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L’émergence libérale au sein de la droite française par Philippe Benassaya, jusqu’à la pente néolibérale

Publié le 12 janvier 2010 par Soseki

J’avais connu pendant quelques temps l’auteur, Philippe Benassaya. Un gars d’envergure, plein de qualités, et parfois les gâchant. Il est des promesses qui ont du mal à éclore.

En tout cas, son livre (1) est un véritable outil pour comprendre l’émergence de l’idéal libéral au sein de l’UDF. Philippe a croisé, rencontré les acteurs de l’époque. Il en a conçu, dans une écriture vive, un livre exprimant les réalités, forcément subjectives, des acteurs de cette période : de la création de l’UDF à sa fin, et de ses fins. Surtout la « secousse » d’une nouvelle génération : François Léotard, Alain Madelin, Gérard Longuet, mais aussi Claude Malhuret. Sans compter les parallèles François Bayrou, Bernard Lehideux, notoirement VGE et autres.

Tous ces acteurs ont produit une nouvelle phase de l’UDF, une dynamique souvent séduisante.

Originellement historien de formation, Philippe sait reconstituer les enjeux de l’époque et inscrire son enquête, sur cette nouvelle génération et son identité libérale. On y voit clairement les dynamiques structurelles et individuelles. On lit en filigranes les différences entre futurs démocrates et libéraux, et surtout « néolibéraux », ce qui différenciera MoDem et UMP.

L’auteur sait aussi rappeler l’identité libérale européenne (2) par rapport à l’américaine (chapitre « la folie libérale » avec les mots notamment de Raymond Aron).

Si parfois il tend à montrer les travers aussi de cette génération, ses échecs (notamment dans leurs ambitions), il aurait été particulièrement intéressant de souligner certaines déviances de ce courant, ou de certains de ses acteurs.

Si l’UDF avait donné, ou plutôt redonné, sens à l’idéal libéral, dans sa tradition européenne, elle a aussi introduit le courant « néolibéral ». Cette nouvelle génération n’a pas vu, ou voulu voir, les ravages économiques, sociaux et écologiques (3) des néolibéraux aux Etats-Unis à partir de l’ère Reagan : défiscalisation, dérégulation, affaiblissement des capacités de l’Etat, destruction des classes moyennes et son endettement, surconsommation, ravages des ressources.

On est passé d’un capitalisme industriel à un « capitalisme actionnarial », avec la volonté fondamental d’externaliser jusqu’aux délocalisations, désindustrialisant Etats-Unis et Europe, transférant savoirs et capitaux.

 Livre utile donc, et qui suscite des attentes et interrogations.

(1)   Philippe Benassaya, « Les hussards perdus de la République, l’échec de la droite libérale », Bourin éditeur

(2)   Alain Madelin (sous la direction), « Aux sources du modèle libéral français », Perrin

(3)   Daniel Cohen, « La prospérité du vice », Albin Michel


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