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Angela Merkel bientôt coupable de recel de données bancaires suisses?

Publié le 02 février 2010 par Francisrichard

SchaeubleAvec la crise financière les mots de morale et d’éthique fleurissaient naguère dans la bouche des dirigeants des pays occidentaux pour fustiger les banquiers dont ils avaient pourtant encouragé les turpitudes en les incitant à prêter, et par conséquent à ruiner, de futurs insolvables.

Il faut croire que ces mots de morale et d’éthique ne les étouffaient pas quand il s’agissait de les appliquer à leur propre cas. Car au fond d’eux-mêmes ils pensaient : « Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais ».

Un nouveau délateur ici – ce qui rappelle les heures les plus sombres de l’histoire européenne du XXème siècle – propose de vendre une nouvelle liste d’évadés du fisc, qui plus est, à l’Allemagne, qui a de fâcheux antécédents en matière de délation - quand elle occupait l'Europe - et qui ferait donc bien de s’abstenir désormais, pour ne pas trop faire jaser.

Seulement il faut dire que l’offre est alléchante : « Donnez-moi 2,5 millions d’euros » dit le tentateur, « et vous pourrez récupérer 50, 100, 200 fois la mise. 1 500 noms livrés en pâture au fisc allemand, c’est tout de même mieux que le loto, puisque c’est à coup sûr. Et puis… un moment de honte est vite passé ».

Au ministère allemand des finances Wolgang Schäuble [photo ci-dessus en provenance d’ici] a remplacé Peer Steinbrück en octobre dernier. Il est démocrate-chrétien, son prédécesseur était social-démocrate. On aurait pu penser qu’ils n’avaient que le mot de démocrate en commun. En réalité c’était un trait d’union pour défendre l’enfer fiscal qu’est devenue l’Allemagne.

Il y a deux ans Peer Steinbrück avait acquis – moyennant 5 millions d’euros – des données volées par un technicien à la banque du Lichtenstein qui l’employait. Wolgang Schäuble – aux dernières nouvelles, soutenu fermement par Angela Merkel - paiera moitié de ce prix l’achat de données volées à une ou plusieurs banques helvétiques.

L’expression « La fin justifie les moyens » est la caractéristique des pays totalitaires. Hitler et Marx, tous deux allemands, en ont fait d'ailleurs, à leur époque, un leitmotiv. Encouragés sans doute par la version allemande de l’expression, encore plus cynique que la française : «der Zweck heiligt die Mittel », la fin sanctifie le moyen, dont le gouvernement allemand actuel semble bien avoir fait sa devise.

En réalité l’Allemagne fait partie des mauvais élèves de l’économie ici. Ses dirigeants, trompés par l’illusion keynésienne et par la hantise politique de devoir faire quelque chose pour justifier leur existence, se sont crus obligés l’an passé – inutilement – de relancer l’économie à coups de milliards d’euros ici.

Comme l’Italie, le cancre des cancres ici , et la France, l’Allemagne a donc augmenté sa dette publique, déjà plus élevée que celle de la France à fin 2008, creusé un nouveau déficit public et vidé les caisses. On sait depuis Aristote que la nature a horreur du vide et que les ministres des finances itou. Il faut donc traquer l’argent où il se trouve et où il s’est réfugié pour échapper aux prélèvements confiscatoires : la Suisse.

La Suisse, comme je l’ai montré ici , sans être un premier de classe irréprochable, n’a rien à voir avec ces cancres peu soucieux des deniers de leurs concitoyens. Sans être non plus, hélas, et loin de là, un paradis fiscal, la Suisse a résisté à la tentation facile de se lancer dans cette fuite en avant qui consiste à augmenter inconsidérément les dépenses publiques … pour remuer du vent. Sa prospérité relative, qui résulte de cette prudence, en fait une proie d’autant plus tentante que ses dirigeants n’ont pas fait preuve ces derniers mois d’un courage patent pour affronter les Etats voyous qui entourent le pays.

Angela Merkel, qui ne vaut pas mieux que les autres dirigeants européens, a dit hier matin au Bundestag, en parlant de ces données volées, que «  si ces informations étaient pertinentes pour le fisc allemand, il devait en prendre possession » ici. Si c'était le cas, elle se rendrait pourtant coupable de recel.

J’imagine une scène digne d’un polar où des mafieux se rencontrent pour s’échanger came contre biffetons. Tandis que le dealer goûte un peu de poudre pour en tester la qualité, le directeur du fisc allemand, lui, se met à lécher un bout de listing, tiré d’un CD bourré d’octets, pour en vérifier toute la pertinence...

Hans-Rudolf Merz, le ministre des finances helvétiques, jure ses grands dieux que la Suisse n’accordera pas l’entraide judiciaire dans ces conditions ici. Que ces dieux-là l’entendent !

Francis Richard

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