Etape touristico-culinaire à Vichy

Par Eric Bernardin

Lorsque j'avais regardé le parcours qui me menait de Bergerac à Annemasse en évitant l'autoroute, je me suis aperçu que je passais à Vichy. Une occasion de revoir mon ami Jean-Marc Imberdis, caviste bio en ligne. Etant arrivé en milieu d'après-midi, celui-ci m'a fait visiter la célèbre ville thermale au volant d'une Triumph Spitfire

Nous nous arrêtons d'abord à la source des Célestins pour nous y abreuver.

Dans cette source, l'eau est effectivement à la disposition de tous, et les vichyssois ne s'en privent pas : le temps que nous y étions, ils sont venus faire le plein de bouteilles et autres bidons. J'ai goûté, et y a pas : c'est de la Vichy Célestins, bulles de gaz incluses. Elle sort ici à 15-20°, et à cette température, c'est plutôt agréable. Aux thermes où nous irons ensuite, c'est une autre histoire.

Nous descendons ensuite au centre-ville.

D'abord un petit tour à la librairie qui appartenait à Jean-Marc avant qu'il consacre sa vie à la dive bouteille. Le bâtiment est un clin d'oeil à l'architecture mauresque. Nous verrons par la suite que Vichy emprunte à des styles pour le moins divers.

Nous empruntons ensuite le passage couvert - édifiés pour que l'impératrice Eugénie ne se mouille pas pendant ses balades - pour aller reboire un peu d'eau. Oui, je sais, c'est pathétique pour démarrer des vacances. Mais bon, c'est à peu près la seule fois où je boirai de l'eau durant mon périple...

Autant j'ai plutôt apprécié l'eau des Célestin tout à l'heure, autant l'eau de Chomel est proprement immonde : servie à 40°, bourrée de composés soufrés qui évoque l'oeuf pourri... Je n'arrive même pas à imaginer que des gens puissent payer pour boire de tels liquides !!??

Petite visite ensuite au Therme des dômes, lui aussi de style mauresque.

Avec aussi des fresques style Puvis de Chavannes

... et Jean-Marc en photo en prime ;o)

Petit passage ensuite devant l'ancien Hôtel du Parc, siège du Vichy de l'occupation. Le bureau de Pétain était au 1er étage, où il y a les volets fermés. Il paraît que la pièce n'a changé depuis 65 ans. Jean Marc m'a expliqué pourquoi Vichy avait été choisie comme capitale de la France : beaucoup de chambres d'hôtel qui permettaient de loger le gouvernement et les fonctionnaires. Un l'un des plus gros centraux téléphoniques de France qui facilitait les communications.

Pour clôturer la série "Vichy, terre d'asile", voici l'opéra de Vichy où l'assemblée nationale s'est réunie en juin 40 pour approuver la création du nouvel Etat Français.

*

Rien à voir : le restaurant de Jacques Décoret

Une maison dans le plus pur style vénitien

Là, on se croirait à Bruxelles...

Et ici ... en Suisse !

So british !

Là, j'sais pas trop ???

Nous sommes ensuite retournés à la maison pour un apéro avec l'Autrement blanc 2008 de Jacques Maillet. J'en avais beaucoup entendu parler. Là, je l'ai bu.

Sans aucun doute la meilleur Jacquère que j'aie jamais bu. Un nez sur la frangipane, la pierre chaude, la poire et l'agrume confit. Une bouche ample, fraîche, avec une matière onctueuse et une fine acidité qui transcende le vin. La finale se conclue par une noble et stimulante astringence.

Nous nous rendons ensuite à l'Alambic. Le restau ne paye pas de mine, mais le chef, Jean-Jacques Barbot, vaut parait-il le détour. Il officie seul en cuisine tandis que sa compagne s'occupe de la salle (12 couverts max). 

Nous choisissons le menu à 26 € qui démarre par ce feuilleté aux écrevisses et gésiers de canard. Une jolie réussite d'une grande harmonie avec des saveurs et textures complémentaires. Sans parler de l'esthétique très réussie de l'assiette. Il faut dire que le chef a officié à l'Elysée et dans de grands restaurants parisiens.

Je suis chargé du choix du vin. Un peu par provocation (mais aussi parce qu'il me semblait aller avec le plat), je choisis un Pouilly-Fumé d'un certain Pabiot (domaine des fines caillottes). Une jolie robe dorée. Un nez étonnant sur le miel, les fruits confits et la truffe. Une bouche tendue, à la matière riche, bien mûre, mais munie d'une belle acidité. Une finale assez longue sur des notes de silex. Une belle surprise pour un vin ... pas bio !

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Nous continuons sur un plat qui nous intrigue : il comprend confit de canard, choucroute, navet, orange et cumin. Même si canard et navet ; canard et orange ; canard et chou ; carotte et cumin ... font bon ménage, c'en est une autre de tous les mélanger. Eh bien c'est là que l'on voir que Jean-Jacques Barbot est un grand professionnel, car non seulement c'est parfaitement cohérent, mais c'est délicieux, subtil. Un grand plat !

Avec cela, un Saint-Joseph de Laurent Betton. Pris là aussi par amusement, me disant que mon ami fan des espaces verts apprécierait le nom du producteur (l'autre raison est que la carte des vins était assez réduite, quasiment tous les producteurs inconnus. On finit donc par choisir des vins au pif...). En fait, bonne pioche : nez sur la griotte, le noyau et l'olive noire. Une bouche ronde, charnue, gourmande, avec un joli fruit. Tout le monde l'apprécie bien.

Pas grand chose à dire sur les fromages, ni bons, ni mauvais...

Le dessert était par contre très sympa. Des fruits frais avec un appareil à flan (ou clafouti) passé au grill. Je dis "appareil à flan" parce que ça faisait plus liquide qu'un sabayon, et moins jaune. Il devait y avoir du lait ou de la crème dedans. En tout cas, une façon de finir le repas en légèreté. 

Y a pas : on est à Vichy.

Car servir des pastilles à la menthe avec le café, c'est pas banal ;o)

Je suis reparti le lendemain vers la Savoie. J'avais peur d'avoir pas mal de neige, vu qu'il était tombé à Vichy. En fait, plus je m'avançais vers l'est, moins il y en avait... Ce qui m'arrangeait parfaitement, car ma voiture n'est pas vraiment adaptée aux sols enneigés...

To be continued

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