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Le taureau et la muleta

Publié le 16 mars 2010 par Sully

Et voilà. Il fallait s’y attendre. Ce qui devait arriver est arrivé.
Voilà près de six mois qu’aucun message n’a été posté sur ce blog. Alors, quoi ? Fin de la révolte ? Plus rien à dire ? Tout irait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles – la Sarkozie ? Les gauchistes – dont je suis et me revendique – auraient-ils perdu la voix ? Ce silence aurait-il été acheté par la nomination de Didier Migaud à la Cour des Comptes ou par celle de Michel Charasse au Conseil constitutionnel ? Non, bien sûr. Loin s’en faut.
Je rassemble les papiers épars qui trainent depuis… longtemps sur mon bureau. Que d’articles commencés et inachevés. Que de pages rédigées pour rien, obsolètes avant d’avoir été postées. Car tout va trop vite en Sarkozie. Celui qui – comme moi, et nous sommes nombreux dans ce cas – a un travail, une famille, des heures de transport pour aller au boulot et en revenir, celui-ci se laisse avoir par le temps et la Sarkozie œuvrant de conserve, comme le taureau se laisse avoir par la muleta.
La cape s’agite. Le taureau fulmine et fonce… puis s’arrête brusquement. La cape a disparu. Elle lui est passée à côté, au dessus de la tête. Le taureau se retourne et la voit. Elle est là, de l’autre côté. Il enrage de l’avoir ratée la première fois et fonce derechef. Même résultat. Le matador, d’une main de maître, sans hésitation aucune, certain de son droit de vie et de mort sur la bestiole, le promène de long en large. Et lui, l’animal, bêtement, fonce vers le leurre. Le matador voit cela comme un combat, un duel. Mais est-ce finalement autre chose qu’une humiliation publique ? Avec, au bout, l’estocade.

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Je me suis fait avoir, moi aussi. A peine ébauché un article sur la promotion annoncée du Prince Jean à la tête de l’EPAD, voilà que point le débat obscène sur l’identité nationale, aussitôt couvert par le double salaire d’Henri Proglio, le licenciement des fonctionnaires, l’acquittement de Dominique de Villepin malgré la lettre de cachet élyséenne, le mépris des journalistes enlevés en Afghanistan pour n’avoir pas voulu se contenter des dépêches officielles, puis la loi LOPPSI 2, ou encore la violente diatribe diffamatoire à l’encontre d’Ali Soumaré. Olé !
Alors, tant pis. Tant pis si je ne réponds pas à chaque derechazo (1). Pourvu que je t’encorne la muleta une ou deux fois, j’aurai gagné ma faena.

(1) En tauromachie, le derechazo est une passe pour laquelle le matador tient la muleta dans la main droite, le taureau arrivant de la gauche. Enfin, c'est ce que dit Wikipedia... vous savez, moi et la tauromachie...


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