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Burqa, France 24 et le Président des jeunes UMP

Publié le 04 février 2010 par Bernard Girard
France 24 m'a demandé de parler de la Burqa face au Président des jeunes UMP, Benjamin Lancar, en anglais. Pourquoi moi? Sans doute parce que cette même chaîne m'avait demandé il y a quelques mois de traiter de la question du voile et que je sais un peu d'anglais. Sujet difficile : comment garder une position de tolérance (surtout dans une langue que l'on maîtrise mal) lorsque l'opinion est droit devant contre (la jeune femme qui me maquillait avant le passage à l'antenne me disait sa gêne devant ces femmes voilées qu'elle croisait parfois sur les marchés)? Et pourtant, c'est bien la seule position qui ait, à mon avis, du sens. Reprenons les arguments que j'ai essayé de développer face à un jeune homme (24 ans) aussi vindicatif que sympathique :
- cette affaire est essentiellement politique à quelques semaines d'une élection difficile pour le gouvernement : pendant que l'on parle de la burqa, sujet secondaire, on ne parle pas du chômage, des échecs du gouvernement…
- preuve que cette affaire est essentiellement politique : son déroulé. Alors qu'il faut plusieurs semaines pour renouveler sa carte d'identité à Paris (mais oui!), le dossier de ce marocain déposé en janvier à la préfecture était moins d'un mois plus tard sur le bureau du ministre. Belle efficacité de services plutôt réputés pour leur lenteur!
- autre preuve que cette affaire est essentiellement politique : on communique sur la burqa mais celle-ci est une affaire privée, une pratique religieuse (pratique extrême et aussi condamnable qu'on voudra, mais choisie pour des motifs religieux) qui ne concerne en rien l'Etat, comme l'a à plusieurs reprises rappelé le Conseil d'Etat. 
- le marocain en question est l'époux depuis plus de quatre ans d'une française (c'est elle qui porte la burqa). Or la loi autorise tout étranger marié à un Français à obtenir la nationalité française au bout de quatre ans de mariage et de vie commune pour peu qu'il parle le français et qu'il partage nos valeurs (notion fumeuse, en l'espèce).
- on nous dit que ce marocain ne partage pas nos valeurs, mais d'où viennent ces informations? qui en a décidé? et sur quels critères? critères définis par qui? dans quelles circonstances? sur quels textes? Le fait que Nicolas Sarkozy nous ait dit tout le mal qu'il pense de la burqa suffit-il à en faire un critère de non respect de nos valeurs?

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