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Lecture in progress : Bellefleur...

Publié le 20 février 2010 par Mmepastel
Lecture in progress : Bellefleur...

Lecture in progress : Bellefleur (III).

Mahalaleel.

C’est le premier personnage à être mis en valeur dans le roman ; à la fin du premier très grand paragraphe (qui n’est en fait qu’une seule phrase), voici son introduction : “Ce fut cette nuit tumultueuse, balayée par la pluie, que Malahaleel arriva au manoir des Bellefleur, situé sur la rive orientale du grand lac Noir, où il devait rester près de cinq ans.” Il faut attendre la page 23 pour comprendre de quelle nature est ce personnage : “Ce dut être une humeur, cette nuit de septembre anormalement chaude, qui l’incita (Leah-dont on parlera plus tard) à se disputer avec son mari : ce dut être une humeur qui la poussa à descendre en courant au rez de chaussée et à donner asile à Malahaleel. Elle savait, bien sûr, que la présence de ce chat rendrait fou le pauvre Gideon… Et c’est ce qui arriva.”

Lorsque enfin Leah ouvre la porte, elle tombe, ainsi que toute la maisonnée, nez à nez avec “une créature squelettique pas plus grosse qu’un rat, au poil sombre trempé, aux côtes saillantes, aux moustaches gris-argent cassées, à la queue pendante, inerte, mince comme un lacet.” Contre l’avis de tous, Leah se moque de l’apparence répugnante de la bête et lui offre chaleur et nourriture.

Le lendemain, quand la femme de ménage entre dans la cuisine : “elle jeta un oeil sur l’animal près du feu -un seul regard, puis elle poussa de grands cris et courut trouver sa maîtresse. Ce n’était plus la misérable bête affamée à l’apparence de rat de la veille qui dormait sur le foyer de la cheminée, mais un chat d’une beauté extraordinaire : un énorme chat aux longs poils avec une fourrure rose-cuivrée, soyeuse et bouffante, une queue élégante, toute en plumes, de longues moustaches argentées bien droites, frémissantes de vie.”

Là vous commencez à saisir l’esprit du livre, n’est-ce pas ?

“À partir de ce jour, Malahaleel, ce mystérieux animal, vécut avec les Bellefleur ; il put aller et venir dans tout le château et fut tenu dans une admiration respectueuse par tout le monde -c’est-à-dire, tout le monde sauf Gideon. Il ne pouvait s’empêcher de temps en temps de se dire qu’il eût mieux fait de briser le cou de l’animal cette nuit d’orage. Car il sembla (pourquoi ? Personne ne le savait) que tout avait commencé cette nuit-là. Et dès lors, il fut impossible de revenir en arrière.”


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