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La confiance perdue

Publié le 25 mars 2010 par Didier54 @Partages
La confiance perdueSans doute que beaucoup l'ont fait, déjà, ce rapprochement. Moi pas.
Il m'est tombé dessus l'autre matin.
J'ai eu en tête le mot confiance.
Et je me disais : en fait, notre drame collectif, au point que ça devient souvent le problème de bien des personnes, c'est que nous évoluons dans une société où nulle part ou presque on a confiance. Où nulle part ou presque on ne fait confiance. C'est un sentiment naturel qu'on freine. Qu'on éteint. A petit feu. Enfin... Sentiment naturel... J'en sais rien, en fait. Je me l'imagine comme ça. Peut-être que la confiance, c'est pas naturel. C'est comme le bénéfice du doute. C'est souvent un passif, le doute...
Je regardais alors dans mon rétro personnel, rayon vie en société, et je mesurais diverses évolutions.  Avec cette constante : cette perte de confiance, l'érosion de cette confiance. Y compris, a fortiori, dans les actes les plus quotidiens. Non que j'étais arrivé sur le marché la fleur entre les dents et la main sur le coeur, mais plutôt que j'avais en main quelques cartes fraîchement repeintes où siégeaient de jolies valeurs, pas mal d'espoirs, etc.
Sorti du rétro, ce sentiment : y'a lutte, du coup, en tout pour ce qui me concerne, pour faire confiance quand même, pour avoir confiance quand même.
Pas confiance dans le garagiste. Pas confiance dans l'artisan. Pas confiance dans le médecin. Pas confiance dans l'administration, les administrations. Pas confiance dans le collègue, l'employeur. Pas confiance dans le produit acheté. Pas confiance ceci, cela, etzeteri, etzetera. Quelle gangrène ! Ca fait chier, je trouve. C'est quand même mieux d'avoir confiance, de faire confiance, non ? Car derrière, on voit bien. La peur, le pognon, le pouvoir, l'ambition. Ce genre de virus qui expliquent des attitudes, des comportements, des choix.
Il reste la famille, je me disais. Et encore. Terre de confiance ? Oui ici. Mais sans doute non là.
Il reste soi, je me disais. Et encore. C'est une denrée rare, pour quelques uns, la confiance en soi. C'est une enclume pour d'autres, la confiance en soi. Un mirage.
Le vivre ensemble a pris un sacré coup dans la ganache. Il est devenu une formule, un paravent, un mot valise comme on dit. Un cache misère qui ne cache rien. Les mots se vengent. Ils reprennent sens.
Ne pas faire confiance a priori, c'est compliqué. C'est beaucoup faire par défaut. C'est souvent partir à l'envers. Rentrer dans sa coquille d'abord. Consommer. Avoir. Au lieu d'être. Dommage.

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