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Retraites : la société de l’emploi salarié en question

Publié le 15 février 2010 par Ttdo

Le dossier des retraites occupe, une nouvelle fois, l’actualité. Le rouleau compresseur médiatique déroule sa pensée unique. Il  nous faut travailler plus longtemps pour deux raisons principales : la première économique, le fameux rapport entre actifs et retraités ; la seconde « éthique », l’allongement de l’espérance de vie.

La gauche, sortant enfin de sa torpeur néolibérale, commence à argumenter. Le rapport entre actifs et retraités n’a aucun sens et est d’ailleurs très difficile à prévoir sur une longue durée (voir les ajustements récents du COR). La seule question ayant un sens est celle de la richesse et de sa répartition dont l’inégalité croissance suffit à expliquer l’asphyxie des comptes sociaux. Quant au lien fait entre  « travail et espérance de vie », il réduit ce qui est appelé travail à la simple activité productive et marchande, omettant toutes les autres formes d’activité qui permettent aux humains d’agir et de vivre ensemble, de construire un « monde ».

Mais cette argumentation, si elle est solide, passe cependant à côté de la question centrale : la généralisation, à la planète entière, et dans le même temps la disparition, en premier lieu dans le monde occidental,  de la société de l’emploi salarié. Pour des milliards d’humains la seule façon de subsister, à la fois espoir et cauchemar, est l’accès à un emploi salarié et au statut de consommateur. Cet emploi, indispensable dans des sociétés où toutes les formes autonomes de vie ont été et sont détruites, devient une ressource rare, disputée, précaire et de plus en plus mal rétribuée. Les hommes et femmes sont transformées en simples ressources humaines d’un système économique totalitaire où le choix du profit maximum pour quelques uns est présenté comme une loi naturelle.

Que faire ? Comprendre d’abord ce que nous vivons : la fin de la civilisation de l’emploi salarié. Politiquement, résister, inventer et construire un autre monde. Au niveau global, pour nous national et européen,  combattre les porteurs de cette logique mortifère et favoriser toutes les prises de conscience à l’occasion de tous les rendez-vous (élections, conflits, débats,…). Au niveau plus local, régions, communes, familles, reconstruire un mode de vie moins dépendant du tout marchand, plus solidaire. La route sera longue mais beaucoup l’ont déjà emprunté…

Au XXe siècle un auteur a su décrire dans un livre de plus en plus actuel la condition de l’homme moderne : Hannah Arendt. Puisons dans son œuvre, et dans bien d’autres, des sources d’espoir.

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