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Rugby-SC Albi : Bernard Achilla : ‘Dans l’obligation de faire une analyse’

Publié le 05 février 2010 par Lgs

bernard achilla president scaBernard Archilla, le Président du Sporting Club Albigeois, a accordé un entretien au responsable du site Internet du SCA. Il persiste et signe «  Nous ne sommes pas encore en Pro D 2 car il n’est pas question de lâcher les dernières rencontres de la saison. Mais pour autant nous sommes déjà dans la préparation de la saison 2010/2011 y compris dans la perspective d’un retour en Pro D 2. Nous travaillons à proposer pour ce club un nouveau projet. Mais pas  question de renier l’image de marque qui fait la spécificité  du club : l’Homme restera au cœur de notre projet ».

Propos recueillis par Maurice Charbonnières, chargé des relations médias au SC Albi

MC. Après trois saisons placées sous le signe du yoyo avec deux saisons en Top 14 sans jamais être en position de relégable, une rétrogradation administrative en Pro D2, puis une remontée presque inespérée en Top 14 et pour terminer la menace d’un retour sportif en Pro D 2, une question peut se poser : la gestion du club ne peut-elle être sujet à caution ?

Bernard Archilla : Pour moi, je ne m’attendais pas à être dans cette situation aujourd’hui, puisque je persiste et signe que nous avions le groupe suffisant pour être dans les douze premiers du Top 14. A partir de cette surprise que je qualifie aujourd’hui de contre performance sportive, nous sommes dans l’obligation de faire une analyse objective des raisons  qui nous amènent aujourd’hui  de ne pas avoir rattrapé cette place à laquelle nous prétendions   au début de la saison. L’analyse que nous sommes en train de faire le plus  objectivement possible afin de  prendre toutes les décisions et anticiper.

MC. L’éthique sportive et humaine  que vous avez instaurée lors de votre arrivée à la tête du club  ne risque-t-elle pas de sombrer avec les désillusions d’une année sportivement ratée ?

BA : C’est important : depuis mon arrivée ,vous savez,  il y beaucoup de gens autour de vous qui nous disent il n’y a qu’à faire ceci , il n’y a qu’à faire cela . J’ai toujours veillé à garder l’essentiel  qui  est quand même majoritaire  et qui fait la particularité et la spécificité  d’Albi. J’ai bien fait de faire comme ça jusqu’à présent .Ce dont on va parler c’est uniquement de faire une analyse à la marge des choses, l’essentiel  devant être maintenu à Albi. On va rentrer dans le détail,  on parle de curseur, on parle de changement, on parle de capacité de changement, mais  sur une somme de  détails. Il ne s’agit pas de reconstruire un autre club. Depuis le départ j’avais dit qu’il y a différentes étapes dans la vie d’un club, que la qualité  les présidents qui se succèdent doit être à chaque fois de garder ce qui a bien marché et d’amener une valeur ajoutée et franchir des marches supplémentaires.

MC. Ici, à Albi, les joueurs sont considérés non comme des machines mais comme des hommes qui se bâtissent une carrière. Regrettez vous d’avoir privilégié l’Homme par rapport au sportif ?

BA. On m’a déjà posé la question lorsque je suis arrivé si cette dimension humaine qui était la marque de fabrique d’Albi et ce collectif étaient compatibles et surtout si la dimension humaine était compatible avec  l’élite. J’ai réfléchi  avant de répondre et j’ai dit oui. Je redirais oui aujourd’hui à la nuance près que, contenu du niveau très élevé et de l’exigence  d’excellence dans tous les domaines aujourd’hui en TOP 14 , la limite aujourd’hui c’est que , en particulier, certains joueurs et l’environnement de ce club doivent  arrêter  de se trouver des circonstances atténuantes et arrêter de dire, écoutez,  j’ai un certain crédit donc je peux faire ceci, je peux faire cela. Aujourd’hui la ligne que j’appelle de crédit est terminée, je crois que  les joueurs et l’environnement des joueurs  ont autant de droits certes mais d’obligations. Il faut arrêter de parler du passé mais en respectant les vraies valeurs du club.

MC . A l’heure de composer l’ossature de l’équipe  pour la prochaine saison, va-t-il y avoir des coupes sombres ? Ou votre souci  est tout d’abord les intérêts légitimes des joueurs au-delà de l’élément sportif ?

albi[1]

BA. D’abord nous sommes toujours en Top 14 et nous avons  toujours l’espoir mathématiquement parlant de rester en Top 14, et donc nous allons jouer tous les prochains matches avec détermination. Mais  il faut déjà travailler sur le scénario de la Pro D 2. On va être obligés de rentrer dans un budget qui sera inférieur. C’est une contrainte simple à comprendre. Donc, à  partir de cette contrainte économique nous serons obligés de faire  des choix. Nous avons des choix à faire, nous avons également certains contrats peut-être  qui ont des durées encore d’une saison de plus  que allons peut-être négocier, en tous les cas voir  si certains joueurs ne peuvent avoir d’autres opportunités. Donc nous aurons des choix à faire essentiellement pour répondre à la contrainte financière, et puis également parce que certains joueurs ne correspondent pas tout à fait à ce que nous souhaitons.

