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« Où est mon vote ? » : quand le slogan iranien se libanise

Publié le 14 février 2010 par Delphineminoui1974

photo où es mon vote beyrouth.jpgVu, ce matin, au centre-ville de Beyrouth... Au milieu d'une foule compacte rassemblée place des martyres pour commémorer l'assassinat, il y a cinq ans, de l'ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri, l'œil, soudain, se pose sur ces panneaux étrangement familiers pour quiconque s'intéresse à l'Iran. « Où est mon vote ? », peut-on lire, comme un subtile écho à l'opposition iranienne qui manifeste, en Iran, depuis 8 mois contre la réélection d'Ahmadinejad.

Iraniens, Libanais, même combat ? « Ces pancartes, c'est pour faire le pont avec tous ceux qui, dans cette région, se battent au nom de la liberté », relève Robert Abou, un architecte libanais, en dressant un parallèle entre la « révolution du Cèdre » libanaise, née après l'assassinat de Hariri et l'actuel « mouvement vert » iranien, qui se dresse contre les dérives de la République islamique.

A l'époque, ce vaste mouvement de protestation populaire libanais porta ses fruits. Il conduit au retrait des troupes syriennes, installées au Liban depuis 29 ans. Un mois plus tard, ce mouvement donna naissance à la coalition du « 14 mars », actuellement dirigée par Saad Hariri, fils de Rafic Hariri et nouveau premier ministre libanais.

Cette coalition anti-syrienne, et soutenue par l'Occident, a remporté les élections libanaises de juin dernier. Mais le scrutin a également donné naissance à une recomposition de l'échiquier politique du pays du Cèdre. Walid Joumblatt, ex-critique virulent de Damas s'est ainsi rapproché du camp opposé, dit « courant du 8 mars », et dirigé par le Hezbollah chiite libanais, présenté comme pro-syrien et pro-iranien. Dans le même temps, la récente visite de Saad Hariri à Damas a été perçue, par certains de ses partisans, comme un essoufflement du 14 mars.

« Où sont les promesses de la majorité, pour qui nous avons voté ? », se demande ainsi Manal Sadri, une mère de famille libanaise. Et de reprocher au 14 mars de ne pas s'atteler à l'épineuse question des armes du Hezbollah, principale pomme de discorde entre le Parti de Dieu et la majorité. « La résolution du Conseil de sécurité de l'ONU - ayant mis fin à la guerre de 2006 contre Israël - prévoit que le Hezbollah y renonce. Mais, malheureusement, la majorité se tait. Or, nous ne voulons pas la guerre, nous voulons la paix », poursuit-elle.

Si elle a choisi, comme certains de ses acolytes, de porter à bout de bras le même slogan que l'opposition iranienne, c'est parce qu'elle se dit, aussi, « impressionnée par le courage des Iraniens qui refusent l'archaïsme et osent se dresser contre leurs dirigeants au nom de la démocratie ».

Début février, une centaine d'intellectuels libanais ont, pour la première fois, lancé un appel dans lequel ils expriment leur solidarité avec « l'intifada verte de l'Iran ». Selon le site réformiste iranien Rahesabz, plusieurs personnalités iraniennes se revendiquant du mouvement vert disent également avoir adressé une lettre à Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, en s'étonnant de son silence et en lui suggérant de dénoncer le recours à la violence au nom de l'islam. A ce jour, cette lettre - dont l'authenticité reste à confirmer - est restée sans réponse.

Crédit photo : Sara Mohammadi.


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