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Osaka, j'ai du mal avec

Publié le 23 novembre 2007 par Thomas Bertrand

Osaka, en soirée, j'ai beaucoup de mal à m'y faire. Pourquoi tout est presque blanc à Kyoto et tout presque noir à Osaka ?
Ce soir, j'ai compris qu'il y avait pire que de se retrouver à côté d'un salaryman bourré dans le métro de 23 heures. Il y a pire. C'est le jeune assis au sol qui répète sa corégraphie de danse parapara. Sa discussion avec la demoiselle assise à côté se résumé à la difficulté de sens, de droite et de gauche. Aucune question politique ici, l'immense problème de ce type, c'est de savoir s'il vaut mieux bouger la main droite ou la main gauche au départ. Tout est une question de coordination du groupe: même cheveux blonds, même dégaine en jeans délavés, bottes de cowboy et nombreuses bagues aux doigts.
Il s'agit d'une description, pas d'un lynchage.

L'observateur naïf pourra penser voir un jeune, rebelle dans cette société que l'on dit conformiste, s'adonnant à sa passion qu'on peut, certes, trouver abrutissante, mais qui ne fait aucun mal à autrui. Il y a plus grave que de se mettre au sol dans le métro et bouger les mains dans tous les sens, les sens ordonnés, définis, réglés. Rien n'est fait au hasard, rien de rebelle dans ces gestes.

Ces jeunes sont des rebelles qui suivent totalement les codes qu'on leur inculqués, dans la société où ils ont baigné. Ils se retrouvent donc à danser le parapara, en groupe. Tous dans le même style, des gestes identiques, un regard vide, une pensée binaire: droite, gauche, haut, bas.
L'autre fait avec ses mains ce que l'autre fait avec ses mains.

Donc, c'est moins chouette à vivre que d'être un soir à Kyoto. Dans l'ancienne capitale Impériale, un trajet en bus peut se transformer en ballade nocturne ennivrante, à condition d'être assis. Tous les sens sont en éveil. La voix du chauffeur, insistante sur la fin de mots, typique de l'accent du coin, sa façon de remercier, de dire que la porte se ferme... Tout peut s'apprécier.
Le paysage qui défile. Assis sur son fauteuil, on est juste à la bonne hauteur pour voir aussi bien le trottoir et ses passants qui ont chacun une histoire à fournir pour son imaginaire et le ciel, la lune. La hauteur des bâtiments permet tout simplement d'avoir une vue dégagée, une imagination plus active.
Demain, il faudra que j'y retourne.


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