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L'après crise et les données de l'économie mondiale

Publié le 15 février 2010 par Buzzmadisson

chine

Nous inaugurons sur Madisson une nouvelle catégorie de réflexions sur l’économie tenue par Anis WAHABI, expert comptable et enseignant à l‘IHEC Carthage en Tunisie, qui veut bien ouvrir une voie que nous encourageons, à savoir le partage d’articles sur différents supports.

La chine est désormais le premier exportateur mondial, c’est ce que révèlent les statistiques rendues publiques pour l’exercice 2009 et qui en ont surpris plus d'un. Autre première tout aussi symbolique, les Chinois achètent plus d’automobiles que n’importe quel autre marché de la planète, et ils dépassent même le marché américain. Est-ce le signe d’un nouvel ordre économique mondial qui commence à prendre forme ?

Voyons les faits :

Pour la première fois de l’histoire moderne, la Chine prend la tête des exportateurs à l’échelle mondiale, devançant ainsi l’Allemagne. Avec 1 200 milliards de dollars, elle se place devant malgré un recul de 16% par rapport à 2008. Par ailleurs, dans le marché d’automobile, la Chine a vendu 13,5 millions de véhicules en 2009, soit 44% de plus qu’en 2008. Elle est ainsi devenue le plus grand producteur dans le secteur devant une industrie américaine en chute libre de 21%, pour atteindre 10,4 millions de véhicules. L’année 2009 est perçue comment étant l’année de la récession économique la plus importante depuis la seconde guerre mondiale. Mais cette image sombre ne concerne que les économies des pays avancés, c’est-à-dire américaine et européenne. Pour ce qui est de la Chine et d’autres pays émergents tels que l’Inde ou le Brésil, la tendance est bien différente. En effet, alors que l’économie américaine subit un recul absolu de 2,5% et celle de la zone Euro 3,9%, la Chine est loin certes des performances des années antérieures mais se stabilise à 8,4%. Qui dit mieux ? Creusons plus dans les faits : En 2000, la Chine produisait 16% de l’acier de la planète, elle est maintenant à 45%. Depuis 2000, elle a multiplié par trois sa production d’électricité et de ciment et est considérée comme l’usine du monde. Plus encore, son excédent commercial s’établit en 2009 à 198 milliard de dollars.

Devant tous ces faits, voilà maintenant des voix qui s’élèvent par ci par là, mettant du doute dans la solidité de l’économie chinoise et la pérennité de sa suprématie. Tout en restant dans neutralité, voilà les arguments :

D’abord, le poids de la chine dans l’économie mondiale est à relativiser étant donné les limites du point de vue qualitatif : c’est une économie à faible valeur ajoutée, notamment dans les produits technologiques (électronique et économie de l’information), qui représentent à eux seuls 37,5% des exportations chinoises. Ensuite, d'un point de vue structurel, le modèle économique chinois, dévolu à la phase d’assemblage, est critiqué pour sa faible capacité d’intégration, d’autant plus que les sociétés étrangères assurent 70% de la production et 85% des exportations. Enfin, le dumping monétaire pratiqué par la Chine depuis plusieurs années entretient un déséquilibre mondial qui ne cesse de gêner la reprise de l’activité dans les pays développés au détriment de leur marché de l’emploi, et qui reste toujours l’objet de critiques sérieuses de la part des économistes et du FMI.

Toutes ces données nous laissent perplexes quant à l’annonce d’un nouveau paysage économique mondial. Il semble toutefois que les donnes de l’économie n’ont pas trop changé : l’innovation technologique et la compétitivité restent toujours les maîtres mots de l’économie de demain.


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