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Et les victimes... Une école complètement fisurée par l...

Publié le 27 février 2010 par 509
Et les victimes...

Et les victimes...


Une école complètement fisurée par l...

Une école complètement fisurée par le séisme

A entendre les déclarations du président de la République, René Préval, et du Premier ministre Jean Max Bellerive, depuis le tremblement de terre, les priorités de la nation se résument aux infrastructures et à l'agriculture dans un premier temps, puis à des abris et la réouverture des classes.
Partout, que ce soit lors de la conférence ministérielle préparatoire de Montréal sur la reconstruction d'Haïti, que ce soit lors du sommet de l'Union des nations sud-américaines (UNASUR) en Equateur ou dans des déclarations faites lors de leurs nombreuses sorties dans la presse, les deux principaux responsables parlent de nos besoins les plus pressants, les tentes, ou des plus improbables, l'agriculture et les infrastructures.

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Une école complètement fisurée par l...

Une maison à trois quart détruite

L'agriculture et les infrastructures, faut-il le rappeler, font partie des rares secteurs que le tremblement de terre du 12 janvier a peu affecté. Pas un arbre n'a été déraciné. Pas un pont n'est tombé.
Les clients pour les produits agricoles et les usagers des routes et autres infrastructures sont, eux, lourdement affectés par le séisme. Pourtant, pas un mot pour eux.
Depuis le 12 janvier, la population se sent abandonnée par ses dirigeants. Pas un mot pour les veuves et les orphelins. Pas un mot pour les amputés et les blessés lourds. Pas un mot pour ceux qui ont perdu leur logement, leur travail, leur commerce, tout ce qui donnait un sens à leur vie.
300 000 morts, le président annonce l'allongement de la liste des victimes du séisme de semaine en semaine, se rend-il compte que des parents et des enfants restent en vie et attendent un soutien ?
Un programme de prise en charge, un mot sur ce salaire perdu, une assistance pour pallier ce pilier rompu dans des familles déjà fragiles, seront-ils notifiés un jour ?
Comment un gouvernement qui comptait si mal les vivants peut-il aussi bien comptabiliser les morts sans dire un mot aux veuves et aux orphelins du 12 janvier qui ne sont pour le moment que des statistiques stériles ?
Les amputés et les blessés lourds verront-ils la mise en place d'une politique publique de prise en charge ? La secrétairerie d'Etat aux personnes handicapées est muette depuis le 12 janvier. Un handicap de plus ? Ou est-elle dépassée par l'ampleur de la tache ?

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Port-au-prince réduit en un amas de gravats

Il manque depuis le 12 janvier entre 20 à 40 millions de mètres carrés de logement dans les bidonvilles comme dans les quartiers huppés. Personne n'en parle. Voilà une occasion de lancer un vaste projet de construction de logements sociaux, de quartiers revus et corrigés, d'infrastructures de loisir, de tout un centre-ville à redessiner, etc.Dans un bureau à la DCPJ y-a-t-il un groupe d'experts qui planche sur un prêt à taux zéro pour relancer le secteur du bâtiment ? Qui croit qu'il est nécessaire de donner du travail à des milliers de manoeuvres et d'ouvriers spécialisés ? Qui pense aux moyens de relancer l'économie ?Rien n'est dit
Le gouvernement est atone sur ce sujet. Ne semble pas être au courant que les tentes réclamées ne vont pas résoudre nos problèmes. Trop fragiles, trop chères, prennent trop de place...
Il n'y a même pas eu l'annonce d'un moratoire, d'un rééchelonnement, d'un réaménagement pour ceux, nombreux, qui ont tout perdu mais gardent des dettes ou des responsabilités diverses. Un communiqué sur des normes claires ou de simples conseils de construction pour ceux qui doivent de toute façon consolider leur maison non effondrée ou reprendre une clôture serait utile. Rien de précis n'est dit.
Dans l'économie formelle, rien ne se passe non plus. Les associations se réunissent, parlent, discutent, souhaitent. Les jours passent. L'horizon s'obscurcit. Comme si, encore une fois, on ne cherche que des solutions pour les amis de ses amis... et des contrats compensatoires attribués on ne sait comment.Pour les grands commerçants, comme pour les petits, l'homme d'affaires en quête d'opportunités ou la petite marchande qui a tout perdu, qu'il serait bon d'entendre le président, le gouvernement ou le ministre responsable faire une déclaration. Indiquer un chemin. Suggérer une voie. Rien.Tout le monde semble attendre les conférences internationales. L'organisation mondiale qui proposera une solution ou le président ami qui viendra avec un plan tout fait.Et pourtant, nous aurions pu entreprendre entre nous des actions urgentes pour relancer le micro-crédit, permettre la reconstitution des stocks et ou la mise en place d'un premier fonds d'urgence de garantie pour faire repartir le crédit ou le secteur du bâtiment. Ce n'est pas sorcier.Alors, quand, au plus haut à la tête de l'Etat, il est dit que la réouverture des classes est la priorité absolue, on se demande de qui on se moque ?L'école doit absolument ouvrir et au plus vite, mais l'école fait partie d'un tout.La société est en panne depuis le 12 janvier, on ne pourra par la remettre en marche sans penser à mille et un petits détails. Dissocier zones touchées et territoires sans problème. Renforcer le système dans les villes saines et concocter un plan pour les aires dévastées.
Du préscolaire à l'enseignement professionnel et universitaire, il faut des opérations lourdes de support, de reconstruction, de réinvention. Pas une simple date de réouverture.
Ces professeurs, ces écoles, ces universités qui ont tout perdu n'ont que faire d'une simple date. Aussi nécessaire et urgent qu'il soit que les cours reprennent, faut-il en faire le lit d'un échec annoncé pour des centaines de milliers d'enfants et de jeunes qui vont être sacrifiés sur l'autel d'un enseignement encore plus au rabais qu'avant?L'Etat donnerait les livres, les uniformes, dispenserait de l'écolage, paierait les maîtres, offrirait un repas chaud et le transport, il faudra quand bien même que les parents fassent la lessive, remplissent la boite à lunch et le reste. Et tous ces petits gestes qui vous permettent d'être un parent digne et fier.Pour cela, il faut remettre le plus de survivants possible au travail, les rendre aptes à gagner à la sueur de leur front leur pain quotidien.
On ne doit pas se tromper, les vraies victimes de ce tremblement de terre du 12 janvier, ce sont les survivants... Que l'Etat, par inadvertance, ne les oublie pas.

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