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Marc-Antoine Jamet tacle Bruno Le Maire

Publié le 16 février 2010 par Gezale
Marc-Antoine Jamet tacle Bruno Le MaireMarc-Antoine Jamet, maire de Val-de-Reuil et tête de liste PS-PRG-MRC dans l'Eure à l'occasion des prochaines élections régionales, a été mis en cause, récemment, dans des journaux locaux. Il a souhaité répondre à ses détracteurs :
« La Dépêche de Louviers, dans sa dernière édition, me fait l'honneur, comme le Journal d'Evreux, autre hebdomadaire du même groupe décidément sympathique et ô combien indépendant, de me consacrer deux échos sur les trois qu'elle publie dans ses pages politiques.
Je l'en remercie chaleureusement. Autant de considération par ce titre ne m'a été, au cours des dix dernières années, que rarement réservée. Hélas ces vingt lignes, plutôt fielleuses, d'où il ressort que je suis, matériellement parlant, l'homme le plus à l'aise du moment, ne sont pas sans compter quelques erreurs ou imprécisions. Qui n'en fait pas ? Celles-ci doivent d'ailleurs être courantes. En effet, elles ne sont que redites ou reprises des discours de mon adversaire de droite, le ministre candidat, l'envoyé de Nicolas Sarkozy.
Après les avoir entendues, encore en janvier, à la halle aux toiles, à Rouen, lorsqu'il présenta ses voeux à ses partisans, on les retrouve maintenant, identiques, inchangées, dans des citations prêtées soit à lui-même, soit à son staff le même jour dans Paris-Normandie et 24 heures auparavant dans la rubrique des "indiscrets" du Figaro.
Il faut ici saluer l'oeuvre du maquettiste tant cette petite information, fort bien mis en valeur fut traitée selon une mise en page laissant peu de place au hasard et beaucoup à la proximité idéologique entre l'ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin, désormais membre du Gouvernement Sarkozy, et ce journal parisien. Soyons magnanime. Pure coïncidence ? Espérons-le. Quoi qu'il en soit, au contraire d'autres manoeuvres sur lesquelles je ne m'attarderai pas, c'est de bonne guerre bien que mon challenger de droite aime à dire qu'il se place exclusivement sur le terrain des idées. Faites ce que je dis. Ne faites pas ce que je fais.
Petit dérapage peu contrôlé, mais ô combien révélateur de sa personnalité. Ainsi, me voici, dans cet entrefilet remarquablement "informé", propulsé à la tête d'une scintillante fédération française des industries du luxe que je serais heureux de présider si elle n'avait le défaut de n'exister que dans l'imagination de ceux qui l'ont inventée à l'UMP. Je ne savais pas que la campagne électorale allait dériver sur les métiers exercés par les uns pour les autres ! A quand la famille, les enfants, les parents, hobbies, les habitudes les comportements ? Pas très élégant.
Dans ce petit groupe, on s'affole également du mot d'Alain Le Vern «la droite protège les hauts revenus, la Gauche défend les hauts normands». On fait mine d'y voir une attaque personnelle contre la supposée fortune de MM. Le Maire et Morin. Qu'ils se rassurent, il n'est pas question d'additionner ici la valeur des chevaux du Champ de course d'Epaignes, ni de déduire de la lecture du best-seller du Ministre de l'Agriculture, "Des hommes d'Etat", l'étendue de ses biens, pas davantage d'analyser leurs traitements et indemnités payés par le contribuable (beaucoup plus élevés, logiquement, que ce qu'ont jamais été mes émoluments dans la fonction publique au même age) avec ceux d'un salarié privé.
La société ne demande des comptes de leur administration qu'aux agents publics. C'est là une des différences entre intérêt général et activité particulière et elle est si importante qu'elle est inscrite dans le marbre de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen d'août 1789. A relire, donc, pour nos deux amis pendant les monologues élyséens ou les exposés de Ganelon Besson au conseil des ministres.
Par ce slogan de campagne, il s'agit simplement pour les socialistes de dénoncer l'attitude politique consistant à offrir à ceux qui ont le plus, un bouclier fiscal alors que ceux qui ont le moins sont confrontés à la fin de leurs allocations chômage, d'opposer les paradis fiscaux, la casse des retraites, l'étouffement des collectivités locales auxquels travaille l'actuelle majorité à la 5ème semaine de congés, aux 35 heures, aux emplois jeunes, à la décentralisation, à l'abolition de la peine de mort qui est le bilan naturel de la Gauche et des socialistes.
S'il y a une réponse à avoir sur ce point, elle est bien sur le fond. On comprend que le candidat conservateur botte en touche. Pour paraphraser Louis XIV, la touche, c'est moi. Sans disposer, comme mes parents et leurs parents avant eux et leurs ancêtres itou, du moindre patrimoine (à mes yeux la vraie richesse, celle des héritages et de l'accumulation de capital), je n'ai pas renoncé, au terme d'une évolution professionnelle qui ne doit rien à personne, si ce n'est à l'école, au travail et à la République, à défendre mes idées, mes valeurs, à prôner la solidarité, à proposer le paiement d'impôts plus importants par ceux qui en ont la capacité, à gérer une des communes les plus pauvres de France et à m'efforcer d'en améliorer la vie quotidienne.
La pente naturelle est, il est vrai, généralement différente. On commence révolutionnaire et on finit dans la droite pépère. Ce n'est pas mon choix. Maintenant cette méthode insinuante est connue. On a beau supprimer l'histoire en terminale, quelques souvenirs collectifs demeurent. Avant le Front Populaire, la droite classique, celle des gens biens, accusa sans relâche Léon Blum (à la demi cheville duquel je n'arrive pas !) d'avoir des couverts en or. C'était faux, mais cela faisait vrai. C'est ce qu'on appelle au mieux de la démagogie, au pire de la calomnie. Un jour les camelots du Roi voulurent le lyncher à un lampadaire. Que criaient les nervis de l'action française, l'extrême droite de l'époque, en entraînant l'homme des congés payés ? "On va pendre Blum la vaisselle d'or". Deux sergents de ville et des passants le sauvèrent.
La droite normande n'en arrivera jamais là. Elle est bien sûr moderne, incontestablement jeune. On nous le répète. On nous le rabâche. Il n'empêche. A supporter qu'on dise n'importe quoi, à défaut d'y laisser sa peau, on manque d' y perdre sa réputation…Alors, mieux vaut en rester à la vérité et les vaches, sans quotas laitiers, seront mieux gardées. Une dernière chose : la Dépêche ne m'a offert aucun droit de réponse. Cela va sans dire, mais pas moins bien en le disant…»

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