Magazine Asie

Jodhpur en Rajasthan

Publié le 29 janvier 2010 par Olivia1972

Nous sommes Jodhpur, dans le Rajasthan.

Il y a vraiment beaucoup de choses à dire sur ce lieu…

Jodhpur est l’ancienne capitale, fondée en 1459, de l’état princier du Marvar. Cette ville est aussi surnommée la ville bleue car beaucoup de maisons sont peintes en couleur bleue. Ces maisons bleues étaient les maisons des brahmanes et le bleu avait aussi l’avantage d’éloigner les moustiques.

Le fort de Mehrangarth

 

039


Le fort de Mehrangarh est l'un des plus imposants forts que compte l'Inde, et ce n’est pas surprenant qu’il soit surnommé le fort magnifique. Au milieu des dunes de sable et de la végétation épineuse du désert du Thar, juchée sur une crête rocheuse, se trouve l'importante forteresse nommée Meherangarh. Cette forteresse de 120 mètres au-dessus la plaine, domine la cite bleue, et son fabuleux palais surgit au dessus de ses épais remparts. La ville impériale de Jodhpur fait partie du triangle d'or. Le bleu prédomine dans la vieille ville de Jodhpur, entourée d'un mur mesurant 10 Km de long et possédant huit entrées datant du XVIe siècle. La nouvelle ville se situe autour de cette région fortifie. Jodhpur fut fondée en 1459 par Rao Jodha, chef du clan rajput des Rathor. Située sur une route marchande vitale (la route la soie au 16e siècle, elle prospéra grâce au commerce de l'opium, du santal, des dattes et du cuivre). Le royaume des Rathors portait autrefois le nom de Marwar, « pays de la mort ».

Umaid Bhawan Palace

umaid.jpg

Ce palais est le plus grand palais privé habité au monde après Buckingham Palace. Le palais construit de 1928 à 1943 mélange avec brio Art déco et style indiens.


Ce palais rose et blanc a été construit en grés de Chittar, c'est pourquoi certain le surnomme le « Chittar Palace ». Conçu pour le Maharajah Umaid Singh, sa construction dura 15 ans. A l'intérieur du palais, vous pourrez admirer la collection d'antiques pendules ouvragées et des photos de l'étranger décoration hybride art-déco des années 70.


Maharaja Umaid Singh, un admirateur du mode de vie occidental avait engagé un célèbre architecte anglais pour construire ce palais. Le palais se compose de 347 chambres. Jodhpur Umaid Bhawan Palace est l'un des derniers palais construit à l'Inde.

jodhpur_1527117a.jpg
Gaj Singh II

Nous sommes au pays des Maharadjas et les dynasties n’ont pas disparu. L’actuel héritier de la dynastie des Maharadja de Jodhpur s’appelle Gaj Singh II. Il est né en 1948 et accéda au trône à l’âge de 4 ans à la suite du décès accidentel de son père. Il fit une partie de ses études en Angleterre, à Oxford.


En 1971, Indira Gandhi annule les privilèges monarchiques accordés à tous ces princes indiens au moment de l’indépendance (afin de leur faire accepter l’indépendance). Cette décision non seulement les prive de leur allocation annuelle mais leurs propriétés deviennent assujetties à la fiscalité. Gaj Singh II se reconvertit dans le tourisme et transforme une partie de son palais en hôtel de luxe. Il ouvre aussi un musée.

Il a un fils, Shivraj Singh, né en 1975 qui et une fille Shrivranjani Rajye née en 1974. Malheureusement Shivraj souffrit d’un très grave accident de polo en février 2005 qui laissera beaucoup de séquelles.

Le pantalon jodhpur

On connait aussi ce nom de Jodhpur dans la mode, puisqu’il existe un pantalon Jodhpur. Mais d'où vient ce pantalon ? Des Indes.
Son ancêtre est le breeches, un pyjama serré aux jambes et ample aux hanches, porté par les hommes et les femmes de la cour moghole. Au Rajasthan, le maharadjah de Jodhpur Pratap Singh (1845-1922), qui passait son temps à cheval, renforça ses breeches au moyen d'un empiècement de tissu placé à l'intérieur des genoux afin de les user moins vite. En 1887, alors qu'il se rendait aux célébrations du jubilé de la reine Victoria à Londres en riding breeches, le navire transportant ses malles de vêtements et de bijoux fit naufrage. Il se rendit chez un tailleur de Savile Row pour faire copier les vêtements qu'il portait. Mais alors que ce dernier s'enquérait du nom de sa tenue, le maharadjah comprit qu'on lui demandait : « D'où venez-vous ? » et répondit : « De Jodhpur. » C'est sur ce quiproquo que naquit le nom de ce pantalon ensuite adopté par la cour britannique, l'armée et les joueurs de polo, un sport lui aussi originaire des Indes.
Le jodhpur se rapproche de la mode grâce à Gabrielle Chanel. Vers 1910, elle vit alors à Royallieu avec son amant Étienne Balsan, un cavalier au chic typiquement anglais. Décidée à ne plus monter en amazone, Gabrielle lui chipe l'un de ses pantalons d'équitation et le fait copier par un petit tailleur. C'est son premier emprunt au vestiaire masculin pour libérer le corps féminin des encombrantes tenues dans lesquelles la mode de l'époque l'enfermait. Soixante-dix ans plus tard, Ralph Lauren, via sa marque « Polo », décline le jodhpur dans un style plus urbain. En coton beige, en velours, surpiqué sellier, lacé, doté de basanes de cuir vieilli, etc., c'est devenu l'un des vêtements archétypaux du chic anglo-saxon. Dans la même veine, les Galeries Lafayette lancent leur propre marque qu'ils baptisent « Jodhpur ».

c991dd43e24092d8111d7b555b87f8af-copie-1.jpg
En 1984, le jodhpur fait son premier galop dans la couture avec Yves Saint Laurent qui le transforme en pantalon de smoking. Thierry Mugler le propulse ensuite dans son univers transgressif : taillé dans du vinyle noir ou coupé au ras des fesses, il s'apparente au collant et au short, et devient un vêtement de « killeuse » surnaturelle flirtant avec le sadomasochisme. Exactement comme celui qu'arborait Madonna lors de son récent « Confession Tour ». Mais rendons à César ce qui appartient à César... Une seule maison lui est restée fidèle, envers et contre toutes les modes : Hermès, qui fut à l'origine un sellier. Le modèle le plus fameux : celui de l'hiver 2004, dessiné par Jean Paul Gaultier lors de sa première collection pour la maison aux origines équestres. « Il est bien différent de celui que commandent les cavaliers et les joueurs de polo. Depuis les années 1960, le Lycra permet de concevoir un pantalon toujours renforcé à l'intérieur des cuisses mais moulant, élastique pour éviter tout frottement et permettre plus de contact avec le cheval », explique Jean-Christophe Miquel, responsable du métier « art de vivre équitation » chez Hermès. En Inde, les renflements sur les cuisses ne sont plus très prisés non plus. « Hormis dans la bonne société indienne », regrette le tailleur de la boutique East West Designer's, à Jodhpur.
Il était donc temps que la mode le remette en selle.


Retour à La Une de Logo Paperblog