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Les tactiques de Sarkozy et Mini-Lui

Publié le 20 janvier 2010 par H16

Dans la Famille Sarkozy, je voudrais le fils caché, inavoué. Personne ne l’a ? Non ? Alors je pioche et … mmh voilà ah tiens oui, je tombe sur Jean-François Copé. Bonne pioche.

Cela fait un moment que ce petit article me travaille, et c’est la récente aventure de la loi contre la burqua qui m’a décidé à le finaliser.

En effet, voilà que le député UMP Vanneste ( »le courage du bon sens« , d’après son blog), déjà connu pour ne pas avoir sa langue dans sa poche, reproche à Jean-François Copé, le frétillant président de l’UMP à l’Assemblée, avocat, maire, président de groupement d’agglomération, député, d’avoir repris son idée de loi anti-burqua sans lui en avoir parlé.

Cette accusation de plagiat lui permet ainsi de tailler un étroit costume à ma bonne pioche dont on peut dire qu’on a beaucoup entendu parler récemment, costume dans lequel on retrouve une coupe fort sarkozienne qui consiste à se mettre beaucoup en avant, se faire « mousser » comme dit Vanneste, au détriment de l’intérêt du groupe politique qu’on est sensé représenter.

Or, il y a bien eu plusieurs précédents de cette méthode qui consiste à faire du parti une machine aiguisée et efficace pour les ambitions d’un seul homme. On se souvient, en 2002, de la façon dont avait procédé Chirac en se propulsant comme président grâce aux petits pédalages frénétiques des militants du RPR devenu UMP pour l’occasion. On pourra aussi se rappeler de la façon dont, cinq ans plus tard, Sarkozy aura tenté avec succès la même manoeuvre.

Et c’est pourquoi j’ai, avec Jean-François, une bonne pioche : on sent, ici, qu’on est en terrain connu et que la stratégie d’ensemble du personnage passera par les mêmes petites tactiques que son papa spirituel. Déjà, l’animal politique est tapi dans l’ombre du grand petit fauve qui, pour le moment, règne sur la savane par son rugissement rauque… qui fait un peu rire de loin.

Par exemple, et pour ne prendre qu’un cas récent illustrant la technique sarkozy, si on s’attarde sur la consternante « Taxe Google », on se rend compte, avec un peu de recul, que le rapport Zelnik, aussi stupide fut-il, camoufle fort bien – avec ses propositions discutables ou carrément impossible à mettre en oeuvre sur le plan technique – une véritable mise en place d’un filtrage complet et méthodique du net.

Et cette technique sarkozy du petit coup en douce, on la retrouve, comme par hasard, assez vite mise en application par notre copy-cat politique, sur un autre registre : la burqua. En gros, Copé va s’occuper de règlementer le port ostensible de vêtements contondants dissimulateurs pendant que Sarkozy va empêcher les Français de décharger du prOn sur l’interweb et de devenir de dangereux pédophiles sur Facebook.

Ah tiens, au fait, Nicolas, concernant Facebook et la pédophilie, c’est raté : même lorsqu’on se la joue franc-jeu (ou humour débile), l’État semble bien en peine de faire arrêter les agissements des zozos. On frémit à l’idée que c’est ce même état, incarné par la baudruche sarkozienne, qui entend faire le ménage sur internet.

Bref : alors que, donc, ça merdouille sec côté filtrage du Net bien qu’on ait eu droit à des déclarations fracassantes de Nicolas, Jean-François Copie le même procédé avec la burqua et nous fournit, là aussi, des déclarations fracassantes, quitte à s’étriper avec Roland « Berluti » Dumas sur un vague plateau télé.

Et évidemment, c’est suivi des mêmes effets, basés entièrement sur l’esbroufe : dissension, couinements, grincements de dents dans les rangs de la majorité et, surtout, un grand néant législatif fort bien dénoncé par Authueil.

Ce qui est intéressant, dans tout ça, est qu’il existe donc en France une certaine frange d’individus qui considèrent parfaitement valide cette méthode basée sur une médiatisation calculée de leur personne tant au travers de prises de positions fanfaronnes que d’une instrumentalisation poussée de leur parti à des fins personnelles.

Et ce qui est intéressant est que, finalement, ces individus ont eu raison … jusqu’à présent.

Jusqu’à présent, en effet, les moutontribuables français ont pu se faire gentiment manipuler par les médias. Les citoyens ont dû, jusqu’à présent, se contenter des choix minables qui leur étaient offerts (vous savez, la poire à lavement ou le sandwich au caca).

Cependant, les lignes changent, les choses ne sont pas figées. Sur le plan de l’information, internet joue par exemple un rôle de plus en plus important. Mais surtout, pour pouvoir gagner un nouveau tour de manège, les petits drôles qui nous font le coup de la méthode décrite précédemment doivent pouvoir compter sur une économie en pas trop mauvais état.

Enfin, le parti doit conserver sa solidité, son unité, pour arriver à focaliser les votes sur, justement, celui qui applique la méthode avec le plus de finesse. Pour le PS, je crois qu’on peut dire que c’est plié. Et pour l’UMP, combien de temps les dissensions internes pourront être tues ?

Je ne sais pas ce que nous réserve l’avenir. Mais tout comme je n’aimerai pas du tout un nouveau quinquennat sarkozien (qui a de moins en moins de chance de se produire, soit dit en passant), je pense que Mini-Lui ne me plairait pas plus.

Et comme à gauche, rien de nouveau … ce pays est foutu.


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