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La stratégie du salami

Publié le 16 mars 2010 par Cmdjd
Al Fredo se lâche ! Avec un second article dans la foulée, et en proposant un scénario catastrophe pas si loin que cela d'être crédible. En tout cas, la première partie est basée sur des faits réels, comme on dit à Hollywood ...---------Si d'autres membres du Collectif Médical de Défense de l'Hôpital Joffre-Dupuytren ont la plume qui les démangent, ils sont naturellement également les bienvenue ici.-----------Tout en pensant à mes parallèles stupides, m’en venait un autre. Je pensais aux P&T, devenues ensuite les PTT, puis France Télécom.
D’abord organisme d’Etat (ancienne Direction Générale des P&T, rattachée au ministère de la communication) puis transformée en Société Anonyme 100% appartenant à l’Etat (« simple changement de statut, n’y voyez pas une prochaine privatisation ») puis détenue en majorité par l’Etat (« simple ouverture du capital, pour faire entrer des partenaires privés, n’y voyez pas une privatisation ») puis avec un Etat actionnaire minoritaire (« simple augmentation de capital, dans lequel l’Etat passe sous les 50%, n’y voyez qu’une privatisation de plus »), je repensais à la stratégie du salami, imaginée au sortir de 1945 en Hongrie : « tranche après tranche, afin qu’il ne reste plus rien… »
Première tranche : 68 lits de SSR ferment à Dupuytren. Soit deux étages. Soit 20% de la capacité d’accueil total.
Deuxième tranche : Fermeture du labo de biologie.
Troisième tranche : Baisse subséquente de l’activité. Au moins 20%, pour être cohérent. Probablement plus, car avec la fermeture du laboratoire sur site, adieu les examens en urgence, la prise en charge de maladies lourdes, nécessitant des résultats urgents, etc. Réaction immédiate de l’autorité centrale : Baisse d’activité = baisse des crédits.
Quatrième tranche : Avec moins de crédits, l’hôpital tente de survivre. Mais cela coûte encore trop cher. D’autant que deux étages non utilisés, ca coûte cher, malgré tout. En tout cas, ça ne rapporte rien. Décision de fermer trois autres étages, pour limiter les coûts. (on peut se le permettre, la fermeture des deux premiers est passée comme une lettre à la poste pour la même raison)
Cinquième tranche : 2+3 = cinq étages soit tout un bâtiment fermé. D’autant plus inutile qu’il ne rapporte rien. Décision de ne pas construire le nouveau bâtiment Castor, qui coûte trop cher, et d’utiliser ce grand bâtiment vide. Installation des USLD dans ce bâtiment. Réduction du nombre de lits du projet au passage.
Sixième tranche : Bâtiment des USLD peu rentable. Sous dimensionné, d’une part (moins de lits que prévus par rapport à Castor) et pas assez de lits de SSR en amont (on commence à voir l’intérêt de fermer d’abord le SSR). Fermeture de ce qui reste. Revente des bâtiments à une clinique privée.
Septième tranche : défaite par forfait de l’AP-HP ; qui déserte. Ouverture d’une clinique gériatrique sur deux bâtiments, probable construction d’un troisième, avec des tarifs légèrement supérieurs. Sélection des patients rentables. Rachat du siège de l’AP-HP Avenue Victoria par le grand groupe propriétaire de la clinique privée pour y faire leurs bureaux. L’hôpital parisien Rothschild commence par fermer son premier étage et son labo. Comme il a été entièrement rénové deux ans plus tôt (comme Dupuytren avant lui), le grand groupe de l’Avenue Victoria commence à s’intéresser à ces si beaux bâtiments …

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