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L'Afrique du Sud, accueillir la coupe du monde ?

Publié le 21 janvier 2010 par Lheretique

On le sait, l'Afrique du Sud est le pays organisateur de la Coupe du Monde de football en juin prochain. Je ne saurai déconseiller cette destination aux touristes à l'avenir. Je savais déjà que ce pays était le plus criminogène du monde : on y est presqu'autant en insécurité qu'en territoire contrôlé par des Talibans en Afghanistan. Mais, jusqu'ici, on pouvait penser que la criminalité était le fait des délinquants.

En réalité, il semble bien que la police de Johanesburg soit aussi dans le coup. Le témoignage d'une journaliste de Libération est édifiant. En Afrique du Sud, parce que votre compagnon conteste une amende, vous pouvez avoir le visage aspergé de spray au poivre à plusieurs reprises, demeurer avec les yeux brûlants, sans eau, pendant 48 heures, et voir votre compagnon tabassé au sang, les yeux enflammés par les aspersions de lacrymogène. Pas de droit, pas de justice, pas de possibilité de contestation, pas d'avocat. L'Afrique du Sud va de plus en plus mal. On a longtemps glosé sur le racisme des Boers et de l'Apartheid. La situation ne me paraît pas meilleure aujourd'hui. J'ajoute qu'il y a tout de même quelque chose qui m'a dérangé, dans cet article : on y trouve l'idée clairement suggérée que le policier commet ces brutalités parce que c'est un blanc qui a l'habitude d'avoir eu le pouvoir. Et l'idée que les mentalités n'ont pas bougé depuis le temps de l'apartheid. Je ne puis m'empêcher de penser, qu'un journaliste de gauche, pourtant brutalisé, ne peut pas s'empêcher d'instrumentaliser son propre calvaire au service d'une idéologie. Parce qu'en substance, que veut dire la journaliste ? eh bien en Afrique du Sud, les Blancs sont toujours les méchants, et les Noirs toujours les victimes puisqu'ils demeurent soumis.

Cette manière de faire du journalisme m'agace. On a compris que les prisonnières ne sont pas des blanches non plus, mais qu'elles sont très humaines. Les gentils officiers noirs sont très gentils aussi, ils aimeraient bien témoigner de la compassion, mais ils ne le peuvent pas.

Le texte laisse apparaître une telle orientation que cela finit par jeter le discrédit sur ce qu'il relate. Je crois pourtant à la véracité de ce témoignage : était-ce nécessaire d'entonner l'éternel coupler anti-apartheid sur l'Afrique du Sud ? Point trop n'en faut, comme disait l'autre...


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