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Journée de la femme

Publié le 10 mars 2010 par Dflasse

Voici quelques jours avait lieu la journée de la femme. Comme chaque année, les médias ont taillés les mêmes marronniers en publiant les dernières statistiques salariales homme/femme et en s’étonnant de la faible représentativité des femmes dans les organes de décisions. Comme chaque année, les mêmes boutades ont fleuri dans les bureaux et sur facebook.

Je ne suis pas sociologue ni économiste mais je vais oser l’impensable dans une société consensuelle et hypocrite. Selon moi, il ne s’agit pas d’un problème de genre. Plus exactement cela l’a été et il reste des poches de machismes inoxydables (comme il subsiste des mégères insupportables) mais cela ne constitue plus la source du problème. D’après moi, lorsqu’on analyse les chiffres en tenant compte du genre, on biaise la réflexion. Il est indéniable que les femmes sont globalement moins payées et beaucoup moins valorisées que les hommes. La question est de savoir si leur genre est la cause de la discrimination. Je prétends que la discrimination prend sa racine dans le rapport qu’a notre société envers le travail. Encore une fois, je n’ai pas les compétences juridiques pour l’affirmer, mais je doute qu’une femme soit moins bien payée qu’un homme doté des mêmes compétences,  dela même ancienneté et des mêmes responsabilités. Si c’est le cas, c’est scandaleux et ce que je vais écrire n’a aucun sens.

Si ce n’est pas le cas, d’où provient une telle disparité? On estime la différence salariale à 25%. Une femme touche en moyenne 3/4 du salaire d’un homme! Ce qui est étrange, c’est que les femmes sont surreprésentées dans les professions ’sociales’ (infirmière, institutrices, assistantes sociales, …) où les perspectives de hausses salariales sont structurellement illusoires. Ce qui est étrange c’est qu’un homme qui choisi une telle profession est regardé comme s’il avait enfilé une minijupe avant de se maquiller. Ce sont les femmes qui prennent de temps partiels pour s’occuper des enfants. Un papa qui prend un temps partiel est considéré comme un original avec des problèmes hormonaux. Lorsqu’une femme refuse une réunion tardive pour rentrer chez elle, elle reçoit un regard résigné. Un homme refuse de faire du présentéisme et qui brosse les pots du vendredi soir entre collègues peut dire adieu à sa carrière. Jusqu’il y a peu, les jugements de divorce donnaient systématiquement la garde des enfants à la mère.

En produisant les chiffres scandaleux des inégalités salariales, on devrait prendre en compte la dimension culturelle qui veut que, pour assurer une carrière, il faut être présent tard. Arriver tard au boulot est un signe de réussite, partir tôt est un signe de faiblesse. Je serais curieux de connaitre les disparités salariales entre les personnes qui privilégient leur temps de famille à leur temps professionnel. Lorsque j’entends les critiques qu’ont essuyées Emilie Hoyos (présidente du parlement Wallon) et Freya Vandenbosche (ministre du gouvernement Flamand) pour avoir osé prendre leur repos d’accouchement malgré leurs hautes responsabilités, je remarque qu’aucun commentateur n’a jamais eu à s’offusquer de l’attitude d’un décideur qui aurait eu l’outrecuidance de prendre un congé parental.


Classé dans :Humeur Tagged: Humeur, société

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