MC. Le trio : Archilla,  Béchu, Clément depuis plusieurs saisons   porte à bout de bras le Sporting. Ce trio là sera –t-il toujours aux manettes la saison  prochaine ?

BA : A moindre mesure je me mets dans ce trio puisque c’est essentiellement les joueurs incarnés par Vincent Clément et l’entraineur incarné par Eric Béchu et surtout ce formidable public. Mon histoire va avec eux , mon coup de cœur est que  j’aimerais continuer l’histoire avec eux Mon histoire  est liée à la leur, c’est une réponse que je vous fait personnelle. Maintenant le club peut très bien vivre sans aucun  doute sans moi et un jour ou l’autre sans l’ entraineur ou sans le joueur. Quant à mon histoire à moi est très liée à Vincent Clément et d’Eric Béchu.

MC. Vous êtes donc au travail pour préparer la saison prochaine ?

Le conseil d’administration est en train de travailler  sur différents chantiers, on est en train d’anticiper à la fois l’amélioration en terme de fonctionnement, de coûts de fonctionnement , il y a une grande mobilisation sur le plan du commerce pour préserver les finances au niveau de la gestion cette année et le moins possible  grever les fonds de garantie. C’est tout un travail qui nous mobilise et nous allons mobiliser le public dans les jours à venir. Il y a enfin et surtout tous les dossiers des sportifs, mais je ne veux pas, au contraire, que cela perturbe  les matches qu’il nous restent à disputer, il s’agit tout simplement d’  anticiper afin que dès les premiers jours de la saison prochaine que nous soyons  en Pro D 2 ou peut-être, pourquoi pas, en Top 14 afin de ne pas avoir ces difficultés que nous avons au début de cette saison. Le dossier sportif est un dossier  important. Nous avons des discussions en ce moment avec les deux entraineurs sur les infrastructures, sur les méthodes d’entrainement, sur les préparations des joueurs et puis bien entendu sur le groupe de joueurs que nous voulons préserver pour la saison  prochaine.

MC. Bernard Archilla, vous marquez beaucoup de passion pour le Rugby . Avez-vous d’autres passions ?

BA. Pour vous dire la vérité j’ai quand même bouleversé ma vie personnelle et professionnelle. Je n’ai aucun regret. J’aurais préféré avoir une vie plus simple cette saison, de m’installer dans les tribunes cette saison et que contemple  le spectacle, mais cela n’a pas été le cas . Cela aurait été peut-être plus facile pour moi d’arrêter  à la fin de la saison dernière parce qu’on avait fait l’essentiel et c’était une belle victoire. J’ai eu cette faiblesse de rester , je ne me vois pas aujourd’hui m’effacer , alors que je pense avoir  ce recul et cette lucidité et certainement cette objectivité, pour accompagner ces changements à condition que l’ensemble du club veuille procéder à ces changements.

MC. Comme certains  clubs vous ne cumulez pas la double casquette de le Président et de principal sponsor. Est-ce un plus pour le Sca de n’être pas sous la menace d’un départ du Président-Sponsor ?

BA. Je pense que l’avenir du rugby passera par une sérénité économique dans la durée des clubs. C’est un atout pour le club d’Albi d’avoir cette indépendance budgétaire et de n’avoir pas de  dépendance envers un ou plusieurs gros sponsors. Ce que je sais faire  c’ est de canaliser une certaine confiance au niveau de certains partenaires. Moi-même, professionnellement, on en apporté certains.IL est clair que c’est un atout d’avoir cette indépendance  au niveau des partenaires  Je n’ai aucun  intérêt personnel si ce n’est d’avoir la  capacité de sécuriser certains partenaires par mon métier.

MC. Le groupe 2010-2011 aura-t-il la même configuration que celui 2009/2010?

BA. La grande majorité du groupe des joueurs  est extrêmement fière et respectueuse de son engagement. Tous les  changements qui vont être opérés vont certes concernés certains joueurs parce qu’ on est pas totalement satisfaits mais dans le domaine des effectifs ce sera des changements mineurs. Au moment où je vous parle on sait exactement le groupe de  joueurs que l’on souhaite conserver. je ne suis pas certain que l’on puisse tous les conserver à la fois pour des questions budgétaire mais également parce que certains joueurs sont déjà ou vont être contactés.  Nous avons toujours eu des rapports extrêmement positifs  avec les joueurs, donc ceux qui auront des opportunités nous ne les retiendrons pas, mais simplement je leur expliquerais au dernier moment qu’en dehors d’avoir des objectifs  d’augmentation de salaire  sur deux ans il vaut mieux souvent avoir un projet de vie.


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