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Interview : Ombre Claire

Publié le 14 novembre 2007 par Doukyo
Marque de bijoux éthique créée il y a deux ans et demi, Ombre Claire mélange les références culturelles pour mieux surprendre. Les créations, réalisées par des artisans touaregs au Niger, sont autant d'invitations au voyage. Rencontre avec Aude Durou, créatrice de la marque.

Comment est née l'aventure Ombre Claire ?

Tout a commencé il y a deux ans et demi. Après des études de design et de conception textile, je me suis mise à créer des bijoux. J'ai alors rencontré Armand Ventilo qui m'a proposé de faire une exposition vente dans quelques boutiques parisiennes Ventilo et ça a super bien marché. Résultat, j'ai ensuite enchainé en participant au salon de mode So Ethic à Prêt-A-Porter Paris.

Comment s'est faite cette rencontre avec l'Afrique et plus particulièrement avec le Niger ?

Chez moi, l'Afrique fait vraiment partie de ma culture familiale. Mon père, qui est photographe (ndlr : Jean-Marc Durou), parcourt le pays depuis plus de 30 ans. Quant à ma mère, elle est peintre. Aussi, à la maison, il y a toujours eu beaucoup d'objets africains. Tout au long de mon enfance, mes parents ont souvent accueilli des réfugiés politiques africains et puis j'ai effectué beaucoup de voyages là-bas. Pour moi tout est donc très naturel.

Concernant la création pure, comment travailles-tu ?

A Paris, je dessine beaucoup de choses. Par exemple, j'aime le graphisme japonais mais aussi les dessins africains. J'aime mélanger les deux univers, soit le travail des Touaregs avec le style japonais.  Ensuite, je passe quatre à cinq mois par an au Niger. Sur place, je suis au contact des artisans et il se crée de véritables échanges. Souvent je leur amène des choses qu'ils n'ont jamais vu.

Parler de commerce équitable, c'est important pour toi ?

Je dois dire qu'au début je ne savais même pas ce qu'était le commerce équitable. Ne pas faire travailler les enfants, offrir une juste rémunération, tout cela me semble tellement évident. Aujourd'hui effectivement c'est devenu très important, mais je ne souhaite pas que les gens achètent mes bijoux pour la bonne action. C'est la création, l'artisanat qui sont importants. En regardant les bijoux, on doit trouver ça joli avant toute chose.

Depuis les débuts d'Ombre Claire, concrètement, qu'a permis de faire la marque sur place ?

Et bien, quand j'envoie 8000 €, je sais que je donne du travail à 50 personnes pendant un mois. Cela leur permet d'investir mais cela fait aussi évoluer des comportements. Par exemple, certaines femmes font désormais de vrai mariage d'amour car, grâce à la paye qu'elles perçoivent, elles peuvent se constituer une dot. Quant aux enfants, ils ont la possibilité d'aller à l'école, ce qui offre un avenir plus serein aux parents. Pour moi, tous sont devenus des amis.

Et pour la suite, que nous réserve Ombre Claire ?

D'abord, j'ai commencé à faire quelques vêtements. J'appose des tissus Wax sur des robes Babydoll ou sur des capelines. Bref, je mélange des tissus colorés sur des formes occidentales. Sinon, je voudrais aussi travailler le cuir avec une coopérative de femmes, mais aussi utiliser plus de couleurs, plus de matériaux différents. Par exemple, pour l'été 2008, j'ai introduit du bois blanc sur les bijoux en argent. Je me suis inspirée de la Scandinavie. Par la suite, j'aimerai travailler avec des pierres de Birmanie. Je trouve cela intéressant de faire découvrir aux artisans du Niger des choses qu'ils n'ont jamais vu, de les ouvrir à d'autres cultures. Pour moi, c'est ça le vrai échange !


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