratique ne correspond pas au discours ». Il faudra attendre de voir les nouveaux décrets pour savoir si la politique brésilienne prend réellement un tournant ambitieux, notamment pour donner des contreparties équitables et justes pour éviter la déforestation, ce qui n’est pas une mince affaire…


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