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Critique expresse du nouvel album de Joanna Newsom : Have...

Publié le 23 février 2010 par Mmepastel

Critique expresse du nouvel album de Joanna Newsom : Have One On Me.

Enfin disponible aujourd’hui sur itunes! (En écoute, le morceau qui ouvre l’album).

Tout d’abord un commentaire sur la pochette : l’ensemble est baroque et chargé ; dans une mise en scène comme pour les vieilles photographies, Joanna apparaît allongée et en robe de soirée sur un divan couvert de divers tissus et tentures ; autour d’elle, des guéridons ouvragés chargés de lampes roccocos et de statuettes de mains, de paravents colorés; derrière elle un tableau ancien et pâle, japonisant ? Et surtout, tout un cortège d’animaux empaillés ou statufiés : faon, cerfs, paon. Bref, un univers encombré mêlant le joli, l’inquiétant, le féminin, le kitsch… L’ensemble, très “girly”, est à mon avis complètement contrarié par les deux bandes qui encadrent l’image et annoncent son nom et le titre de l’album : sur un fond noir, l’écriture est blanche avec une police agressive et plutôt moche. Façon encore de brouiller les pistes et d’accommoder les contraires ?

En tous cas, avec cette pochette on est d’emblée rassurés : Joanna Newsom est toujours elle-même, un peu folle, et son monde est toujours aussi personnel.

Voici la tracklist de ce triple album qui ne réserve pas moins de deux heures d’écoute:

Disc 1 -1.”Easy”  6:04 -2.”Have One On Me”  11:02 -3.“‘81”  3:51 -4.”Good Intentions Paving Company”  7:02 -5.”No Provenance”  6:25 -6.”Baby Birch”  9:30 Disc 2 -1.”On A Good Day”  1:48 -2.”You And Me, Bess”  7:12 -3.”In California”  8:41 -4.”Jackrabbits”  4:23 -5.”Go Long”  8:02 -6.”Occident”  5:37 Disc 3 -1.”Soft As Chalk”  6:29 -2.”Esme”  7:56 -3.”Autumn”  8:01 -4.”Ribbon Bows”  6:10 -5.”Kingfisher”  9:11 -6.”Does Not Suffice”  6:44

Passons maintenant à notre première écoute (limitée par l’incompréhension totale des textes- je le déplore et le confesse- pour moi, il faudra les voir écrits pour y saisir quelque chose). Joanna Newsom est toujours aussi exigeante avec son auditeur : les chansons durent pour la plupart entre six et neuf minutes (à quelques exceptions près) dans lesquelles elle chante quasiment tout le temps, comme d’habitude, ce qui réclame notre attention constante. Certains trouvent cela fatigant, et d’autres s’en régalent. Je fais plutôt partie du deuxième camp. Car la demoiselle chante des mélodies originales et étonnantes, à tiroirs pourrait-on dire, sans jamais perdre le fil, nous happant avec son grain de voix si particulier et ne nous lâchant plus.

Première remarque : son chant a considérablement évolué ; il est beaucoup plus doux et plus aigu, elle a presque totalement renoncé à ses fameuses fins de phrases un peu “grognées”. Pour tout dire, ses vocalises évoquent franchement les débuts de Kate Bush. Ensuite, la harpe est moins présente sur cet album que sur les précédents. Elle a fait de la place pour le violon (ce qui n’est pas inhabituel -omniprésent dans Ys) mais aussi pour le piano, l’orgue, des volutes de trompettes et des brumes de flûtes (Soft As Chalk, Kingfisher, Autumn), et même pour la guitare électrique (!!) (Baby Birch), ce qui est une façon (ré)créative d’élargir son champ musical. De plus, à part certains morceaux qui font penser à ce que l’on connaît déjà d’elle comme 81 ou Jackrabbits, elle a évolué en enrichissant et variant ses compositions, tout en faisant un pas vers nous : il apparaît que ses chansons sont plus accessibles que précédemment, mélodies moins torturées, chant plus doux, certaines même vous donneraient presque envie de taper du pied (le piano étant souvent utilisé de manière rythmique comme dans certaines chansons de Kate Bush et Joanna a recours parfois à certaines percussions (Occident)) !

Coups de coeur :

  • pour la chanson inaugurale de l’album Easy, petit bijou vaporeux et caressant, léger comme une plume volant au vent.
  • pour Good Intentions Paving Company dont on a déjà parlé ici.
  • pour Soft As Chalk pour le piano tantôt rythmant une chanson mid-tempo, tantôt évoquant les variations de musique de saloons, et des envolées vocales aériennes.

Bref, pour conclure, nous gageons ici que cet album va rencontrer un plus large public sans que pour autant Joanna Newsom n’ait renoncé à l’exigence de sa musique et à l’originalité de ses compositions. Album-somme, synthèse des talents multiples de l’artiste, renouveau sans trahison. Une totale réussite.

Critique expresse du nouvel album de Joanna Newsom : Have...

Comic signé GM, apparaissant sur le site de Drag City.


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