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Non, à Lucien Bouchard

Publié le 18 février 2010 par Jclauded
L’ancien premier ministre du Québec, Lucien Bouchard, vient de faire une sortie remarquée sur la question de la séparation du Québec de l’ensemble Canadien. Lui qui fut chef du parti Québécois (PQ), parti séparatiste du Québec, mena une campagne référendaire extraordinaire pour le « oui » à la séparation. Il attint presque son objectif avec un vote de 49,42% favorable à son option. Jamais un si grand nombre de Québécois ne votèrent en faveur de l’indépendance du Québec.
Ce fut un chef charismatique, un orateur populaire à l'éloquence puissante et directe et qui livrait des discours enflammés et convaincants. Il toucha profondément chaque Québécois, même ceux qui votèrent contre son option. Il est un homme d’une intense sincérité et animé d’une ferveur rare et profonde de patriote.
Depuis sa démission, en 2001, comme chef du gouvernement et du PQ pour rejoindre un important bureau d’avocats à Montréal, il a été généralement discret sur les affaires du Québec, sauf en 1955 lorsqu’il regroupa autour de lui une douzaine de personnalités québécoises, penseurs et personnes d’affaires, pour évaluer la direction que prenait le Québec face aux problèmes qui le confrontent. Ce groupe publia un manifeste « Pour un Québec lucide » qui fut généralement bien accepté mais vite dénoncé par la gauche et les milieux altermondialistes et écologistes.
Aujourd’hui, Lucien Bouchard affirme « Dans l'immédiat, au Québec, on a autre chose à faire qu'attendre quelque chose qui ne vient pas vite (l’indépendance du Québec) », lui qui estime que le Québec a d'urgents problèmes économiques à régler et que les Québécois ne veulent pas actuellement de la séparation. De plus, au passage, il dénonce le nouveau radicalisme du PQ et ajoute que ce dernier est fermé aux néo-québécois. En somme, il dénonce le leadership de la chef actuelle Pauline Marois.
Certains observateurs se demandent si Lucien Bouchard ne souffre pas de nostalgie et pense à revenir à la tête du gouvernement. C’est vrai qu’il y a des problèmes importants à régler dans notre province, particulièrement le décrochage scolaire et les sérieux défis à relever que posent la santé, l'économie et l'assainissement des finances publiques.
Lucien Bouchard a gouverné le Québec. L’a-t-il bien gouverné ? Si j’avais à lui donner une note sur 10, ce serait 4.
C’est Lucien Bouchard qui a démantelé le système de santé au Québec, au nom de supposées économies, en forçant des dizaines de milliers d’infirmières d’expérience et de nombreux médecins à la retraite. Les chirurgiens et le personnel médical du Québec a dénoncé alors et avec raison cette décision intempestive et non réfléchie. Elle a abouti sur le désastre que connaît depuis notre système de soins de la santé. Pas brillant M. Bouchard !
Lucien Bouchard a fusionné, de force, un très grand nombre de municipalités du Québec et cela malgré tous les référendums fortement majoritaires (à plus de 90%) contre la fusion, tenus dans ces municipalités. L’opinion des contribuables ça ne comptait pas car c’est lui qui avait raison, pensait-il. Démocrate, M. Bouchard ?
Par exemple, il a fusionné toutes les municipalités de l’île de Montréal, dont Montréal, une vingtaine, et a démantelé la Commission Urbaine de Montréal qui assurait des services communs à toutes ces municipalités et favorisait la répartition des dépenses à tous les occupants de l’île. Nous avions un système qui marchait bien et qui nous a donné l’Exposition internationale et universelle de 1867, les Jeux Olympiques de 1976 et le Montréal moderne. Certes, il y avait place pour améliorations et elles étaient réalisables. Le résultat fut un désastre. Des centaines de millions de $ ont été dépensés pour la « réorganisation » de la nouvelle grande ville et sa « désorganisation-réorganisation » suite à la « défusion » de villes qui décidèrent, par après, par référendums (qui furent reconnus cette fois) qu’elles ne voulaient plus s’unir avec les autres. De la folie furieuse !
Partout au Québec, les taxes foncières ont augmenté considérablement, dépassant les 50%. Dans mon cas personnel, ce fut 100%. Pourquoi ? Pour avoir de meilleurs services municipaux…? Sûrement pas, car de l’avis de tout le monde, ils sont pires qu’avant; pour assurer une plus grande efficacité dans les tâches comme l’enlèvement de la neige…? Sûrement pas, car depuis c’est la pagaille et la ville recommande même aux citoyens d’ajouter des « crampons » à leur bottes pour éviter de glisser sur la glace des trottoirs; pour assurer plus d’intégrité dans l’administration des fonds publics…? Sûrement pas, car jamais tant de cas de corruption ont été découverts et des dizaines d’enquêtes policières sont en cours, etc.
L’administration a été décentralisée vers les villes fusionnées, devenues arrondissements, et le manque de coordination avec la ville-centre a créé des problèmes d’administration cacophoniques. On a même entendu, lors de la dernière élection municipale, les contribuables réclamer l’abolition des arrondissements pour retrouver la ville à gouvernement unique… C’est à en pleurer !
Et cela, c’est la responsabilité directe de Lucien Bouchard. Et il y a beaucoup d’autres cas que ce pourrais citer, particulièrement dans le monde de l’éducation… Pour moi, il fut le pire premier ministre que le Québec ait connu depuis 50 ans. Je ne dis pas qu’il n’a pas raison dans ce qu’il avance aujourd’hui. C’est facile de parler surtout lorsqu’on le fait sans se contrôler. Je ne me fie plus à lui ni à ses dires car je le juge sur ses actions passées.
Le Québec ne peut se payer le luxe de suivre Lucien Bouchard à nouveau.
Claude Dupras

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