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Sarkozy parti, Guéant en profite

Publié le 18 janvier 2010 par Juan

Nicolas Sarkozy s'est envolé pour Mayotte, où il passera deux jours de visite officielle lundi et mardi, pour ses "voeux à l'Outre-Mer". Claude Guéant, son secrétaire général, a rapidement occupé le terrain.

Guéant, maître à bord
La semaine dernière, le fidèle second de Nicolas Sarkozy publiait une tribune de soutien à ... son mentor. Dans les colonnes du Monde, il expliquait que le chef de l'Etat restait "fidèle à ses valeurs, à son mandat et à son devoir." Pourquoi un tel effort ? Nicolas Sarkozy a bien du mal à convaincre. Ses voeux ont été inaudibles, avares de propositions et de perspectives d'action. Dimanche, Claude Guéant est revenu sur différentes polémiques : l'entrevue avec le patron de Renault samedi aurait été salutaire. la politique industrielle de la France passe donc par des entrevues en tête à tête. En Haïti, les Etats Unis ont bien fait de coordonner la gestion de l'aide internationale au pays sinistré. Et la candidature d'Emmanuelle Mignon, l'ancienne idéologue du camp sarkozyen pendant la campagne présidentielle de 2007, a été définitivement enterrée. Pour les retraites, Guéant confirme que le gouvernement privilégie l'allongement de la durée de cotisations (et non un élargissement de leur assiette de calcul). Claude Guéant a un avis sur tout, et il le fait savoir. Qui lui précisera que les Français ne l'ont pas choisi ?
Guéant a aussi prévenu qu'il n'y aurait pas de remaniement gouvernemental majeur à l'issue des régionales: "le grand renouvellement sera le changement d'un Premier ministre. Je crois que le président a clairement indiqué la confiance qu'il lui accordait et, à cet égard, je crois que le paysage ne changera guère". Pouvait il dire autre chose, et signifier à François Fillon que son bail venait à expiration ? Evidemment non. Sa réponse a frôlé le lapsus: "La question c'est de savoir si l'équipe gouvernementale traite bien les problèmes de la France aujourd'hui, ma réponse c'est que oui, le président estime que oui donc on ne voit pas pourquoi il y aurait de grand changement". Il se met au même niveau que son patron. Guéant est bel et bien le second dirigeant du pays.
L'UMP a du mal à convaincre
Il est difficile d'être le parti présidentiel. On est étouffé par le pouvoir, et on doit assumer un bilan de gestion, fusse-t-il calamiteux. Aux commandes - sous tutelle - depuis un an exactement, Xavier Bertrand tente de défendre son action. Avec difficulté.
Certes, l'UMP est toujours annoncé en tête aux prochaines élections régionales. Mais le score, s'il se confirme, est mince pour une coalition censée regrouper l'ensemble de la droite (hors FN): un tiers des votes, sur fonds d'abstention prévue supérieure à 50%, se porterait sur les listes UMP-Nouveau Centre-MPF. Le lancement, discret, du fameux réseau social 2.0 de l'UMP, "Les Créateurs de Possible", a fait flop. le nombre d'inscrits reste ridiculement bas. Moins de 2000 le premier week-end. Le Parti présidentiel a rapidement cessé de communiquer, et a modifié les paramètres de son site pour que d'autres puissent compter les membres à sa place.
Récemment, une autre polémique a surgi sur les effectifs réels de l'UMP. Xavier Bertrand a promis une transparence totale. L'exercice fut raté. A peine annoncés, ces chiffres furent contestés. Quelques 63000 adhérents, sur les 254 000 recensés, n'ont toujours pas réglé leur cotisation. Cette semaine, Frédéric Lefebvre, porte-parole du parti, a commis une belle gaffe. Sans rire, il a expliqué la baisse du nombre d'adhérents au parti présidentiel (22 000) par le nombre de décès dans ses rangs. Les militants de l'UMP sont ils si vieux que cela ?


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