Magazine Europe

Du château Ricazzoli à Sienne

Publié le 07 novembre 2007 par Argoul

Les grands pins frissonnent au matin, secoués par le vent qui fait s’envoler le linge mis à sécher sur les fils. Le vent a chassé les nuages, mais apporté le froid vif des montagnes du nord. Les Toscans l’appellent il Dardanello. Le dardo c’est le « dard », le « piquant ». Brrr ! Y a-t-il quelque chose à voir avec le détroit des Dardanelles ?

Au petit-déjeuner, c’est une mamma presque échevelée qui accourt, une feuille de papier d’écolier à la main. Vite, il faut remplir la « liste des hôtes » car les carabinieri en patrouille veulent vérifier les registres. L’argent de cette nuit ne sera pas au noir, sport national en Italie.

Nous partons dans le froid et le short, même en jean, n’est pas l’idéal ce matin. Nous longeons un long moment la route qui serpente dans la forêt. Sur une cabane de cantonnier on peut lire ce graffiti : « Roby, ti amo da morire » - Roby, je t’aime à mourir. Quel lyrisme si peu macho ! Entre l’apparence et la réalité, n’est-ce pas, nous avons appris à relativiser.

Le Castello di Brolio, château du « baron de fer » Ricazzoli se dresse un peu plus bas, tout crénelé de briques roses. Denis nous conte l’histoire. Durant les vendanges, la femme du baron avait aperçu du haut des remparts un Sicilien au travail, dont le torse nu vigoureux l’avait séduite. Œillades, rencontres furtives. Le baron a fini par surprendre son épouse pâmée entre les muscles. Il a abattu le rustre trop séduisant et a enfermé vivante son épouse dans la tour centrale du château, jusqu’à ce que mort s’ensuive. On dit que, les nuits de pleine lune, son fantôme revient hanter les lieux et que ses gémissements s’entendent. A moins que ce ne soit le vent… Malgré cette réputation de macho, le baron Ricazzoli fut l’un des pères de l’unité italienne, selon Denis, tout comme le promoteur du vin de Chianti.

Nous redescendons des hauteurs châtelaines vers le village de Brolio, tout petit, où l’épicerie-bar sert le café. Elle vend accessoirement chianti, peccorino, fruits et légumes, tout comme pâtes et biscuits. Nous y buvons – évidemment ! - un café allongé sur la terrasse venteuse. Les filles, à l’aise d’être abreuvées et émoustillées par la légende du matin, admirent un jeune ouvrier blond qui a un vague air « di Caprio ». Cela les reprend. Je ne sais pas ce qu’elles trouvent à ce blond pâle plutôt rachitique, sinon le fantasme romantique du grrrand amourrr joué dans Titanic.

Denis nous fait passer parmi les vignes, jusque dans la propriété de la Reine des Belges Fabiola, d’origine italienne – et justement de cette région. La propriété a été vendue il y a des années, mais le mythe de Fabiola demeure.

Le pique-nique se situe en plein bois, à quelques centaines de mètres de là. Les pâtes froides au pesto ne sont pas une réussite. Si le pesto est délicieux, le pâteux n’est pas de rigueur alors que nous avons somme toute peu marché aujourd’hui. Il en reste, qui feront le bonheur des renards. En revanche, la pancetta cuite à la sauge et à l’ail est un délice et je finis les tranches.

Nous reprenons le chemin vers la route où nous attraperons le bus pour Sienne. Nous passons devant Torricelli, propriété où Galilée a été assigné un temps à résidence pour avoir affirmé, contre l’ecclésiastiquement correct de l’époque, que la terre était ronde. Nous longeons le village fortifié de Lucignano, puis descendons vers Pianela où nous prenons – évidemment ! - un café au bar-tabac-épicerie-bazar. Avec comme prétexte l’attente du bus bleu. Deux ragazzi du cru attendent aussi. L’un d’eux a le crâne rasé et des boucles dans les oreilles, à la mode punk. Claire se moque, ce n’est vraiment pas son style.

Quarante cinq minutes plus tard, nous sommes à Sienne. L’alberga Bernini nous accueille, pas chère et familiale, mais à l’odeur de toilettes dans les rares salles de bain de fond de couloir. Deux chambres ont vue directe sur le Duomo, ce qui est original.

Pine trees are quivering in the cold morning. The wind from the north of Italy is called in Toscana ‘il Dardanello’ – the sting. We pass the Ricazzoli castle and Denis tells us a legend on it. Once, the Lord Baron found his wife folding a young robust man in her arms. He killed the man and locked his wife in a tower of the castle until dead. We walk on to the village of Broglio, then Pianela, before to catch a bus to Sienna.


Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Argoul 1120 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte