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Clôture du débat : l'opposition ironise, l'UMP se fait discrète

Publié le 09 février 2010 par Popote67
Sans-titre-copie-6.jpg "La montagne a accouché d'une souris" : la formule revient à gauche comme à droite, après les annonces de François Fillon en clôture du débat sur l'identité nationale. Mesurettes", "bavardage", "opération 'sauver Willy'" : l'opposition ne se prive pas d'ironiser, mardi 9 février, sur les annonces de François Fillon en clôture du débat sur l'identité nationale, alors que l'UMP, une fois n'est pas coutume, reste quasi muette.
L'ex-premier secrétaire du PS, François Hollande, a estimé lundi que le Premier ministre a procédé à un "enterrement en petite pompe" du débat. "Le débat sur l'identité nationale aura donc accouché d'une commission. C'était la formule que Clemenceau utilisait pour moquer, sous le IIIème République, les gouvernements qui ne savaient plus que faire de leurs mauvais projets", écrit le député de Corrèze sur son blog. "Pourquoi fallait-il déchaîner tant de passions, provoquer tant de dérapages, susciter tant de légitimes suspicions, pour finir par apposer une Déclaration des droits de l'Homme dans chaque classe, ou faire chanter une fois par an la Marseillaise à chaque jeune Français, sans que l'on sache très bien si ceux qui ne le sont pas devraient également entonner l'hymne national", demande François Hollande.

"Il était temps", pour Guigou


L'ancienne ministre de la Justice socialiste, Elisabeth Guigou, a jugé mardi sur France 2 que François Fillon avait été désigné pour "jouer les pompiers de service pour arrêter ce déversoir de médiocrité, avec des relents racistes, xénophobes et islamophobes qui étaient devenus insupportables", ajoutant qu'à ses yeux il était "temps d'arrêter ça".
Toujours pour le PS, Harlem Désir, secrétaire national à la coordination, a estimé lundi que ce séminaire marquait la "fin d'un fiasco annoncé", dénonçant "des mesurettes pour faire croire que tout cela a servi à quelque chose".
"En fait, le gouvernement a décidé d'enterrer le débat sur l'identité nationale", a déclaré Harlem Désir dans un communiqué. "Il était temps. Mais il aurait mieux fait de ne jamais l'ouvrir. Car, dans l'intervalle, c'est la cohésion nationale qui a été fragilisée pour des raisons politiciennes."

Moscovici : "Aveu d'échec"


Pour les députés PS Jack Lang et George Pau-Langevin, "la montagne a accouché d'une souris". Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, reproche au gouvernement d'avoir "renvoyé, à l'intérieur comme à l'extérieur, l'image d'une nation qui n'assume pas sa diversité alors même que sa réalité est à l'inverse".
Plus nuancé, le député socialiste Pierre Moscovici juge que les mesures annoncées "ne vont pas dans le mauvais sens, mais effectivement ce sont des mesurettes". Et d'ajouter sur LCI: "C'est un aveu d'échec. C'est un désaveu aussi pour (le ministre de l'Immigration) Eric Besson et, derrière lui, pour le président de la République qui a eu cette idée-là, qui a tenté de diviser les Français, qui a tenté de les opposer aux immigrés, et qui n'a pas réussi".

"Bon débarras!"selon Mélenchon


Pour le PCF, Roland Muzeau, porte-parole des députés communistes, a dénoncé une "opération nauséabonde" qui "a libéré la parole raciste et xénophobe jusqu'au plus haut niveau de l'Etat" et réclamé la dissolution d'urgence du ministère de l'identité nationale "dont l'existence même est un appel au rejet de l'autre, aux discriminations à l'encontre des populations d'origine étrangère et à la xénophobie".
Jean-Luc Mélenchon, président du Parti du gauche, a poussé un "ouf, bon débarras!" de soulagement. Et de trancher la question au coeur du débat: "Est Français celui qui a une carte d'identité française", a-t-il résumé sur France-Info. "Tout le reste, c'était du bavardage qui était destiné à un racolage électoral sur le Front national".

