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Ségolène Royal et la seconde campagne volée ?

Publié le 05 janvier 2010 par Exprimeo
Le PS se préparerait à modifier le calendrier et les modalités d'organisation des primaires dans des conditions qui affecteraient significativement la loyauté de cette procédure. Une nouvelle étape dans une logique du "tout sauf Ségolène Royal" qui risque de discréditer une fois de plus ce parti ? Le processus de la primaire introduit une nouvelle contrainte dans le calendrier de campagne d'un candidat. Le candidat doit désormais affronter deux étapes successives avec des logiques distinctes voire opposées. Dans un 1er temps, pour faire la différence au sein de son parti, il doit pratiquer un discours assez " intégriste " pour séduire les militants. Dans un second temps, il doit chercher à rassembler le plus largement possible. Ces deux étapes vont de plus en plus produire des contradictions redoutables à gérer. Les " effets de campagne " à usage interne au parti risquent d'être des boulets pour le passage devant le suffrage universel. Il y là un problème neuf et majeur de communication. Le candidat qui participe dans l'objectif de gagner l'élection ultime doit donc résoudre l'équation suivante : que les conditions de victoire de la primaire dans son camp politique ne soient pas de nature à marquer son profil au point de l'handicaper pour la victoire finale. Pour que l'étape de désignation interne permette ensuite un nouveau positionnement, il faut un temps de respiration qui est le temps de cicatrisation interne et le changement de dimension du candidat qui "échappe" pour partie à ses électeurs de base pour aller à la rencontre de la majorité. Si cette étape de "respiration" n'existe pas, la "conversion partielle" du candidat est impossible. Si le parti "scotche" le candidat, il rend également cette conversion impossible préférant la victoire d'un concurrent entièrement opposé à la victoire d'un proche partiellement acquis. En 2007, le PS a rendu impossible la victoire de Ségolène Royal à compter de janvier 2007 en multipliant des obstacles inconcevables. Un candidat ne peut pas gagner une course de cette difficulté contre un rival et contre ... son propre parti. Pour 2012, changer le calendrier des primaires pour le rapprocher de 2012 consiste à introduire une contrainte calendaire particulièrement restrictive. L'idée de mettre un Congrès exceptionnel avant les primaires reviendrait à diviser là où il faudrait unir. Elle reviendrait aussi à installer une désignation sur la seule assiette des adhérents en ouvrant une présidentialisation que la primaire reviendrait ensuite à désavouer quelques mois plus tard ? Bref, derrière ces enjeux, chacun perçoit bien qu'il s'agit de faire obstacle au déroulement apaisé de primaires ouvertes sur la base d'un calendrier respectant le rythme des primaires par rapport à au rythme de l'échéance présidentielle. La démocratie interne apaisée et naturelle des partis politiques est encore loin d'avoir tracé sa route dans les formations politiques Françaises qui s'éloignent beaucoup des données techniques par exemple de celles figurant dans la "pétition citoyenne" de Terra Nova au sujet des primaires.

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