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Campagne régionale en Ile de France - Chantal Jouanno et Valérie Pécresse : les deux font la paire… de gourdes ! (3)

Publié le 19 février 2010 par Kamizole

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Même rigolade en lisant ce titre sur Le Monde Valérie Pécresse : “Mon rôle est d’humaniser le Grand Paris”, l’article étant à l’avenant. Témoignant tout comme le programme de Chantal Jouanno d’une belle méconnaissance de la vie quotidienne des Parisiens et – surtout – des banlieusards et s’asseyant de même sur les prérogatives respectives des collectivités territo-riales. Mais nous connaissons suffisamment le peu de cas fait par Sarko et consorts de la stricte légalité pour en être réellement étonnés.

D’abord, il faudrait que Valérie Pécresse connaisse le sens des mots humanisme et humaniser. Je ne vois pas au demeurant comment l’on pourrait mettre de l’humain dans un projet qui vise uniquement les intérêts des promoteurs et se contre-fiche totalement de chasser les pauvres de leurs logements actuels, proches de gares. De surcroît, je lis dernièrement toujours dans 20 minutes un article qui traite des derniers arbitrages en matière de constitution des listes départementales pour cette élection Colère d’élus UMP contre Valérie Pécresse qui conforte ce que je pense de son grand cœur : «Pécresse c’est la rudesse, il vaudrait mieux que ce soit la tendresse», dixit Eric Raoult…

En outre, Valérie Pécresse a le culot de prétendre «J’ai vu les impôts régionaux augmenter de 60 %, pourquoi faire ? Il a fallu que le président de la République intervienne en personne pour que les usagers du RER A qui sont 1 million à se presser chaque matin voient enfin arriver des rames à deux étages».

«Hou ! la menteuse !»… Son nez va drôlement s’allonger ! Mais mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose. Les faits – surtout comptables et fiscaux - sont aussi têtus que mémé Kamizole mais tout le monde ne perd pas autant de temps à les aller vérifier. Je savais bien que je n’eus pas manqué de relever une telle hausse sur mes avis d’imposition, taxe d’habitation ou foncière. J’ai vérifié et j’ai constaté qu’ils avaient même enregistré des baisses. Ce que j’ai vérifié sur le site de Jean-Paul Huchon à la Région sur ce sujet : Depuis 2004, 5 ans sans augmentation.

Itou pour l’intervention de Sarko sur les rames à deux étages… Il est allé jusqu’à Orléans pour en parler lis-je sur un article de Wikipedia consacré à cette controverse. Le mardi 20 mai 2008, Nicolas Sarkozy, président de la République, assure lors d’un discours sur l’environ-nement à Orléans que l’État prendrait en main le dossier de la modernisation de la ligne du RER A si les «oppositions stériles» et les «querelles politiciennes locales» retardaient les investissements nécessaires. «Si l’État doit reprendre la main, l’État la reprendra», a alors menacé le président de la République.

Jean-Paul Huchon a eu beau jeu de lui rappeler que l’État est «le seul actionnaire de la RATP» qui exploite cette ligne ! en même temps que de qualifier de «manœuvre politicienne» les déclarations du chef de l’État à cet égard. Et ce d’autant que je souligne encore une fois que les Régions ne sont compétentes en matière de transports régionaux que depuis 2004 et que Jean-Paul Huchon ne préside le STIF que depuis 2006 : auparavant, le président en était le préfet de Paris. CQFD…

Le 27 mai 2008 Nicolas Sarkozy a annoncé sur la station de radio RTL que la RATP mettrait entre 250 et 300 millions d’euros pour la modernisation de la ligne RER A. Le même jour et également sur RTL, Jean-Paul Huchon, répond à Nicolas Sarkozy en annonçant que le STIF financera bien la moitié de la modernisation du RER A. «Bien entendu le STIF, les collectivités locales, la Région mettront leur part à 50/50 comme nous le mettons de manière générale sur les transports», ajoutant - un brin perfide - «Je suis bien content que l’État, principal et unique actionnaire de la RATP et de la SNCF, fasse son devoir d’actionnaire».

J’aimerais savoir si la promesse de Sarko a bien été tenue, tant nous sommes habitués à le voir recycler à l’infini les mêmes promesses de subventions.