Sarre : "Manipulation électoraliste"


Pour Georges Sarre, secrétaire national du Mouvement républicain et citoyen, "Aujourd’hui, le gouvernement et François Fillon ont fait une opération 'sauver Willy', en l'espèce 'sauver Besson'. Mais ce pseudo-débat sur l'identité nationale reste une vaste supercherie."
"C'est une manipulation électoraliste, tout le monde l'a compris, à la veille des régionales, pour faire main basse sur l’électorat du Front National", selon le maire-adjoint de Paris.
Un collectif de 70 organisations (dont Act Up-Paris, le MRAP, le NPA, le PCF, Les Verts) a dénoncé dans un communiqué Nicolas Sarkozy qui "encourage et organise le racisme et la stigmatisation d'une partie de la population". "Le séminaire gouvernemental confirme bien que pour le gouvernement, la seule raison qui est invoquée au 'délitement' supposé de l'identité nationale reste l'immigration et en particulier celle de culture musulmane et issue de nos anciennes colonies", écrivent les signataires.

"Il n'y a rien"


A droite, le son de cloche n'est guère différent. Nicolas Dupont-Aignan (Debout La France) a lui aussi dénoncé dans un communiqué des "mesurettes". "Si la montagne accouche ainsi d'une souris, c'est parce que le gouvernement a mal posé le débat dès le départ, parlant, à des fins électoralistes, d'identité nationale plutôt que d'unité nationale", a-t-il affirmé.
Pour la vice-présidente du Front national Marine Le Pen, "M. Besson ne sert à rien et son débat se termine sur du vide. Il n'y a rien". "Est-ce que vous croyez que des mesures aussi piteuses vont être capables de changer profondément les difficultés que vivent nos compatriotes?", a-t-elle demandé sur France-Inter. "Evidemment que non".


Baroin ne voit toujours "pas l'objectif"


Il n'y a eu que l'UMP lundi pour se féliciter de ce débat et des conclusions du séminaire gouvernemental. "Le Mouvement populaire se réjouit des décisions audacieuses, justes et concrètes annoncées par François Fillon. Elles répondent parfaitement aux objectifs d'ouverture de notre société et de renouveau de notre pacte républicain assignés au débat", a estimé le porte-parole adjoint du parti présidentiel Dominique Paillé.
Encore que le député UMP, François Baroin, opposé depuis son lancement au débat sur l'identité nationale tel qu'il a été mené par le ministre de l'Immigration Eric Besson, s'est félicité mardi du fait qu'"on mette un terme à ce débat". "Je me félicite que François Fillon ait repris la main sur un dossier comme celui-ci et je me félicite que d'une certaine façon on mette un terme à ce débat", a déclaré l'élu chiraquien sur i-TELE.
"Au moins on le met entre parenthèses pendant les 40 derniers jours de la campagne, ce qui fait que ce débat ne sera pas pris en otage, ce qui est une bonne mesure", a-t-il insisté, répétant qu'il n'en voyait "pas l'objectif". "Ouvrir un débat comme celui-ci, surtout dans un contexte de crise, où les gens ont un malaise, et profitent de ce débat pour exprimer leur malaise, c'est pour cela qu'on a eu une addition de dérapages. D'une certaine manière, l'histoire se termine bien, sous l'autorité du Premier ministre, donnant une logique transversale avec des mesures qui ne font pas de mal", a-t-il encore dit.

Morano à la peine


La secrétaire d'Etat chargée de la Famille, Nadine Morano, tente elle de faire bonne figure. Interrogée sur la phrase de Clemenceau selon laquelle créer une commission sert à enterrer un problème, elle a jugé mardi sur RTL que "Clemenceau a le droit de dire ce qu'il souhaite (...) c'est son analyse, pas la mienne". "Moi, quand j'ai participé à des commissions parlementaires, cela n'a pas enterré des débats, cela a contribué à faire sortir des lois", a-t-elle dit. Affirmant que le séminaire gouvernemental de lundi était une réunion "d'étape, puisque nous continuerons à parler de la France, même si cela dérange certains", elle a défendu les mesures annoncées, en rétorquant que "la critique pour dire 'ça ne sert à rien, c'est banal', ça ne sert à rien non plus".
(Nouvelobs.com)

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