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Mort du chanteur Alex Chilton à 59 ans le 17 mars 2010 d'une crise cardiaque à La Nouvelle Orléans (USA

Publié le 19 mars 2010 par Sylvainrakotoarison

(dépêches)
Mort du chanteur Alex Chilton à 59 ans le 17 mars 2010 d'une crise cardiaque à La Nouvelle Orléans (USA
http://www.youtube.com/watch?v=wD9mCp8SifM
http://www.youtube.com/watch?v=BNKSs1J38EA
http://www.youtube.com/watch?v=jrXM7fKKlR0
http://zegut.blogspot.com/2010/03/alex-chilton-nest-plus.html
vendredi, mars 19, 2010
Alex Chilton n'est plus.
 
Alex Chilton est mort d’une crise cardiaque à 59 ans, le chanteur et guitariste de Big Star et The Box Tops, est décédé à l’hôpital de la Nouvelle Orléans le 17 mars.
Né à Memphis, Chilton se plaignait de douleurs depuis plusieurs jours, et avait été transporté à l’hôpital, selon The Commercial Appeal. Il devait se produire avec Big Star au South by Southwest à Austin, Texas, samedi 20 mars. Chilton a connu son premier succès à 16 ans avec The Box Tops et leur hit 'The Letter' en 1967, avant la séparation du groupe en 1970.
L’année suivante, Chilton a formé Big Star, le groupe a sorti 3 albums en 1972, '#1 Record', en 1973 : 'Radio City' et 'Third/Sister Lovers', enregistré en 1974 mais sorti 4 années plus tard. John Fry, Ardent Records, a rendu hommage à Chilton."Je suis effondré. Nous le sommes tous," a déclaré Fry. "nous n’étions pas préparé à cette mort soudaine."
Big Star s’est séparé en 1974, Chilton et le batteur Jody Stephens avait reformé le groupe en 1993 avec de nouveaux membres, en 1996, il a aussi reformé The Box Tops.
Publié par Zegut à l'adresse vendredi, mars 19, 2010  
http://blog.slate.fr/rock-bottom/2010/03/19/alex-chilton-etoile-fuyante/
Alex Chilton, étoile fuyante
Ce qu’un ouragan n’avait pas réussi, une peine de coeur l’a fait. Cinq ans après avoir été brièvement porté disparu lors du passage de Katrina sur la Louisiane, Alex Chilton est mort le 17 mars à la Nouvelle-Orléans, a priori d’un arrêt cardiaque. Dix jours après le suicide de Mark Linkous de Sparklehorse disparaît un autre songwriter cabossé d’exception, dont, en quarante ans de carrière, l’image se sera reflétée, de manière oblique et intermittente, dans celles d’autres figures cultes du rock comme Brian Wilson (le génie mélodique carbonisé) ou Scott Walker (l’idole précoce reconvertie le long d’une seconde carrière féconde).
Au départ, pourtant, il y a un simple petit tube qui, aujourd’hui encore, passe comme une lettre à la poste: «The Letter», récemment réexhumé par le juke-box nostalgique Good Morning England, comme une carte postale des sixties redoutablement efficace, du genre à passer en boucle sur les radios adult-rock. Dans cette usine à tubes qu’est l’année 1967, Alex Chilton a alors à peine seize ans et sa plus grande réussite, qu’il chante d’une voix étonnamment grave (sa fragilité attendra la suite de sa carrière pour ressortir), est l’oeuvre d’un musicien country du nom de Wayne Carson Thompson. Lui et ses comparses sont bien habillés, le cheveu long mais bien coiffé sur les photos, et chantent, aidés de musiciens de studio, des compositions écrites par d’autres. Il n’a pas encore trouvé sa voix.
Pour cela, il faudra rompre avec les Box Tops pour repartir, quatre ans plus tard, d’un autre studio de Memphis, Ardent, avec trois musiciens du cru, Jody Stephens, Andy Hummel et Chris Bell. En ce dernier, Chilton a trouvé son McCartney — lui plus torturé, l’autre plus mélodieux. Fragilisant sa voix, s’autorisant des aigus, faisant sonner davantage sa guitare, Chilton codifie sous l’intitulé mercantile de Big Star (le nom d’une chaîne de supermarchés du Sud-Est des Etats-Unis) une quasi-marque déposée, la power-pop. Ce genre que les Américains résument parfois sous l’expression hard-jangle, avec ses guitares carillonnantes et tranchantes, accouplant les Byrds aux Who, les Etats-Unis à l’Angleterre. Dès son premier disque, #1 Record (1972), Big Star résume pourtant le style autant qu’il le dépasse : les fondations sont solides, les titres charpentés, mais le groupe est déjà sur un fil, à l’image de ces petits miracles de slows instables que sont “The Ballad of El Goodo” et “Thirteen”. Le disque est une réussite critique mais un ratage commercial et Chris Bell, le second couteau très bien affûté, claque la porte pour aller poursuivre une carrière solo qui le conduira à un accident de voiture mortel, en décembre 1978, et à un disque posthume culte, I Am the Cosmos.
Sous sa célèbre pochette signée du photographe William Eggleston, Radio City, qui suit en 1974, creuse les mêmes sillons (Bell en avait ébauché les fondations avant de partir), affine la formule jusqu’à parvenir au single parfait, «September Gurls». Toute la power-pop résumée en une formule, filles et automne, jeunesse et mélancolie, trois minutes derrière lesquelles s’échineront à courir les groupes de la vague power-pop du tournant des 80’s (le R.E.M. des débuts, The Bongos, The dB’s…) et certains mélodistes radieux des 90’s (Teenage FanClub, Wilco). Pour paraphraser ce que disait Brian Eno du Velvet Underground, peu de gens ont acheté les deux premiers disques de Big Star, mais chacun d’entre eux a composé des tubes.
