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Nouvelle mosquée à Alger, un chaos déclaré à un 2 milliard d'€ mais bien plus onéreux.

Publié le 16 mars 2010 par Boukhari Nacereddine @argotheme


Par N.E. Tatem avec ARGOTHEME Site de ARGOTHEME.       

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En Algérie, la construction d’une grande mosquée initiée par le Raïs Bouteflika sème une atmosphère morose où l’esprit de décadence augure que le pays continue d’entretenir l’intégrisme islamiste qui a sévit en causant nombreuses victimes dont certaines ont été bien choisies et visées. Outre la grande dilapidation des revenus énergétiques dont dispose le pays. 

S’il y a une affaire en Algérie qui crée une atmosphère aussi bien morne qu’incompréhensible, et met en embarras la population voyant obstruction de son meilleur avenir, c’est bien celle de la prestigieuse mosquée que projette, l’homme reliquat du FLN dirigiste, le président Bouteflika.

Le climat de défiance, à l’égard de cette dilapidation outrancière du denier public, est cloîtré et sans paroles. Il est dû au peu de ripostes, contrairement à l’idée que des opposants, à la mosquée du raïs, ont marqué leur existence. Pour le prix faramineux, et au prestige d’Allah, les cœurs balancent plus dans la tourmente que la confiance. Et sur la place publique personne n’en parle, sinon bien rarement.

La 3ème grande mosquée du Monde sur la baie d’Alger, que peut bien apporter sauf de la dictature à celui qui croit bien faire ! Si on ne se réjouit pas que l’argent du pétrole est dilapidé de la manière la plus farfelue, la difficulté de s’y opposer est bloquée par : « Allah est grand et récompensera ses fidèls sujets ». Quiconque aura le toupet pour dire le contraire ! Se verra hors-champ !

L’un des rares députés dénonçant la corruption

L’égarement idéologique, du dernier rejeton du système qui a sévit dans ce pays par la médiocrité et la torture des poètes, a été commencé avec une pseudo-concorde. Le décideur veut montrer un faramineux édifice, comparable au Big-Motel de Dubaï. Ce dernier génère des revenus, comme nombreux complexes dans les pays qui ont une orientation touristique, une mosquée n’en fait pas autant. L’investissement pour « l’après-pétrole » était le grand slogan algérien… les algériens obtiennent un lieu de prière ! Que peuvent-elles bien générer de revenus, sans labeur, toutes les prières ?

A-t-il pensé le tartarin mentor de cette tartufferie, à l’entretien d’un tel édifice ? Que seront ces marbres, ces cuivres et ces précieux matériaux dans quelques décennies ? A-t-il idée du coût de la préservation des monuments dans les pays qui reçoivent des touristes ? Pour un pays qui s’enrhume quand le pétrole baisse ses tarifs… et qui voit ses routes détériorées de nids de poules et même la semoule vient à manquer, quand la rente s’amoindrit. Créer un édifice sans rentabilité est une maladresse sans nom...

Allah regarde d’abord les cœurs, même si les hauteurs des minarets chatouillent à sa miséricorde !

Ce projet est en rapport avec la religion, alors personne n’ose en parler. Seulement, loin s’en-faut, tous les algériens ressentent une intense amertume quand on les questionne. La grandiloquence offusque nombreux, comme une gaucherie majeure dans la gestion des affaires du pays notamment religieuses. Et il est vraiment difficile de dénoncer cette construction.

La grande mosquée

Y compris dans les villages où la mosquée domine de sa hauteur la modestie des gourbis qui l’entourent, le petit peuple vit empêché, de sommeil par l’appel à la 1ère prière du jour qui se tient avant l’apparition des lueurs natives de l’aube. On n’en parle pas de sa fatigue. Une forme de théocratie déjà incontestable.

Le pays a d’autres besoins, plus urgents et importants, que le rajout d’autres fiefs religieux ! Mais comment le dire, sans passer pour ennemi de la religion ? La suspicion règne comme un voile obscur que personne n’ose déchirer. Avouer que le rationalisme s’annihile, le blasphème est vite accusateur !

Nationalisme religieux après patriotisme libérateur !

En vérité c’est une autre dérive nationaliste, encore plus sombre et déconcertante, vers l’étroitesse théocratique. Touchant le monde arabe et musulman en général qui place l’islam en tête en dessus de toutes considérations, le rempart ainsi érigé va contre les agressivités extérieures… Dont l’invasion de l’Irak et la spoliation du peuple palestinien de sa terre, sont la source de ce nationalisme qui consomme son plat religieux.