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Il reste au demeurant qu’il ne s’agit que d’une première tranche de rames à deux étages et que le renouvellement de toutes les rames demandera 2,5 milliards d’euros…

L’Etat – actionnaire unique de la RATP - y contribuera-t-il également à concurrence de 50 % ? Plutôt que d’ôter la compétence de la Région Ile de France en matière de transports, ce qui est en projet dans le programme de «Grand Paris». Quel avantage pour nous, les banlieusards de la “Grande couronne” ? Nicolas Sarkozy ne sait que casser. Après lui, le déluge. Tristesse et désolation.

Valérie Pecresse sarkonne grave et comme Chantal Jouanno ne tient nullement compte des compétences réelles dévolues par la loi aux Régions. Par exemple, quand elle propose «des crèches dans les gares»… Qu’elle aille le suggérer aux maires ! Il est évident que si ceux-ci sont d’accord, la Région inciterait la SNCF et la RATP – pour le RER – à mettre des locaux ou des terrains à disposition des édiles et apporterait sa part de subventions. Mais la Région ne saurait en aucun cas être maître d’œuvre de projets qui échappent à sa compétence stricto sensu.

Il n’empêche. Ne voulant ni admettre que la Région ne pouvait tout faire en matière d’améliorations des transports en seulement 6 ans ni reconnaître les grands efforts accomplis pendant cette période, elle se pose en redresseuse de torts. Régionales : Valérie Pécresse demande un audit du STIF… , lis-je sur 20 minutes : L’UMP attaque le PS sur ses comptes. Syndicat des transports d’Ile de France que Jean-Paul Huchon ne préside que depuis 2006.

Ce sont ses projets pour les 6 ans à venir qu’elle entend fustiger. Peu lui importe d’ailleurs qu’ils améliorent les conditions de transports des Franciliens. En bonne UMP et digne épigone de Sarko, il n’y a que le flouze qui l’intéresse et ce n’est certainement pas pour le bien des administrés et usagers.

Or donc, elle pense que la situation financière serait critique en 2011 en cas de victoire de la gauche : «Pass Navigo dézoné le week-end et les jours fériés, transports gratuits pour les jeunes en insertion, tarif unique à 65 euros, ticket à 1 euro, qui paiera ?»

Pécresse se fout carrément de notre gueule ! Et ment à tire-larigot, ce qui n’est guère surprenant, venant d’une ministre de Nicolas Sarkozy pratiquant le “mensonge permanent” comme méthode de gouvernement.

Et d’une : le tarif unique de 65 euros n’est absolument pas une proposition figurant sur le programme de la liste socialiste mais d’Europe Ecologie – brillamment

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représentée par Cécile Duflot qui doit être toute marrie de se prendre un splendide râteau ! Elle ne se sentait plus pisser après l’élection européenne et a cru bon de snober les socialistes… D’ailleurs Clio m’a appelée hier en fin d’après-midi pour me dire qu’elle avait été traitée de “gourde” – une de plus ! - par Elisabeth Badinter dans l’émission de la 5 «C’ dans l’air» au sujet de l’allaitement maternel… réjouissant !

Et de deux : Jean-Paul Huchon a tout à fait raison de d’accuser Pécresse de “dire un peu n’importe quoi”. C’est en effet Yves Jégo - tête de liste UMP - qui propose un pass “30 euros” qui coûterait “1,5 milliard” par an ! alors que Jean-Paul Huchon, qui a chiffré son programme (dont un tarif unique le week-end) retient l’hypothèse “d’une centaine de millions d’euros au maximum”

Et de trois : Jean-Paul Huchon ne propose en effet que le Pass Navigo à tarif unique le week-end, soit «La libre utilisation du Pass Navigo le week-end et les jours fériés sur toute l’Ile-de-France quel que soit l’abonnement», lis-je sur Libération. Ce qui n’est du tout la même chose. La proposition des Verts devra être étudiée – elle est certainement moins démago que le pass à 30 euros de Jégo ! - mais elle ne me semble pas à l’ordre du jour actuellement.

Le tarif unique avait en effet été évoqué à l’atelier sur les services publics auquel j’avais participé lors d’une journée de travail des socialistes du Val d’Oise mais il est aussi démagogique qu’absurde de lancer des chiffres sans une étude préalable sérieuse. Il faut en effet trouver un juste équilibre pour opérer une sorte de péréquation entre les zones les plus éloignées de la capitale – je rappellerais encore une fois que l’actuel Conseil général a supprimé les zones 7 et 8 qui coûtaient bonbon aux usagers les plus éloignés – et les usagers parisiens qui ne payent que 56,60 euros par mois pour les zones 1 et 2 tout en bénéficiant d’une offre de services – métro, bus, tram, RER – sans commune mesure avec ceux de la grande couronne, l’abonnement mensuel pour les zones 1 à 6 coûtant 123,60 euros. Etant entendu que tous les banlieusards n’habitent pas forcément aussi loin.

