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L’entrée en scène d’un mathématicien

Publié le 27 mars 2010 par Gaya
Ainsi se termine la « climateweek » organisée par l’organisation WWF. Un petit débat entre un sceptique, un WWFiste (surtout au début) et un climatologue. Qu’est-ce qu’on retire finalement ? Pour moi un débat un peu biaisé, en tous cas inégal.Le sceptique invité était Benoît Rittaud, un jeune mathématicien, auteur du récent « Le mythe climatique ». On commence à parler de lui dans la sphère (en tous cas blogs etc). Pas tout à fait dans la même veine que notre Allègre national et son livre « L’imposture climatique », mais sceptique quand même quant au réchauffement climatique d’origine anthropique (RCA).Je n’ai pas encore lu son livre mais en voici une critique par ICE et une autre. Disons que ce qui m’intéresse là dedans, c’est qu’il dit prendre deux angles dans son bouquin, l’angle mathématique bien sur (ce sont des mathématiciens qui ont été à la base des modèle climatiques : voilà pour la justification de l’entrée dans le débat) et l’angle épistémologique. Selon lui, le climat (et surtout le RCA) est « un fascinant objet épistémologique à étudier en lui-même ». Objet qui n’a pas forcément de précédent puisqu’il diffère des autres controverses historiques par son ampleur. OK pourquoi pas.Mais en face de lui se trouve Hervé Le Treut, climatologue reconnu de l’Institut Pierre Simon Laplace qui a décidé de communiquer lui aussi via un blog, le Climatoblog, qu’il alimente de temps en temps (car c’est pas son métier à lui!).Problème. On voit clairement pendant la discussion que monsieur Rittaud n’est pas à l’aise surtout après l’arrivée d’Hervé Le Treut. Tant qu’il reste dans ses modèles épistémologiques, ça peut aller, dès qu’il s’aventure sur le terrain des sciences du climat, la supériorité d’un Le Treut est incontestable d’autant plus qu’il a bien pris le temps d’expliquer que la façon de travailler et le matériel des climatologues.Ainsi, les modèles utilisés en climatologie sont le fruit d’un long travail théorique, qu’ils partent avant tout des propriétés physiques de l’atmosphère et donc qu’au début ils étaient plutôt simplifiés. Ce n’est qu’avec le temps, que les scientifiques les ont complexifiés en intégrant différents paramètres ce qui d’ailleurs les ont conduit a un succès mitigé puisque si la réponse des nouveaux modèles est la même que ce qu’ils obtenaient avec les premiers, ils n’arrivent toujours pas à être justes en descendant au niveau régional.Ce que l’on observe c’est un réchauffement plus fort au-dessus des continents qu’au-dessus des océans ET qu’il est plus marqué dans les basses couches de l’atmosphère que dans les hautes couches (ce qui minimise l’impact du rayonnement solaire selon lui). Réponse de monsieur Rittaud : un modèle n’est pas une théorie : il ne vaut pas plus que ce que l’on met dedans. « Il valide, invalide, montre les limites…. » Sauf que le système climatique est tellement complexe que le modèle est indispensable. À partir d’une théorie les chercheurs qui travaillent sur le climat ont besoin d’un modèle pour « observer » les conséquences.Un point que soulève Benoît Rittaud et qui me paraît important c’est que effectivement, sur un siècle on observe une tendance au réchauffement. Mais en réduisant l’échelle de temps à (au hasard) 30 ans par exemple, on voit des fluctuations: une sorte de stagnation des températures entre les années 40 et 70 mais aussi un très fort réchauffement entre les années 1970 et 1990.C’est plus délicat à partir des années 2000 où Rittaud (mais ce n’est pas le seul) dit clairement qu’il y a une stagnation voire une diminution de la température. Là où il met un doigt sur un point qui fait mal, c’est qu’il dit qu’une période de 10ans ça devrait être suffisant pour se poser des questions et interroger la théorie. Alors que la réponse immédiate des climatologues, c’est qu’on ne peut pas juger sur 10 ans.Tout le monde se tourne alors vers monsieur Le Treut. Que va-t-il répondre? Tout simplement que cette année comme en 1998 est survenu un épisode El Nino très fort, que le climat a une réelle variabilité naturelle mais que, en filtrant cette variabilité il reste une tendance au réchauffement. « Le signal actuel est difficile à interpréter mais des éléments très forts (certes on ne peut pas dire preuves) vont dans le sens d’un réchauffement. »Je finirai sur un indice important dans la compréhension de ce qui se passe en ce moment : Dans le passé, le climat était influencé par un signal astronomique qui entrainait une variation de température dans UN hémisphère ce qui avait des conséquences sur la variation du taux de CO2 et entrainait enfin une variation de température dans l’autre hémisphère. Aujourd’hui, ce processus est différent.Pour (re)voir le débat, http://www.ustream.tv/recorded/5728575

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