Alerte coquillages : une conséquence de de la tempête Xynthia ?

Par Rim

Les huîtres et autres coquillages du littoral charentais sont interdits à la consommation depuis quelques jours, diagnostiqués porteurs de toxines amnésiantes à des taux anormalement élevés. En effet, vendredi, la préfecture de la Charente-Maritime a interdit la consommation de tous les coquillages, notamment les huîtres, en provenance du littoral charentais. La même interdiction pour les coquillages issus du littoral de Vendée, annoncée vendredi soir par le ministère de l'agriculture.


La toxine amnésiante est produite par des algues microscopiques. Celles-ci seraient remontées à la surface lors de la tempête Xynthia, brassées par les remous, et peuvent s’avérer dangereuses pour l’Homme. Le lien direct avec la catastrophe n’est pas encore formellement établi par les deux préfectures, mais la zone concernée est la même que celle touchée par la tempête.


Les infections alimentaires causées par cette toxine entraînent des troubles digestifs dans un délai de deux à 24 heures après la consommation des coquillages contaminés. Les premiers cas d’intoxications amnésiantes se sont déclarés fin 1987 au Canada. Les personnes intoxiquées présentèrent des troubles digestifs, neurologiques et surtout une perte de mémoire. Parmi ces victimes, quatre personnes sont mortes et d'autres ont présenté des séquelles neurologiques permanentes.
Plusieurs molécules sont responsables, mais l’acide domoïque reste le chef de file. Celui-ci est absorbé par la muqueuse gastro-intestinale et atteint lentement sa cible au niveau du système nerveux central où il se fixe sur un des récepteurs de l'acide glutamique (au niveau des cellules nerveuses). En mimant le rôle de ce dernier, il aboutit, dans certains cas, au dysfonctionnement de ces cellules voire leur mort.
Les premiers symptômes, de type gastro-intestinal, surviennent dans un délai de 2 à 24 heures après consommation des moules contaminées. Ils sont caractérisés par des crampes abdominales, des nausées, vomissements, diarrhées (ou simple accélération du transit). Les signes neurologiques apparaissent plus tardivement, entre 24 et 48h, et se manifestent par une désorientation, une confusion, une perte de mémoire, des dommages cérébraux pouvant conduire à des convulsions voire au coma et à la mort. A noter que la gravité de l’intoxication s’observe notamment chez les enfants et les personnes âgées.
Ces symptômes peuvent durer plusieurs jours. Il n’existe pas d’antidote à cette toxine et le traitement reste symptomatique (calmer la douleur par des antispasmodiques, hydratation). Devant le moindre signe alarmant : douleurs importantes, diarrhée profuse, signes neurologiques, il est impératif de consulter rapidement un médecin.