On ne saurait donc proposer un tarif unique qu’à l’issue d’une étude statistique sérieuse portant sur le nombre d’usagers potentiellement concernés par zones et les coûts réels d’une telle opération. Il est évident que c’est bien plutôt la proposition de Jégo que Pécresse devrait fustiger avec la hargne qui est sa marque de fabrique.

Et de quatre : je ne sais pas où Valérie Pécresse est allée pêcher le ticket de métro à un euro… Je n’ai rien trouvé de crédible à ce sujet sur Google. Quand je dis crédible, j’entends une proposition de campagne reprise par la presse. Serait-ce aussi fantaisiste et insupportable pour les finances du STIF, sachant que si le ticket de métro acheté à l’unité vaut 1,6 euros – ce qui est sacrément cher – il ne vaut que 1,16 euros l’unité quand il est acheté par 10 ?

Enfin, Valérie Pécresse fait montre d’un solide mépris envers les pauvres en critiquant la gratuité pour les jeunes en insertion. Pour mémoire, la Région a institué progressivement la gratuité totale pour les Rmistes et les bénéficiaires de minima sociaux ayant droit à la CMU. Ce qui est une sacrée avancée sociale. Qu’elle se dépêcherait très certainement de supprimer… Haine atavique des «salauds de pauvres».

Elle n’en prétend pas moins, qu’élue à la tête de l’exécutif régional elle serait la première contrôleuse – avec une casquette sur la tête ? – des services publics de transport… encore faudrait-il qu’elle les prenne… malgré ses affirmations auxquelles je n’accorde aucun crédit… Elle aurait mieux fait de participer assidûment aux travaux du Conseil régional : Jean-Paul Huchon a beau jeu de pointer son absentéisme chronique. Idem d’ailleurs pour Nathalie Kosciusko Morizet…

Pour mieux accréditer l’idée que Jean-Paul Huchon et son équipe du Conseil régional feraient valser l’argent des transports publics, Valérie Pécresse demande un audit du STIF lis-je sur Le Figaro. Prétendument “Pour éviter que le STIF ne connaisse le même sort que la région, prise dans la spirale de l’endettement pour couvrir ses dépenses de fonctionnement, elle exige un audit public, indépendant et préalable à l’élection des comptes du STIF”… J’ai les plus grands doutes sur l’indépendance de l’organisme qu’elle choisirait… Quant à ses porte-parole - Rama Yade et Frédéric Valletoux – ils ne manquent pas d’air en parlant d’”opacité” et de “situation inacceptable”. Qu’ils aillent plutôt interroger Nicolas Sarkozy sur le budget de l’Elysée !

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Bien entendu, Jean-Paul Huchon ne pouvait laisser passer cela sans réagir. Huchon veut rétablir sa vérité sur les transports ais-lu dans L’Express et “apporter son point de vérité, car il a “assez entendu de mensonges”. Moi aussi et franchement, la mère Pécresse est gonflante… Ce n’est rien de le dire. Elle «répète au fil des semaines que le mandat Huchon n’est qu’inaction». Bien entendu, puisqu’elle ne prend pas les transports en commun, elle est donc bien incapable de mesurer tout ce qui a été fait depuis 2004 !

Il répond donc en deux points. Sur le contrôle des finances du STIF. “le STIF est un établissement public qui possède un agent comptable au Trésor qui vérifie tous les comptes, Valérie Pécresse devrait se renseigner auprès de ses amis politiques”. Et toc !

Même chose sur les incontestables améliorations apportées en 6 ans aux transports publics en Ile de France – même s’il reste incontestablement beaucoup à faire. Jean-Paul Huchon, «à la tête de la région depuis 1998 mais du STIF seulement depuis 2006, entend poursuivre les projets qu’il a lancés durant sa mandature. “Nous avons fait plus en trois ans que ce qu’a réalisé l’Etat en trente ! Mais on ne peut pas construire des transports en claquant des doigts et je ne peux pas faire plus vite que la technique”

A suivre…


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