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Pas de pitié pour les gardiens

Publié le 25 novembre 2007 par Philostrate
Il ne fait pas bon être gardien de but international en ce moment. Samedi dernier, c'est Mickael Landreau, titulaire dans les cages de l'équipe de France contre le Maroc, qui commet une boulette. Mercredi, son remplaçant, Sébastien Frey, pourtant considéré comme l'un des meilleurs à son poste en championnat d'Italie, joue à son tour les passoires face à l'Ukraine, déboussolé par la lumière d'un projecteur comme un vulgaire papillon de nuit. Plus grave, lors du match décisif comptant pour la qualification au prochain Euro, le gardien anglais, Scott Carson, confond le ballon avec une savonnette, précipitant la piteuse élimination de son équipe nationale. Croule Britannia…    Bon ou mauvais, verni ou malchanceux, le gardien de but est au foot moderne ce que le gladiateur est aux arènes antiques. Qu'il fasse un arrêt décisif, le public lève le pouce et le porte en triomphe, mais que dans la minute suivante il se troue irrémédiablement, il ne sera plus qu'un homme à terre, condamné quelle que soit la portée de ses exploits passés. En dépit de sa position sur le terrain, le gardien évolue sans filet. Un défenseur peut se planter lamentablement sur un tacle, un attaquant rater le cadre d'un but vide, leur erreur pourra toujours, au mieux, être rattrapée par un coéquipier, au pire leur valoir des bordées de sifflets. Mais sauf à avoir durablement les "pieds carrés", leur maladresse s'oubliera vite.    Le gardien, lui, garde les stigmates de ses échecs sa carrière durant. Souvenez-vous l'éphémère passage de Letizi en équipe de France, victime d'un instant d'égarement, le tendre calin d'Arconada, qui envoie la balle au fond des filets de l'Espagne sur un coup franc de minime de Platini et ouvre le chemin de la victoire à la France en finale du championnat d'Europe des Nations 1984… Combien, pour avoir vu un ballon mal ricocher sur un poteau, rebondir dans leur dos ou vriller sur une motte, ont dû faire une croix sur leurs ambitions ? La cage de but, c'est le siège périlleux d'une équipe de football. Comme dans la légende arthurienne, celui qui y prend place n'a d'autre alternative que d'être grand et de mener ses compagnons jusqu'au Graal, ou de faillir et d'être pour toujours enseveli dans les profondeurs de la terre…

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