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L'obamagouille pour faire passer la réforme américaine de la santé

Publié le 22 mars 2010 par Francisrichard

Obama réforme de santéObama [la photo provient d'ici] était présenté comme un modèle de vertu. La façon dont il vient de réussir à faire passer sa réforme de la santé montre bien que non. Ce Démocrate n'en est pas un. Il n'en porte que l'étiquette. Mais l'affaire n'est pas terminée, puisque la loi fédérale sera vraisemblablement contestée en justice, au moins localement ici, sinon au niveau fédéral.
Voulant à tout prix faire le bonheur des Américains contre leur gré, Obama leur impose une réforme de la santé dont, à une large majorité - 60% -, ils ne veulent pas. Cela s'apparente à un véritable déni de démocratie. Il y a de fortes chances que les élus démocrates qui l'ont voté le payent cher en novembre, aux élections de mi-mandat [219 Démocrates l'ont acceptée, 34 l'ont refusée, les 178 Républicains l'ont refusée en bloc].  
Avant de parler de l'obamagouille qui a permis au président des Etats-Unis de parvenir à ses fins, il convient de tordre le cou à quelques idées reçues. 
32 millions sur les 46,3 millions de personnes qui n'avaient pas de couverture maladie, seront bénéficiaires de la réforme de la santé voulue par Obama et votée hier soir par la Chambre des Représentants des Etats-Unis [dont la population totale est de 301 millions d'habitants]. Et tout le monde s'extasie ...
Il faut savoir que, sur les 46,3 millions d'Américains [tous les chiffres sont de 2008] qui n'avaient pas de couverture maladie, 17,6 millions n'en voulaient pas parmi ceux qui gagnent plus de 50'000 dollars, parce qu'ils sont en mesure de faire face par leurs propres moyens à un accident de santé.
Par ailleurs 14 millions, toujours sur les 46,3, sont automatiquement pris en charge par Medicaid - ils se trouvent en-dessous du seuil de pauvreté - ou par Medicare - ils ont plus de 65 ans -, et 9,7 millions sont des étrangers dont la durée et le motif de séjour sont divers.
5 millions sont donc réellement sans aucune couverture [voir l'article de Jacques Garello du 14.09.09 , Obama se fâche, ici et le site de statistiques américain US Census Bureau ici et ici]. Parmi ces 5 millions de non-assurés 20% sont des chômeurs. Qui, pour 44% d'entre eux, restent au chômage pendant 4 mois et, pour 20%, entre 5 et 8 mois.
Il convient donc de ramener la non-couverture maladie des Américains à de plus justes proportions. D'autant que comme le soulignait Jacques Garello dans son article mentionné plus haut : 
"Il existe aux Etats-Unis un réseau très dense d'associations caritatives, confessionnelles ou non, qui prennent en charge les plus dépourvus."
Avec la réforme de santé Obama les Américains vont subir un régime de contrainte sans précédent ici, qui explique pourquoi une majorité d'Américains y est hostile. 
Il sera notamment obligatoire de s'assurer sous peine d'amende. Contrôles de prix et amendes pourront être infligées à des médecins, à des hôpitaux, à des entreprises. L'industrie pharmaceutique et celle des équipements médicaux, de surcroît, seront taxées d'importance. Les sociétés d'assurances seront sévèrement réglementées.
Les personnes déclarant au moins 200'000 dollars - 250'000 dollars pour les couples mariés - passeront à la caisse ici . La taxe Medicare passera pour eux de 0,9 à 2,35% et les revenus de leurs investissements seront taxés à 3,8%. Ce qui encouragera certainement les intéressés à développer leurs activités économiques ...
Les Démocrates sont optimistes. Ils évaluent le coût de cette réforme à 940 milliards de dollars sur 10 ans. Or ils se basent sur une progression des dépenses de santé de 7% par an, soit un doublement en 10 ans. Dans ces conditions il est vraisemblable que les recettes auront du mal à suivre et que les déficits induits alimenteront les autres ...
Cette magnifique réforme, votée en pleine crise, sans doute pour l'enrayer, a été obtenue par une magouille qu'il faut raconter parce qu'elle montre que le personnage qui en est l'instigateur est peu reluisant.
Il faut d'abord rappeler que la Chambre des Représentants a adopté un projet de loi le 7 novembre 2009 et que le Sénat en a adopté un autre le 24 décembre 2009.
Normalement une commission mixte aurait dû être constituée. Sa tâche aurait été de rédiger une version de compromis entre les deux projets de loi, qui aurait été soumise alors à chacune des deux chambres. Il aurait fallu obtenir 218 voix sur 435 dans la première et 60 voix sur 100 dans la seconde. L'élection de Scott Brown au siège de Ted Kennedy a mis par terre ce plan mirifique.
Les Démocrates ont alors décidé d'entamer une procédure de réconciliation qui consiste à adopter le projet de loi tel que voté par le Sénat le 24 décembre 2009, puis de voter un second projet de loi modifiant celui-ci en y introduisant les éléments rejetés initialement par le Sénat. Ce second projet, voté également la nuit dernière, doit encore être approuvé par le Sénat, mais cette fois la majorité requise n'est plus que de 51 voix sur 100...
Il faut enfin savoir que cette procédure de réconciliation n'est possible que pour des mesures budgétaires. Or, comme le soulignent les Républicains, le second projet ne contient pas seulement des mesures budgétaires, même s'il en contient ... Il y aurait donc utilisation abusive de cette procédure...
Pour parvenir aux 218 voix requises pour les deux projets de loi, le président Obama a enfin accepté de renoncer que l'ordre exécutif de la réforme, qui la rendra effective, interdise le financement de l'avortement par des fonds fédéraux. Il fallait que la réforme passe coûte que coûte pour ce fervent partisan de la culture de mort et il a obtenu in extremis le ralliement à sa réforme des 12 membres du groupe démocrate anti-avortement, dont le représentant démocrate de Pennsylvanie, Bart Stupak, est le meneur...  
Francis Richard
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