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Iran : une vidéo embarrassante pour la police

Publié le 23 février 2010 par Delphineminoui1974

Jusqu'ici, Jusqu'ici, c'est aux Gardiens de la révolution et à la milice des bassidjis qu'était principalement imputée la violence de la répression post-électorale. La police, disait-on, a toujours préféré rester en retrait. Une vidéo exclusive (voir ci-dessus) diffusée hier soir, par le programme persan de la BBC la montre, pourtant, sous un autre jour... Les images sont inédites. Elles correspondent à l'attaque, commise le dimanche 14 juin au soir - soit deux jours après l'élection présidentielle - contre le dortoir des étudiants de l'université de Téhéran.

On y entend de nombreuses rafales de tir. On y reconnaît également les forces spéciales de la police, équipées de casques et de matraques, et épaulées par des miliciens en civil (connus sous le nom de « lebas chakhsi ») se ruer dans l'enceinte de la cité universitaire et faire la chasse aux jeunes opposants qui, du haut des toits, manifestent leur colère en jetant des pierres et en scandant : « Démission ! Démission ! » (en référence à l'élection contestée d'Ahmadinejad).  

Après plusieurs tentatives, les assaillants finissent par pénétrer à l'intérieur des dortoirs -où de sérieux accrochages les opposent aux étudiants - . La caméra, postée dans la cour du dortoir, se fixe, elle, sur les jeunes blessés, à moitié conscients, évacués un à un, et entassés au sol sous une pluie d'insultes.

Cette violente rafle a déjà été longuement évoquée, l'été dernier, par la presse locale et internationale. Selon différents témoignages, au moins cinq jeunes auraient péri lors de cette attaque, dans laquelle la police nia toute implication. Mais c'est la première fois que des images documentent ce terrible événement.

Indice troublant : les images n'ont pas été prises par une de ces nombreuses vidéos amateur que les opposants utilisent pour illustrer les manifestations post-électorales. Le caméraman - qu'on entend parler à plusieurs reprises - semble faire partie de l'équipe des assaillants. A un moment donné, on l'entend même dire distinctement que l'attaque a été ordonné par Rasool Azizolah Rajabzadeh, le chef de la police de Téhéran au moment des faits - aujourd'hui à la retraite -. Mais la violence semble, également, prendre le caméraman au dépourvu. A plusieurs reprises, on l'entend dire : « Ne le frappe pas ! Ne le frappe pas ! ». Des propos repris par certains bassidjis...

Faut-il voir dans cette vidéo - une fuite, sans doute - (dont voici un plus long extrait ci-dessous) la volonté des Gardiens de la révolution de rejeter la faute sur le dos de la police ? Selon un observateur iranien, les différentes forces ayant participé à l'assaut sont composées à la fois des unités spéciales de la police, des commandos des Pasdaran, des « lebas chakhsi » et des agents de renseignements.

« Elles agissaient sous les ordres de Sarallah - le quartier général de la coordination des bassidjis - dirigé par Hossein Taeb, qui agit sous la responsabilité directe du cabinet du guide », dit-il. D'après lui, « ces images sont probablement le fait de fuites internes à ces forces et illustrent les règlements de compte en cours, chacun rejetant la responsabilité sur l'autre ». 


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