Sartrouville: actes de barbarie sur une fillette

Publié le 16 novembre 2007 par Willy

Sartrouville: actes de barbarie sur une fillette
Par http://info.france2.fr/

Un couple des Yvelines a été mis en examen et écroué jeudi soir pour actes de torture sur leur fille adoptive

La fillette, adoptée à 3 mois, aujourd'hui âgée de 4 ans, présente de multiples marques de coups qu'elle aurait subis, selon les médecins, depuis l'âge de 6 mois. Elle est actuellement en convalescence à l'hôpital Necker à Paris.
Les deux parents, qui réfutent être les auteurs  des sévices encourent 30 ans de réclusion.

Os fracturés, cheveux arrachés
"Jamais une enfant aussi jeune n'a présenté un tel tableau clinique de sévices selon les médecins de Necker, à l'origine du signalement au parquet", a rapporté à l'AFP Luc-André Lenormand, vice-procureur à Versailles.
Six de ses dents et des poignées de cheveux ont été arrachés, plusieurs os ont été fracturés à des âges différents, sa peau est dépigmentée à de multiples endroits probablement à cause de l'ingestion de produits corrosifs qui lui ont ulcéré la langue et l'oesophage, ses bras sont marqués par des cicatrices de morsures humaines et ses oreilles, déformées par des coups.
"Les médecins pensent qu'elle a été frappée dès 6 mois, âge où elle a perdu  l'usage d'un oeil à la suite probablement de violentes secousses", a encore rapporté le magistrat.
Les médecins qui n'ont pu encore finaliser un examen gynécologique, soupçonnent par ailleurs l'existence de sévices sexuels.
D'origine marocaine, la fillette, née à Meulan (Yvelines) a été adoptée à 3 mois par ce couple, déjà parent d'un enfant biologique de deux ans son aîné, expliquant avoir adopté "par choix culturel".
Lui, un ingénieur agronome Rmiste âgé de 46 ans, elle, 40 ans, sans emploi, d'origine algérienne, ont été placés mardi en garde à vue.
"Ils nient tout, excluant tout acte de violence. Pour eux, leur fille est fragile et souffre de vertiges et de plusieurs pathologies", a ajouté M. Lenormand.
Chez eux, les enquêteurs n'ont rien trouvé de particulier : l'enfant disposait d'une chambre, encore en travaux, mais avec un lit et des jouets.
"Ils avaient une excellente réputation, racontant à leur entourage qu'ils  avaient tiré le mauvais numéro, que leur fille allait mourir", a-t-il précisé.
Le syndrome de Münchausen
"Ils consultaient constamment pour obtenir des examens complémentaires répétés, prétendant ignorer la cause des symptômes : c'est ce qu'on appelle le syndrome de Münchhausen", a dit le vice-procureur évoquant le nom médical donné à une pathologie rare d'affabulation de l'adulte qui inflige des sévices à un  enfant pour attirer l'attention.
Trompés par ce zèle, les praticiens n'ont rien décelé, si ce n'est un pédiatre de Sartrouville, qui, en 2004, fait une "demi ligne de signalement de  maltraitance", rapidement classé.
A Necker où l'enfant a été hospitalisée quatre fois depuis août, une quinzaine de spécialistes se sont penchés sur son cas, recherchant notamment des maladies orphelines.
"Remarquant la régression rapide des symptômes avec uniquement des antibiotiques et la séparation d'avec sa famille, les médecins ont conclu  unanimement à des sévices", a précisé le vice-procureur.
Vive et intellignete
La fillette, décrite comme une enfant "bien charpentée" mais souffrant de malnutrition (elle était nourrie de bonbons et de gâteaux apéritif), reste muette quand on l'interroge sur sa famille. Vive et intelligente selon les médecins, elle est aussi présentée comme un "petit animal soumis" qui ne réclame pas ses parents.