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Montanaqua, ou comment anticiper le stress hydrique dans notre région

Publié le 29 mars 2010 par Danielle
Montanaqua, ou comment anticiper le stress hydrique dans notre régionDu glacier de la Plaine-Morte jusqu’en plaine, de la Lienne à la Raspille, des mesures climatologiques et hydrologiques vont être prises pour aboutir à un diagnostic de nos ressources en eau. Au terme de ces différents travaux – dans trois ans – notre région disposera de pistes intéressantes pour penser à une gestion durable de l'eau. L’étude concerne dix communes avec des typicités différentes (station touristique, villages du coteau, ville de plaine), et ce dans la région la plus sèche de suisse. Un terrain intéressant pour étudier les usages de l’eau par les différents les acteurs concernés, et qui devrait permettre de définir des perspectives sachant les modifications du climat qui s’annoncent.

Ce lundi à Sierre, les porteurs du projet «Gestion durable de l’eau» (PNR 61) rencontraient les acteurs locaux, notamment des représentants de nos autorités politiques, pour présenter le déroulement des études interdisciplinaires qui vont durer trois ans.
Résumé, avec Emmanuel Reynard, de l’Institut de géographie à l’Université de Lausanne:
"La région d’étude est située dans la partie la plus sèche de Suisse et dans une région très dynamique, tant du point de vue économique, touristique que démographique. La demande en eau est en constante augmentation et la vulnérabilité face au stress hydrique augmente également. En raison d’une structure sociale, économique et politique complexe et de la persistance d’anciennes structures de gestion, la gestion régionale de l’eau est très complexe. Dans ce contexte, le retour de concession hydroélectrique du barrage de Zeuzier en 2037 pourrait constituer un tournant important, pouvant amener à une redéfinition profonde des usages de l’eau.
La recherche est organisée en trois axes (work packages, WP) «Evaluation de la ressource en eau» (WP1), «Etude des systèmes de gestion de l’eau et de leurs interactions» (WP2), «Evaluation des structures socio-économiques et institutionnelles» (WP3). Quatre thèses de doctorat (WP1 = 2 thèses) permettront de répondre aux objectifs. L’ensemble est synthétisé par une chercheuse post-doctorale (Synthesis package). Chaque WP étudiera la situation actuelle et dans le futur (autour de 2050). Chaque WP combinera l’utilisation de méthodes d’analyse quantitative, qualitative et cartographique, ainsi que des approches de modélisation. La modélisation de la situation future sera faite sur la base de scénarios climatiques à l’échelle régionale et de scénarios socio-économiques élaborés avec les acteurs locaux. Un comité de suivi – appelé REG-AQUA – comprenant des délégués des autorités locales sera établi à cet effet. L’engagement des acteurs locaux dans le projet constitue une composante importante de la recherche.
Le projet vise à identifier les forces et faiblesses de la gestion actuelle et, sur la base du concept de multifonctionnalité des paysages, proposera des solutions novatrices pour une gestion durable de l’eau dans le futur. Les recommandations qui seront établies pourront faire office de lignes directrices pour la gestion future de l’eau au niveau régional. Un second groupe de suivi – intitulé TRANSFER – assurera le transfert des enseignements dans le canton du Valais et dans d’autres régions similaires des Alpes.
Le projet vise finalement à développer les collaborations interuniversitaires entre les différents partenaires du projet, ainsi que le dialogue entre les approches naturalistes et en sciences sociales de la gestion de l’eau, ainsi qu’entre la recherche et la pratique."
La zone étudiée va des étages où il tombe moins de 800 mm de pluie par an jusqu’à la montagne où on enregistre 2,5 m d’eau, voire plus, par année:
MontanAqua
D’ici 2030-2050, le maximum de la ressource en eau (actuellement le pic se situant en juillet) pourrait se déplacer de 1 à 2 mois un peu plus tôt dans l’année, et les quantités disponibles se réduire:
MontanAqua

Or les besoins pourraient augmenter. Ce qui laisse présager des difficultés en hiver comme en été. Sachant cela, comment la station touristique doit-elle envisager son développement? Comment assurer l’approvisionnement si un grand complexe touristique se construit? L’enneigement mécanique pourra-t-il est poursuivi et assurer la pratique du ski, ou d’autres besoins prendront le dessus? Aux autorités, une fois les études terminées, de dessiner le développement de la région en conséquences. Ces études vont permettre d’améliorer la connaissance de la gestion de l’eau et, plus largement, aider au processus de gouvernance locale, les connaissances scientifiques interdisciplinaires devenant ainsi des aides à la décision. Et pas seulement dans cette région du Valais centrale, puisqu’un des objectifs est de disposer d’enseignements exportables dans d’autres régions alpines, comme le Val d’Aoste ou la région de Briançon.
MontanAqua

A savoir :
Projet de recherche dans le cadre du programme national de recherche PNR 61 Gestion durable de l’eau du Fonds national suisse de la recherche (FNS) – 2010-2014 / www.pnr61.ch
Début du projet : 1.2.2010
Durée : 36 mois
Equipe de recherche :
- Université de Berne, Institut de géographie (resp. Prof. Rolf Weingartner)
- Université de Berne, Center for Development and Environment (CDE) (resp. Dr Stephan Rist)
- Université de Fribourg, Département des géosciences, Unité de Géographie (resp. Prof. Olivier Graefe)
- Université de Lausanne, Institut de géographie (resp. Prof. Emmanuel Reynard)

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