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Lorsque qu'un être cher s'en va...

Publié le 28 mars 2010 par Stb

Le mort est une certitude lorsque l’on fait ses premiers pas dans la vie. On le sait, on fait semblant de l’ignorer et on la croise tragiquement au petit matin. Ce blog est aussi le réceptacle des états d’âme de son auteur. Aujourd’hui, mon grand-père paternel s’en est allé. Il rejoint ma grand-mère et cette armor d’amour.


Songes et pensées me relient à cette Bretagne, à ce Morbihan chéri. A cette terre, avec l’Alsace, de mes ancêtres. Je pense Fouesnant, Ile de Groix, Lanester, Lorient. Je pense à ce vent d’ouest, aux embruns, aux grandes marées, aux équinoxes. Je pense au chouchen, à l’hydromel. Je vois les dames blanches danser entre menhirs et dolmen.

Je pense bien sûr à Brocéliande, je pense à Avalon.

Je pense à ce que je dois aux miens. A ce qu’ils apportent et m’ont apporté. Politiquement, mon grand-père était un gaulliste de gauche, mais quelque part il fut aussi un anarchiste de droite. Je pense à sa belle jeunesse, à cette époque de la rebellion. Je pense au Cadre Noir de Saumur, à sa guerre, aux camps allemands dans lesquels il est prisonnier et qu’il fuira. Je pense à l’homme sans haine qu’il était au sortir de la guerre. Je songe à son refus de la légion d’honneur « parce qu’il ne voit pas pourquoi il l’aurait tant que ses camarades ne l’ont pas eue ».

Je pense à l’homme qui aimait l’Europe, les régions, la vie et les bonnes choses. Je pense à mon grand-père, aux livres partagés, aux valeurs qui furent les siennes. Je pense à ma famille là-bas en terres bretonnes.

Nous ne sommes rien sans racines et s’il est des chenesque l’on cherche à abattre, la vie est une fidélité à ce que nous sommes, aux terres et aux hommes. Parodiant Tri Yann, j’écrirais :

À cette heure, des enfants naissent en Alsace, en Bretagne.
Seront-ils alsaciens, bretons ? Nul ne le sait.
À chacun, l'âge venu, la découverte ou l'ignorance
.

La sagesse grecque avait su anticiper tout cela en nous invitant à devenir ce que nous sommes.

Ces mots posés sur l'écran sont quelque part des larmes, une façon de faire sortir des choses portées en soi. Je pense là à celles et ce que j'aime.

En ce jour triste, ma famille et les miens, nous remercions, ceux qui ont tenu à nous témoigner une pensée en ce jour, en direct, par mail ou sur ailleurs.

Stéphane BOURHIS - BP 3 - 67801 HOENHEIM Cedex


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