Magazine Dom-Tom

Propriété à la polynésienne

Publié le 15 novembre 2007 par Argoul

Depuis que « l’empereur » Oscar avait promis à tous les Polynésiens de leur rendre « leurs terres », fleurissent un peu partout des occupations et des banderoles réclament les « terres royales » ou les terres des ancêtres ! Chacun a gardé ou retrouvé un vieux plan cadastral et fonde ainsi sa réclamation. Or, depuis le temps, les terres ont été vendues, revendues, construites de bâtiments officiels ou privés. Les familles installent des campements avec confort relatif et campent sur « leurs terres ». Il faut alors à la force publique les déloger, suite à une décision du tribunal. Le 22 août, c’était devant l’Assemblée de Polynésie que s’étaient installés les revendiquant – avec un grand calicot : « C’est nous, famille X, qui sommes PROPRIETERRE ! ». Leur aïeul habitait peut-être là avant la construction de l’Assemblée de tous. Ils ont été délogés rapidement.

Ce soir, il y avait un grand écriteau sur la porte palière du deuxième étage de mon immeuble. Il y était écrit : « Veuillez remettre les sandales volées sur le paillasson du 205 ». J’avais en effet remarqué depuis peu des savates sur ce paillasson. Ce sont celles de nouveaux Popaa qui ont emménagé depuis peu. Cette paire a dû séduire quelqu’un qui passait par là. Il a jugé qu’elle était à sa pointure et de bonne qualité. On ne « vole » pas, à Tahiti, on emprunte… Mais je crains fort que ces estimables personnes ne retrouvent pas leurs sandales. En effet, ici ce sont des… savates !

Je pars faire quelques courses chez Champion, toujours équipée de mon petit sac à dos qui contient mon nécessaire de femme. A l’entrée, un tout jeune agent de sécurité m’interpelle :
« Madame, pose ton sac, là.
- Impossible, jeune homme, c’est mon baise-en-ville !
»
Le jeune agent, tout neuf dans son uniforme, me regarde bizarrement. Derrière lui, une responsable du magasin éclate de rire.
« Laisse passer la dame avec son sac, c’est bon ! »
La bouche entrouverte, le jeune agent me laisse passer. Mais il n’a toujours rien compris.

Les nonos, vous connaissez tous la bestiole… Enfin, si vous êtes des îles. C’est un minuscule moucheron qui pique d’une façon horrible. Que de démangeaisons ! Kaukura, atoll des Tuamotu, a envoyé à Papeete une délégation dans le but de trouver une solution à l’invasion de nonos. Ceux qui connaissent les Marquises et Moorea savent ce que j’évoque. D’après l’institut Louis Malardé, il existe trois types principaux de nonos en Polynésie : le nono des marécages, le nono blanc des plages (le purutia, le plus répandu aux Marquises), et le nono des rivières (qui est plus rare). Or, selon les chercheurs, rien n’explique l’invasion de l’atoll par les nonos ! Leurs gîtes habituels sont marécageux. Ce sont dans des points humides ou dans la vase que les nonos se reproduisent. Voire dans un mélange d’eau salée et d’eau douce pour les nonos des plages. La seule solution qui est venue à l’esprit de l’institut est de boucher les gîtes et de remblayer les vasières… Rien que ça ! En d’autres termes, il faut disposer de fonds ! L’origine de ces nonos là reste imprécise. Peut-être sont-ils venus d’ailleurs. La rumeur voudrait qu’ils soient peut-être arrivés en clandestins, dans du sable contaminé apporté par un navire allemand qui provenait d’Amérique du sud…

Maiao est cette petite île où l’étranger ne peut demeurer. Il peut venir y passer la journée, mais il ne peut pas y dormir ni rien y posséder. Depuis l’an passé, les écoliers de Maiao sont transportés chaque jour en hélicoptère jusqu’à Moorea. Ce sont 14 élèves ! Afin de poursuivre leurs études, les écoliers de cette petite île doivent être internes à Moorea, l’île la plus proche de la leur qui dispose d’un collège. Le Territoire leur a construit un petit lotissement de quatre fare, où un personnel d’encadrement les accueille. Ils assurent la préparation des repas, les tâches ménagères, la surveillance des études, les occupations durant les petites vacances… L’an dernier il y avait 7 internes, cette année 14. La dépense publique pour assurer une éducation égale est forte. Mais l’an passé, les élèves de Maiao étaient tous têtes de classe !

Sabine


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