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Berlin-Warszawa, train express

Publié le 09 janvier 2010 par Magda

Berlin-Warszawa, train express

Voiture-bar des trains polonais. Photo volée ici.

Me revoilà, amis lecteurs! et pour la nouvelle année, je vous propose une série… polonaise. Le carnet de bord de mon voyage, rien que ça.

Lundi 4 janvier 2010. Train express Berlin-Varsovie.

16H : J’ai attendu le train sur le quai de la gare centrale de Berlin pendant plus de 35 minutes, neige oblige. Mais mon excitation d’aller en Pologne ne faiblit pas. Par la fenêtre du train, tout est blanc et brun, neige et bois nu des arbres sans feuilles. Dans la voiture-bar, en face de moi, une Polonaise d’environ cinquante ans boit une bière, seule. Blonde et vêtue d’une éclatante veste fuschia, elle est une héroïne Technicolor dans ce monde en noir et blanc.

Je partage mon compartiment avec un Allemand très “comme-il-faut” qui me fait penser à un prof de fac et deux petites vieilles. L’homme parle aussi le polonais et, prévenant, aide les vieilles dames à mettre leurs bagages sur l’étagère. Les deux grand-mères me font rire. Elles portent des manteaux en vison, couleur caramel-clair et caramel-brun. Elles ont les cheveux gris et coupés courts, des yeux clairs et malicieux, les ongles peints en rose nacré, et des pulls en mohair que l’on a envie de caresser. Pour moi, ce sont les sœurs imaginaires de la vieille tante de Weronika, dans La double vie de Véronique de Kieslowski. Celle qui aime écouter les histoires de fesses de sa nièce, et rédige son testament. Leur présence dans mon wagon est bon signe. N’oublions pas que je pars pour la Pologne dans l’espoir de retrouver un peu du parfum des histoires de mon cinéaste préféré.

5h35 séparent Berlin de Varsovie en train express. Pour l’instant, sur ma route, il n’y a rien à voir, à part la neige… et soudain, féérique, un troupeau de biches paisiblement installé dans un champ immaculé.

Ce voyage en train à travers la Pologne enneigée me paraît bien moderne et européen, avec sa voiture-bar style Ikea et ses clients allemands qui parlent trop fort. J’entends qu’ils sont en route pour Moscou. Ils doivent donc prendre un autre train à Varsovie. Je me demande s’ils vont s’époumoner comme ça jusqu’à la Place Rouge… Mais, tout moderne qu’il soit, ce voyage évoque aussi vivement un autre train, un autre temps. Si je fais abstraction du bruit, comment pourrais-je ne pas penser aux convois de la mort qui emportaient leurs victimes sur ces routes plates et blanches, de l’Allemagne à la Pologne? Ce paysage que je contemple de mon agréable train-express, Juifs, résistants et autres cibles de l’horreur nazi, devaient le regarder défiler depuis les wagons à bétail où on les tenait enfermés. Y penser aujourd’hui est cauchemardesque. Le père de mon oncle Jacques, juif Polonais, partit ainsi malgré lui pour Riga…

Je ferme les yeux. Je suis résolue à ne pas visiter Auschwitz, qui se trouve tout près de Cracovie. Sans doute les lieux de mémoire sont-ils extrêmement importants. Mais combien de touristes voyeurs entrent dans ces sanctuaires, comme on monte dans un train-fantôme de fête foraine?

En première classe, la jeunesse dorée s’amuse en chapka de vison, en cheveux décolorés et en appareil photo digital dernier cri. Nous arrivons à Poznan. Il n’est que seize heures, la nuit va tomber, les petites lumières s’allument aux fenêtres des maisons de la ville…

17H28 : De retour dans mon compartiment, je me retrouve avec une famille d’origine turque qui gave leur petite fille de Kentucky Fried Chicken, de pop-corn et de snickers. Le père est obèse, son polo orange souligne sa graisse qui tressaute à chaque vibration du train… comme je plains la petite, encore mignonne et délicate, d’être vouée à arborer bientôt les formes pleines de son papa qui arrose son repas d’Ice Tea bien sucré…

19H50 : Varsovie! Je me suis fait arnaquer par un chauffeur de taxi qui m’a soutiré 40 zlotys (10 euros) pour me conduire dans la vieille ville, alors que c’est le prix depuis l’aéroport Frédéric Chopin, en dehors de la ville. Je peste en mangeant des pierogis à la choucroute et aux champignons, comme recommandé par Szymon, mon ami polonais de Berlin. Sur ses conseils, je suis chez “U Pana Michala”*, un adorable petit resto-bar que je vous recommande fermement dans la vieille ville. Ambiance bougies et prix imbattables : 20 zlotys (5 euros) pour un borsch (soupe claire de betterave) et des pierogis!

Lundi, je vous raconterai la suite de mes aventures polonaises… et où les pierogis ont fini dans cette belle histoire.

Berlin-Warszawa, train express

Les pierogis, spécialité polonaise. Photo volée à cette jeune fille qui ne blogue plus mais a de bonnes recettes…


*”U Pana Michała”
ul.Freta 4/6
00-227 Warszawa


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