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Publié le 09 février 2010 par Malesherbes

J’ai l’intention, dans les jours qui viennent, de donner ici mon appréciation sur quelques-uns de ces hommes d’exception qui dirigent de grandes entreprises françaises. De ces gens qu’il convient de payer grassement pour éviter que des firmes étrangères ne nous les chipent. Il est possible que, ce faisant, je commette des erreurs. Mais je compte sur mes lecteurs pour me les signaler. En ces temps où l’identité nationale mobilise notre pays et son gouvernement, il existe donc des personnes qui, pour quelques centaines de milliers d’euros de plus par an, seraient disposées à abandonner leur patrie et à se mettre au service de concurrents étrangers. Un comble ! Heureusement que, à la différence des footballeurs, l’étranger ne se précipite pas pour nous les ravir.

Je commencerai par un point d’histoire qui remonte à 1992, mais dont nous avons longtemps payé les conséquences, la chute du Crédit Lyonnais. Son président d’alors, Jean-Yves Haberer, était un haut fonctionnaire. Remarquez au passage que seuls les fonctionnaires de base sont des fainéants, les hauts, y compris les ministres, sont tous des travailleurs forcenés. M. Haberer était un parfait exemple de ces hauts fonctionnaires qui naviguent avec aisance et désinvolture entre le public et le privé. Cette pratique n’a pas cessé puisque nous l’avons vue depuis exercée par Thierry Breton, lequel rencontre aujourd’hui quelques difficultés à la tête d’Atos, et, avec une morgue incroyable, par François Pérol, glorieux créateur de Natixis. A cette occasion, les Caisses d’Epargne, mécontentes du traitement que leur avait réservé le site Mediapart, l’ont attaqué en diffamation, avant de se désister de leur plainte trois semaines avant le procès. Mais je ne me souviens pas d’avoir lu dans la presse que Mediapart a ensuite poursuivi les Caisses d’Epargne pour procédure abusive et gagné son procès, ce qui est pourtant le cas.

Pour en revenir à Jean-Yves Haberer, il a été licencié puis condamné à dix-huit mois de prison avec sursis. Mais cette plaisanterie a coûté aux contribuables quelque quinze milliards d’euros. Quant au Crédit Lyonnais, il a évité la faillite en étant racheté par le Crédit Agricole et, pour tenter d’effacer la tâche de ses errements, est allé jusqu’à changer son nom en LCL. Il peut arriver à une caissière qui n’aura pas fait payer un sandwich à un miséreux de se retrouver licenciée. Ceci peut la condamner, après la perte de ses droits au chômage indemnisé, à fréquenter les Restos du cœur. Par contre, je n’ai pas souvenance de seigneurs, aux salaires mirobolants correspondant à leurs vastes responsabilités, réduits à la misère du fait de leurs fautes. Plus près de nous, Jean-Marie Messier en serait-il amené à cantiner à l’Armée du salut ?

Cette affaire du Crédit Lyonnais est vieille de plus de quinze ans mais elle fait toujours sentir ses conséquences et, plus grave, les pratiques qui l’ont permise ont toujours cours.


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