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La parité au bordel!

Publié le 22 mars 2010 par Paristoujoursparis

Je suis resté sans voix à la lecture, dans un bistrot de la rue Saint Honoré, jeudi dernier, d’une page de titre du « Parisien »: on y évoquait l’éventuelle réouverture des maisons closes ! Il paraît que madame Chantal Brunel, une honorable députée UMP de Seine et Marne, s'apprête à plancher sur le sujet, à partir du 25 mars, au ministère de l'Intérieur. Nous voilà bien !

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Le célèbre “106″ boulevard de la Chapelle, qui devint une annexe de… l'Armée du Salut, après la fermeture!

Michèle Barzach, ministre de la Santé en son temps, évoqua, elle aussi, la « réouverture » puis, en 1990, une certaine Françoise de Panafieu, patineuse à roulettes fraîchement élue vice-présidente du groupe UMP à l’Assemblée, avait remis le couvert : « Pourquoi la prostitution ne s’exercerait-elle pas dans des lieux précis, maisons closes ou autres structures ? »
C’est bien vrai. Un bel établissement avec pignon sur rue : « au panier fleuri » ou « aux bleuets » avec eau, savonnettes, et serviettes éponges à tous les étages, voilà une belle image de la modernité !
Comme nous aimons beaucoup les sondages, fort exacts, comme l’a démontré une récente actualité, le Parisien indique que « 59% des Français se disent favorables à la réouverture des maisons closes ».
59 % de queutards dans notre beau pays de France ! Tiens, v’là l’printemps !
En 1946, au moment de la « fermeture » en application de la loi Marthe Richard – une sacrée luronne – on comptait alors 1 400 bordels en France dont 300 dans la capitale. Depuis la loi sur la sécurité intérieure votée en 2003 qui crée le délit de racolage passif, une « gagneuse » risque deux mois de prison et 3 750 euros d'amende. Le client, lui, n'est pas poursuivi.
Cette proposition d’une réouverture des « maisons » - modernes – est tout de même surprenante quand on réalise qu’elle émane d’une femme. Doit-on rappeler à madame la députée que les bordels furent, en France – il le sont encore ailleurs – des lieux d’exploitation humaine particulièrement dégradants ?
Il suffit de lire « la fermeture », un excellent ouvrage de Boudard pour comprendre la triste réalité quotidienne que vivait les « filles » des bordels de France.

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Les petites serveuses du “ONE TWO TWO”

Pour un « Sphinx » propre et luxueux, ou un « ONE TWO TWO », (122 rue de Provence) combien de maisons d’abattage où les filles « connaissaient » plusieurs dizaines de « michés » par jour ?
Et savez-vous, madame la députée, comment finissaient – et finissent – les filles, vieillies, usées ? Doit-on vous faire un dessin et vous expliquer comment fonctionnait le « Dropol », un bordel parisien de putains en solde ?
« En remettant le débat sur la table, Chantal Brunel, qui vient par ailleurs d'être nommé rapporteure générale de la parité entre les hommes et les femmes, espère “sortir les prostituées de la rue et de la clandestinité”. Une situation qui, selon la députée favorise la violence, la clandestinité et la mainmise des réseaux mafieux. »
Tout cela est magnifique : la parité au bordel ?
Quant aux réseaux mafieux, ils ont été et seront toujours de la partie. La fille perdue, qu’elle soit Allemande, Polonaise ou Française, sera toujours une pauvre pute soumise à la volonté des hommes.
Alors, laissons les bordels fermés et, pour une fois, nous pourrons vraiment être fiers de la France, pays des « droits de l’homme » et… des femmes, ne l’oublions jamais.

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