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Champaillard, à mon cul !

Publié le 31 janvier 2010 par Penelopeboeuf
Immergée pendant 24h dans un camp d'entraînement militaire à Poitiers pour une "Opération Bloggeur", j'étais submergée. Comme à la piscine. Mais salée la piscine, sans chlore pour adoucir.
Arrivée sur le site, on se met en tenue de combat : Treillis, pull, sous-pull, maillot de corps, veston, veste, ceinture, ceinturon... Nous voilà armés !
Au loin, j'entends "Bah alors Berthon ? On a mal au genou ? Allez mec on se relève, où est ta diginité ?"
Elle est dans ton cul la dignité, connard - est ce que j'ai failli répondre à la place de Berthon, indigne.
Mais j'ai continué ma visite du camp avec son dortoir et ses lits à baldaquin de toile d'araignée, son chauffage au pétrole qui sent tellement fort que tu préfères l'éteindre même s'il neige -plutôt que de t'imaginer comme Tintin quand il se fait endormir avec du chloroforme, ses douches sans eau, ses toilettes sans chasse d'eau et sa "cosyness" inexistante.
18h : En route pour la course d'orientation dans les bois, dans le noir, sous la pluie pour récupérer sa ration de combat. Forcément ça change, d'habitude, c'est "tu sors de table quand tu auras finis ton assiette". Là, les soldats doivent sortir dans le noir pour trouver leur assiette. C'est un concept. Et c'est un loto-concept en plus. C'est comme le Bingo des marques sauf que c'est le Bingo des plats et comme pour les jeux de hasard, souvent ça tombe à plat. Se taper un taboulet froid sous -4 degrés debout dans le froid, ou manger à la cuillère du fromage fondu qui ressemble plus à de la vanille Mont blanc, forcément quand tu tombes sur le saumon à l'oseille avec petits légumes du soleil tu cries BINGO. Tu évites de le crier trop fort d'ailleurs, ça pourrait en rendre certains jaloux et ils ont le sang chaud !
Ils ont beau être jeunes, ils partagent, ils se rendent service, troquent leur Tortellini contre 2 barres de Commando énergisantes, ils s'épaulent, sauf quand c'est de l'agneau. Croyez moi le navarin d'agneau était aussi gras et ragoûtant que la cuisse de Valérie Damido coincée entre deux portes d 'ascensceur.
21h : En route pour 20 km de marche à pied avec un sac rempli de trucs inutiles, une arme avec des munitions à blanc, un famas (vous pouvez aller voir dans le dico), et un bonnet.
J'entends : "Adjudant, peut on faire tomber les bonnets ?" J'avais les cheveux détachés, au vent, j'aurai tout donné pour passer inaperçue mais mon camarade de devant dont je suivais les pas fit un bruit sourd qui retint l'attention de l'adjudant. L'espace d'un instant, il a cru que ce petit vent de l'ouest venait de mes fesses, m'a fixé et a dit "Oui tombez le bonnet, il n'y a que du vent, pas de pluie".
23h47 soit 12 km plus tard, je manque de marcher sur les talons du voisin de devant. Je suis en train de dormir... en marchant.
Pour tenir la distance, c'est aussi balaise que de marcher sur la lune en tongs.
Je déclare forfait au 12ème kilomètre. Il est minuit. Je viens de faire le tour du cadran.
Au moment de me faire rapatrier, j'entends au loin : "Detamare ! Tu craques ? C'est ça tu craques ? Lève toi bon sang ! On est où là ? Dans les camion des loosers ? Allez en avant !"
Putain, 12km pour finir... dans le camion des loosers.

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