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De la nature du productivisme.

Publié le 03 février 2010 par Marx

                     Chez la plupart des  « écologistes libéraux », donc de droite, il y a cette confusion entretenue et cultivée, selon quoi, le productivisme est une caractéristique du socialisme. Les plus savants parlent de productivisme « marxiste », ce qui plaît aux sociaux libéraux. Ainsi ce petit monde se reconnaît . Pourtant, l’essentiel du socialisme, c’est la remise en cause des rapports de production et d’échange, la façon et la manière de produire, et les raisons de la production. Quelle production, quel type de production et comment la produire, sans épuiser les ressources naturelles ni les travailleurs et dans le respect de la nature et des producteurs. C’est par rapport au pillage des ressources, qui sont un bien commun et de la force de travail mise en œuvre et leur appropriation par quelques uns, que le socialisme et Marx en particulier propose un système différent et antagoniste. Le système d’exploitation de l’homme et la femme et de la nature, c’est bien le capitalisme, système actuel dont on constate les dégâts et ils ne sont pas ceux d’un système qui n’existe pas  et qui n’a encore jamais existé.
                  Le capitalisme ne produit pas pour satisfaire les besoins des populations, les deux tiers de la population mondiale le sauraient  mais pour réaliser des profits, indépendamment des besoins réels. Si ça rapporte, les besoins sont couverts, sinon ils ne sont pas. L’organisation même de la production ne répond pas plus aux besoins, la tendance actuelle du capitalisme en est la démonstration, que ce soit dans les pays pauvres, comme dans les pays dits industrialisés. C’est selon les profits escomptés. Les ressources naturelles  et tout ce qui est vivant est privatisé au détriment de la collectivité. Le capitaliste rend et dispose de tout ce qui est marchand et qui devient marchandise, dans un seul but, les profits. Il décide au mépris de tous les autres.
                 Le socialisme , c’est la satisfaction des besoins de tous, et la production selon les moyens de chacun. L’abolition de la grande propriété des moyens de production et d’échange par la socialisation . Production et besoins sont décidés par tous et non pas en fonction des profits.
                 Or cette confusion n’est pas anodine, elle correspond à l’amalgame entretenu par la bourgeoisie et le stalinisme. Stalinisme, socialisme, marxisme. Les uns pour faire peur, les autres en bombant le torse, faisant ainsi les délices des coquins et du lumpen prolétariat. Pour un marxiste, il vaudrait mieux dire , un marxien, le stalinisme c’est la dictature d’une caste bureaucratique sur le prolétariat, dont le système économique est le capitalisme d’Etat. Le capitalisme d’Etat  mis en place au lendemain de la Révolution d’octobre par Lénine , qui considérait ce système transitoire avant le passage au socialisme. C’est d’ailleurs à la Douma que Lénine explique, dans une situation de guerre et de famine, la priorité de produire vite et beaucoup. Pour cela explique t il, le capitalisme est le système qui le permet le mieux. Dans une situation de grande précarité de l’industrie et de l’agriculture, incapables de faire face aux besoins, l’Etat restructure la production et l’industrie en capitalisme d’Etat. C’est le terme employé par le dirigeant de la Révolution , capitalisme d’Etat ( Dictionnaire  Compère Morel  , discours de Lénine , capitalisme d’Etat) . Phase transitoire qui devient définitive et criminelle avec les restructurations agricoles de Staline. Le Capitalisme privé emploie par ailleurs des méthodes similaires pour l’appropriation du sol dans la plupart des pays d’Amérique latine en déportant  et en chassant des centaines de milliers  d’indiens, peones et d’autres petits producteurs directs ou paysans sans terre , des décennies durant. Le Capitalisme sous toutes ses versions reste le capitalisme.
                        Satisfaire les besoins, quoi de plus élémentaire mais sans voler , spolier, exploiter, détruire et polluer, ce n’est pas du productivisme. Le moteur du productivisme, c’est d’abord le profit, qu’il soit d’Etat ou privé.

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