Pour l’Algérie particulièrement, le ferment idéologique qui a nourri les plus sombres années, va en escalade. L’islam livre et pratique sociale, tel qu’il est manipulé, alimente bien l’islamisme. De cette pseudo-idéologie l’humanité entière en souffre, son terrorisme revendique ouvertement et chaque jour sa confession et son appartenance à cette nébuleuse d’idées. L’Algérie en a bavé de 200 000 victimes dont quelques 6000 intellectuels de haut rang et 200 journalistes de cette déviation, prônée depuis les années 80 avec la venue d’un Mufti d’Al-Azhar qui a fait ouvertement le prosélytisme du Djihad pour imposer le régime de la Charia. Depuis la lecture du coran, du rapport à Allah et des degrés de vénérations, ne sont plus gradués ou pensés…

La paix sociale par la religion quelle jeunesse croira si tant ! Elle, la catégorie juvénile, a donné des haragas qui prennent le large en quête d’une autre patrie… Et les quelques 100 000 algériens parmi de brillants universitaires et doués entrepreneurs qui l’ont quitté pendant les 3 dernières décennies, depuis 1980, préfèrent ne plus se retourner derrière eux même on leur joue le son de la corde du paradis…

Le plus haut minaret du monde et le troisième grand site de prière : la folie des grandeurs.

Ce qui dénote de l’atmosphère délétère où baigne ce projet, est la déclaration, en janvier 2009, du ministre des affaires religieuses lors de la désignation du bureau d’études germano-tunisien « Kreber-Kiefef » comme concepteur de l’étude. Avec 54 milliards de dinars, le plus cher des 5 soumissionnaires sélectionnés sur les 17 candidatures, la blessure s’est déchirée... Le prix est une bombe que le ministre, des affaires religieuses, a bien… Encore vachement bien entretenu l’anxiété qui entoure le projet : « Rien n’est encore définitif et aucune malversation n’a entachée le choix  » . Le pays reste donc sous le choc, anxieux et ne pense qu’à la corruption.

C’est dire qu’aucunes réalisations des ambitions de Bouteflika n’a échappé à la prédation. Aussi bien l’autoroute est-ouest que la presse étrangère qualifia comme « projet du siècle » que les opérations envers l’agriculture ou bien simplement la gestion du service public, sont à la merci d’une gabegie qui profite aux suceurs. Y compris pour ce cas, le ministre a voulu rassurer, quand le maître de l’œuvre est le président en personne qui voit son nom complètement accolé : « La mosquée de Bouteflika ». Son scandale ne sera pas uniquement les dessous de table pour la mise en chantier. Il est déjà une aberration dès sa source, un méfait du fanatisme dévastateur.

Cette démence islamo-algérienne de vouloir du gigantisme fait douter, à moins qu’il faire semblant… Aucun procès ou critique ne sont suffisants. Y compris les religieux sont en peine à se faire entendre, pour applaudir. La démocratie nécessaire pour pointer la folie est encore inconnue. Aucune critique n’est ouvertement exprimée. Aussi bien par les intellectuels que les acteurs de la vie publique. Les dénonciations audacieuses sont vraiment rares.

La presse écrite qui avait rayonné pendant les années de terrorisme pour relayer les réquisitoires contre l’hydre hideuse qui se livrait aux massacres, sous peine d’être indiquée comme impartiale ou anti-islamique, n’a pas vraiment donné tribune au moindre avis contraire.

C’est avec l’argent de la corruption que nombreux Hadjs vont à la Mecque.

En comptant avec les autres emmerdements de la corruption dont les dossiers se font brûler et le chef de la police du pays abattre… Le corps social, de ce qui est la communauté nationale, est taraudé d’un silence insoutenable de savoir quel évènement obscurcit le destin : le mauvais choix pour dépenser la rente ou bien toute la trame des crimes politico-économiques.

Un désarroi touche l’opposition partisane qui, même celle qui se dit laïque, reproche que le site, l’assiette du terrain, n’est pas approprié « à cause des poubelles et des odeurs de Oued-El-Harrach » . Comme pour le dire faire cela par le bout de la langue… Une mosquée à 1 ou 2 milliards, peu importe qu’elle onéreuse maintenant et une charge pour demain !

Qu’en est-il du coût du projet ? Pour calmer ou amadouer les sceptiques pourtant peu nombreux et peu prolixes, le coût de cette mosquée est déclaré, revu à la baisse, à 1 milliard d’euros... Mais tous les observateurs s’accordent à croire que ce sont 7 milliards !

Nouvelle mosquée à Alger, un chaos déclaré à un 2 milliard d’€ mais bien plus onéreux.


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