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Prendre l’air à Lille

Par Frédéric Romano

 
- Mon père : Bon les enfants, là on arrive à Valencienne !
- Mon frère : Ben oui… et c’est nul Valencienne…
- Moi : Ben pourquoi !?
- Mon frère : Parce que Lille c’est mieux…

Ha ben merde, ça c’est original, une salle de spectacle dans un centre commercial. Les Français ont définitivement une autre définition de la culture. D’habitude je n’aime pas le graphisme des logos des lieux culturels français. Là, j’adore l’enseigne de l’Aéronef, c’est classe et terriblement expressif. J’aime beaucoup.

Dr. Oetker et moi on a bien stressé pour y arriver. Lui ça fait un bail qu’il ne vit plus à Lille, moi je n’y ai été qu’une seule fois. Puis vous comprenez, il est hors de question qu’on manque une seule minute du concert. D’ailleurs je déteste ça, tout simplement parce que j’adore attendre que ça commence. Ce soir c’est Air qui joue. Bon, je prends quand même le temps d’aller déposer les vestes au vestiaire, on sera plus à l’aise. Dr. Oetker lui doit fumer une clope. Ça m’arrange, je dois pisser, encore…

On entre dans la salle. Pas de bol, la première partie à déjà commencé. Quelle agréable musique. Ce sont trois filles qui jouent sur des synthétiseurs et chantent. Leur groupe s’appelle Au revoir Simone et elles sont Américaines. Dr. Oetker trouve que celle de gauche est mignonne. Je préfère les deux autres. Je me demande si elles sont jumelles, elles se ressemblent tellement. Mon Dieu, c’est définitivement très accrocheur. J’apprécie, je savoure, j’aime de plus en plus. Après quarante-cinq minutes, elles nous disent avec un accent à tomber par terre “merci beaucoup ! This is the last song ! Have a great time with Air !“. J’ai presque envie de pleurer. Décidément j’aime beaucoup les concerts. L’entracte est assez long pour que j’aille à nouveau soulager ma vessie. Dr. Oetker lui doit fumer, chacun son truc.

Ha l’attente ! Trop excitant. Ils arrivent assez rapidement, le public crie. Aux premiers abords, ils ont l’air assez hautains c’est deux gars de Versailles. Ha ben zut, j’avais oublié comment j’aimais bien Air. Pourtant il n’y a que quelques années que j’ai associé leur musique à leur nom, grâce à ma meilleure amie. Je devrais vous parler d’elle un jour ou l’autre. Les gens autour de nous ne sont pas très motivés. Devant il y a un couple, je me demande limite ce qu’ils font là. Ils auraient pu rester chez eux, se passer un album de Air et baiser. Ils auraient été plus à l’aise je crois. C’est indécent comment ils se lèchent. Dr. Oetker est d’accord avec moi.

Ça dure une heure vingt. C’est vraiment intense. Vachement planant comme concert, largement au-dessus de mes attentes. Il faut dire que le final est grandiose. Un morceau de basse très lounge qui dérive dans de l’électronique décousu, limite galactique. D’ailleurs, ces lampes à l’arrière me font penser à un vaisseau spatial. Je pense que c’est le but en fait. Elles se mettent à clignoter dans tous les sens quand le groupe quitte la scène. Les lumières se rallument. Quand je me retourne, je confirme ce que je pensais. Un type me regarde depuis le début du concert. Caramba, encore raté, je n’en profiterai pas. Il était mignon pourtant… bref…

On redescend de l’Aéronef. Dr. Oetker allume une clope, qu’est-ce qu’il fume lui ! Moi j’ai une basse dans la tête qui continue encore et encore. Je regarde le ciel. Il est Vingt-trois heures. Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? Manger ?! Ha oui ! Excellente idée…

Crédit photo : Lisa Larsson (Flickr) 


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