A sa façon, Big Star est d’ailleurs un autre Velvet Underground, assemblage de musiciens qui se délite peu à peu, orchestre alternant ballades et rock aiguisé, groupe pour songwriters plus que pour auditeurs. Comme le Velvet en son temps, Big Star perd alors un membre par album, et c’est cette fois-ci Andy Hummel qui part après l’échec commercial de Radio City, pauvrement promu et distribué par Stax, le légendaire label soul du groupe. Comme le Velvet Underground en son temps, Big Star sort alors son meilleur album avec le troisième, Third/Sister Lovers, son boulevard du crépuscule. Un chef d’oeuvre édité au compte-gouttes sous au moins trois ou quatre versions différentes et un titre doublement jumeau (Chilton et Stephens sortaient à l’époque avec deux jumelles, Lesa et Holiday Aldridge).
Une oeuvre bringuebalante sans grand équivalent dans l’histoire de la musique pop, si ce n’est peut-être, justement, l’album à la banane du Velvet, et qui s’avère la traduction musicale la plus juste jamais opérée de cette phrase de Rainer Maria Rilke: «La beauté est le commencement de la terreur que nous pouvons supporter». L’apparente joliesse du disque (pochette glamour, élégants arrangements de cordes, piano signé du grand producteur Jim Dickinson, choeurs soul), sa beauté lyrique de musique ds chambre opiacée («Stroke It Noel»), tout cela s’efface en un espace titubant, au bord de l’évanouissement, fait de ballades noyées au fond d’un verre d’alcool, jusqu’aux métaphores les plus noires («You’re a wasted face/You’re a sad-eyed lie/You’re a holocaust»).
En sept ans, Chilton est parvenu à l’exact inverse de l’artisanat pop triomphant des Box Tops. Effrayé par ce sublime suicide commercial, les labels contactés refusent de publier le disque, perdu pendant quatre ans, et qui ne sortira pour la première fois qu’en 1978.
Alex Chilton prépare alors déjà la sortie de son premier album solo, Like Flies On Sherbert, qualifié par un critique du site Allmusic de «prétendant sérieux au titre de plus mauvais disque de l’histoire». Après trois années passées à planter les graines d’un culte persistant («Ce n’est pas comme si j’étais une big star qu’on remarque tout le temps, mais on me reconnaît», lâchait-il avec humour en 2000 dans une interview à Rolling Stone), le voilà parti pour trente ans d’une carrière erratique. Trois décennies d’une discographie cubiste, ignorée aux Etats-Unis, un peu plus remarquée, grâce au label New Rose, en France, terre d’accueil des poètes maudits du rock américain : «Alex Chilton s’avance sur la petite scène du Rex-Club, armé de sa guitare. Sa maigreur est celle du type qui, pendant des années, a porté une charge trop lourde pour lui ; son pâle sourire est celui d’un fataliste. Il joue son dernier disque – qui est bon, sans plus. Et on a envie d’aller lui serrer la main», écrivait d’ailleurs en 1990 le critique François Gorin dans son fondamental Sur le rock.
De 1975 à 2010, le long de sa troisième vie, Alex Chilton, c’était un inventaire à la Prévert. Des reprises en pagaille, de sa part, ou de celle des autres — Yo La Tengo, les encyclopédistes les plus sûrs du rock américain, en ont ainsi signé une superbe de «Take Care». Des collaborations classes avec les Cramps, Richard Lloyd de Television ou Alan Vega. Des disques solos déglingués, regroupés dans des compilations comme Lost Decade ou Top 30. Des pas de côté, comme ces quelques mois passés à faire la plonge dans un restaurant de la Nouvelle-Orléans pour vivre. Des poules aux oeufs d’or (la reprise de «September Gurls» par les Bangles, sur le multi-platiné Different Light) ou de plomb (l’utilisation pour une bouchée de pain de “In The Street” en générique de la série That 70s Show, inspirant à Chilton ce commentaire: «On aurait dû appeler cela That 70 Dollars Show»).
Un instant de nostalgie, avec la reformation des Box Tops et de Big Star et un quatrième album anecdotique. Un coffret enfin l’an dernier, comme un embaumement avant l’heure. Une carrière qui ne ressemble à rien, en tout cas sûrement pas à une carrière. A l’heure où «indie» ou «culte» sont devenus des étiquettes comme les autres pour vendre du rock banal ou des vieilleries vieillies, il est bon de rappeler à quel point le sens le plus noble de ces mots a été résumé par le parcours d’Alex Chilton, celui d’un type parti d’une célébrité presque anonyme pour aboutir à une solitude très peuplée («Children by the million sing for Alex Chilton when he comes ’round», clamaient les Replacements). Aussi bien de son propre fantôme que des rêves des autres.
Jean-Marie Pottier
19/03/2010, 10:43 AM GMT


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