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St. Thomas d'Aquin, Les noces de Cana 2

Publié le 18 janvier 2010 par Walterman

Au sens mystique, les noces signifient l’union du Christ et de l’Eglise — C’est là un grand mystère, je l’entends du Christ et de l’Eglise 3.A la vérité, ces épousailles eurent leur commencement dans le sein de la Vierge 4, lorsque Dieu le Père unit la nature humaine à son Fils dans l’unité de la personne, en sorte que le lit nuptial de cette union — Dans le soleil, il dressa sa tente 5 — fut ce sein virginal. De ces noces il est dit: Le Royaume des cieux ressemble à un roi qui fit les noces de son fils 6, ce qui se réalisa à l’heure où Dieu le Père a uni à son Verbe la nature humaine dans le sein virginal. Ce mariage fut rendu public lorsque l’Eglise s’est unie au Verbe par la foi — Je t’épouserai dans la foi [dit le Seigneur] 7.

De ces noces, l’Ecriture dit: Elles sont venues les noces de l’Agneau, et son épouse s’y est préparée 8. Et ces épousailles seront consommées lorsque l’épouse, c’est-à-dire l’Eglise, sera introduite dans le lit nuptial de l’Epoux, dans la gloire céleste: Heureux ceux qui ont été appelés au repas des noces de l’Agneau 9.

Le fait que ces noces eurent lieu le troisième jour n’est pas sans signification. Le premier jour est en effet le temps de la loi naturelle, le second celui de la Loi écrite; quant au troisième, c’est le temps de la grâce où le Seigneur né dans la chair célébra ses noces — Après deux jours, Il nous rendra la vie; le troisième jour Il nous relèvera et nous vivrons en sa présence 10.

3. Eph 5, 32.

4. Cf. SAINT AUGUSTIN, Tract. in Jo., 8, 4, BA 71, pp. 475-477.

5. Ps 18, 5.

6. Mt 22, 2.

7. Os 2, 22.

8. Ap 19, 7.

9. Ap 19, 9.

A CANA DE GALILEE

Le lieu convient au mystère de ces noces: en effet Cana a [en hébreu] le sens de "ferveur, zèle" 11 et Galilée le sens de" passage" 12. Ces noces se célèbrent donc dans la ferveur d’un passage; c’est pour nous avertir que les plus dignes de l’union au Christ sont ceux qui, brûlant du zèle d’une appartenance filiale et sans réserve, passent de l’état de péché à la grâce — Venez à moi, vous tous qui me désirez, et de mes fruits rassasiez-vous 13 — et de la mort à la vie, c’est-à-dire de l’état de mortalité et de misère à celui d’immortalité et de gloire — Voici que je fais toutes choses nouvelles 14.

II. ET LA MERE DE JESUS Y ETAIT. JESUS AUSSI FUT INVITE A CES NOCES, AINSI QUE SES DISCIPLES.

L’Evangéliste décrit ensuite les personnes invitées à ces noces, c’est-à-dire la Mère de Jésus, Jésus Lui-même et ses disciples.

10. Os 6, 2.

11. En latin zelus. On sait en effet que qannâ signifie en hébreu" zélé". Cf. Ex 20, 5; JOSÈPHE, Bell. jud. IV, 3, 9; Ga 1, 14. Voir F. VIGounoux, Dict. de la Bible, Paris 1899.

12. En latin transmigratio. La racine hébraïque gâlil, qui signifie" ce qui est rond, ce qui tourne" et, par extension, "circonscription, région", provient elle-même d’une racine plus primitive, gâlâh, qui signifie" émigrer, être emmene en captivité, être exilé" (cf. Isaïe 8, 23; Jos 20,7 Jos 1 Rs Jos 9,11). D’où l’interprétation de transmigratio que donne ici saint Thomas.

13. Sir 24, 26 (LXX 24, 19).

14. Ap 21, 5.


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